Günter Grass poursuit, depuis plus de cinquante ans, une ?uvre non conformiste bousculant les classifications. Déterminantes dans le champ artistique, ses publications comptent aussi dans le débat public. La plupart d'entre elles suscitent des réactions souvent passionnelles, obligent à reconsidérer des événements clés trop vite digérés ou normalisés - à l'instar de la chute du mur de Berlin, des catastrophes écologiques ou de la domination du tout-économique. L'engagement de l'écrivain plasticien est réel, intense: il envisage le contenu comme résistance, la forme comme éveil de l'esprit critique et politique. Pour ceux qui s'interrogeraient sur ce que peut la littérature - avec un diagnostic souvent pessimiste à portée de main -, des réponses se trouvent dans le pouvoir de saisissement, de morsure et de questionnement qu'exerce l'écriture de Grass, revenant inlassablement sur la peau tendue de la page et martelant, martelant, pour couvrir les rumeurs dominantes et l'unisson des voies toutes tracées. On peut bien alors parler de tambour littérature, vouée à suspecter tout système de pensée verrouillé. Rare aujourd'hui, anachronique à sa façon, elle privilégie la circulation vive des formes et des significations pour représenter le monde comme question, en souligner la complexité, les contradictions et les tensions.
Nombre de pages
294
Date de parution
08/03/2004
Poids
396g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782841743278
Titre
La tambour littérature. Günter Grass romancier
Auteur
Astic Guy
Editeur
KIME
Largeur
145
Poids
396
Date de parution
20040308
Nombre de pages
294,00 €
Disponibilité
Epuisé
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Lost Highway est à l'image de l'hôtel où échouent Fred et Rence, hôtel perdu au bout d'une autoroute surgie de nulle part, investi par des morts ou des disparus qui refont surface : le film a tout d'un purgatoire. Purgatoire pour les personnages qui n'arrêtent pas de passer les frontières de mondes incompatibles. Purgatoire pour les corps en souffrance, dont David Lynