Numéro dirigé par Pierre Birnbaum, Laurent Jeanpierre et Philippe Roger. Un spectre hante l'Europe: le spectre du populisme. Et la France, en cette année d'élection présidentielle, n'est pas épargnée. Peu d'éditoriaux, pas de débat pré-électoral où le mot ne finisse par être lâché contre l'adversaire à discréditer. A tant servir, un mot s'use vite et plus personne aujourd'hui ne semble bien savoir où commence et où s'arrête le populisme. Les seuls à pouvoir s'en réjouir sont ceux qui n'auront bientôt plus rien à redouter d'une étiquette devenue insignifiante. Il suffit de lire le courrier des lecteurs des quotidiens ou d'aller visiter quelques sites et forums sur la toile pour s'en convaincre: tous ceux et celles qui, en France, portent encore intérêt au débat public sont exaspérés par ce ping-pong verbal et ces abus de langage. Définissez avant d'accuser, demandent beaucoup d'internautes! Et si vous êtes incapables de définir le populisme, cessez donc d'en faire une arme d'excommunication majeure et l'ultima ratio des débats télévisés! Mais ce serait jeter le bébé avec l'eau du bain. Nous faisons dans ce numéro un autre choix et un autre pari. Le pari que cette notion de populisme, trop galvaudée, a encore quelque chose à nous apprendre sur les phénomènes qu'elle désigne si mal. Le choix d'en rouvrir la question sans préalable et dans sa plus grande extension possible. Car si les politologues sont les premiers intéressés à mieux cerner la notion et son histoire (comme le font dans ce numéro plusieurs d'entre eux), ils n'ont pas le monopole de sa définition ni d'une investigation qui doit être menée dans bien d'autres domaines. Qu'en est-il des images du Peuple qui servent de socle au populisme? Qu'en est-il du populisme en art, en littérature, parmi les intellectuels et les savants? Du populisme en matière d'écologie ou de féminisme? Et dans le champ politique lui-même, qu'en est-il des variétés nationales du populisme? Le populisme suisse ressemble-t-il au populisme à la française et au Tea Party Movement américain? Car le Populisme est Légion, d'où notre titre au pluriel: "Populismes". On accuse souvent (et souvent à juste titre) les populistes d'instrumentaliser le discours politique. Cessons donc d'instrumentaliser la notion de populisme. Et pour cela, commençons par le restituer dans sa complexité, et aussi sa diversité. C'est à quoi s'efforcent, dans ce numéro spécial de Critique, des spécialistes venus de nombreuses disciplines, de la science politique à la philosophie et à la littérature, du droit et de la sociologie à l'histoire des idées.
Le 1er avril 2018, le jour de Pâques, le pape prononce trois mots qui sidèrent instantanément chrétiens, juifs, musulmans, agnostiques, athées, et déclenchent un tsunami mondial. C?est le début d?une folle semaine qui va embraser la planète et bouleverser l?avenir de l?humanité. Mais qu?est-ce qui a bien pu pousser le souverain pontife à une intervention aussi intempestive ? Au fil des pages de ce conte contemporain, cocasse et insolent, qui maintient jusqu?au dénouement le lecteur en haleine, on entend résonner, sous le délire joyeux d?une invention littéraire, les accents d?une foi, héritée des Lumières, dans la raison et la fraternité humaine.
2028 : on apprend qu'un homme décédé en 1978 à la suite d'un cancer vient d'être ressuscité par une équipe française qui, soutenue en secret par la présidence de la République, a pris une avance considérable dans le domaine de la cryogénisation, technique qui permet le refroidissement du cadavre jusqu'à - 196 °C, puis sa "réanimation" . Le héros de cette histoire, brillant universitaire né en 1940, est confronté au fait d'avoir à reprendre sa vie après une interruption d'un demi-siècle qui perturbe ou anéantit ses relations de parenté et d'amitié... Ressuscité ! est une farce politico-scientifique, dans le style de La Sacrée semaine, qui aborde frontalement les questions de la vie, de la mort et de l'avenir de l'humanité.
Ce livre, qui se présente comme un petit traité de l'emploi du temps, met l'accent sur la nécessité de l'oubli. L'oubli est nécessaire à la société comme à l'individu. Il faut savoir oublier pour goûter la saveur du présent, de l'instant et de l'attente, mais la mémoire elle-même a besoin de l'oubli. Mêlant les références ethnologiques et littéraires, Marc Augé identifie trois formes de l'oubli qui sont autant de manières de vivre le présent.
Résumé : "La compétition sportive est un terrain anthropologique. Quand on pense à l'organisation financière mondiale du sport, on demeure surpris par la manière dont les pulsions les plus primaires de l'homme sont exploitées et mises en scène. L'idée de revanche est commune aussi bien au sport qu'à la politique. Toujours néfaste et périlleuse, elle privilégie une représentation du passé et une vision de l'avenir qu'elle mythifie toutes deux." Six textes, six sujets, et une interrogation en filigrane : comment se libérer du mythe ? La passion sportive ouvre une réflexion sur le temps et le politique influencés par les technologies de la communication et de l'image. Nous devrions apprendre à penser le temps sans le mythifier. En commençant par l'individu qui, pour grandir, doit se libérer de son propre fond mythique comme des mythes qu'il partage avec d'autres.
En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.4e de couverture : En 1976, mon père a rouvert la maison qu?il avait reçue de sa mère, restée fermée pendant vingt ans.À l?intérieur : un piano, une commode au marbre ébréché, une Légion d?honneur, des photographies sur lesquelles un visage a été découpé aux ciseaux.Une maison peuplée de récits, où se croisent deux guerres mondiales, la vie rurale de la première moitié du vingtième siècle, mais aussi Marguerite, ma grand-mère, sa mère Marie-Ernestine, la mère de celle-ci, et tous les hommes qui ont gravité autour d?elles.Toutes et tous ont marqué la maison et ont été progressivement effacés. J?ai tenté de les ramener à la lumière pour comprendre ce qui a pu être leur histoire, et son ombre portée sur la nôtre.
J'étais plutôt son genre, et elle m'avait dans la peau. Mais pourquoi me demander ça à moi ? Parce que j'étais disponible ? Parce que j'habitais juste en face et que Miko, son mari, m'invitait souvent à la pêche à la mouche et n'y verrait que du feu ? J'avais beaucoup d'ennuis, tout de même. Je lui ai demandé si c'était parce qu'elle n'avait pas d'autre solution ? Véritablement, Sally ne savait pas dans quoi elle s'embarquait en ma compagnie.
Le temps d'un séjour de quelques semaines dans sa maison d'enfance, la narratrice raconte ses retrouvailles avec sa famille, où, depuis trois générations, hommes et femmes ont choisi le métier de pasteur. Mais quand elle arrive, quelque chose de cet ordre ancien s'est profondément déréglé. De ses proches, elle raconte les rires, les chutes, les chants. De toutes ses forces, elle les soutient, quand leur vie ne semble plus tenir qu'à un fil.
Il est impossible de croire sérieusement, comme les deux héros du célèbre film d'Hitchcock Fenêtre sur cour, que leur voisin aurait tué sa femme, puis l'aurait découpée en morceaux devant les fenêtres ouvertes d'une trentaine d'appartements. Mais leur délire d'interprétation n'a pas pour seule conséquence de conduire à accuser un innocent. Il détourne l'attention d'un autre meurtre - bien réel celui-là - qui est commis devant les spectateurs à leur insu et mérite l'ouverture d'une enquête. "La démonstration séduit par son intelligence, la logique de son argumentation et une pointe d'humour fort plaisante". Emmanuelle Giuliani, La Croix "Un récit haletant, fougueux et d'une drôlerie intrinsèque, qui se dévore comme un bon polar". Gérard Lefort, Les Inrockuptibles Hitchcock s'est trompé s'inscrit dans un cycle qui comprend Qui a tué Roger Ackroyd ? , Enquête sur Hamlet, L'Affaire du chien des Baskerville, La Vérité sur "Ils étaient dix" et Odipe n'est pas coupable. Ces ouvrages de "critique policière" visent à résoudre des énigmes criminelles tout en menant une réflexion sur la littérature et l'art.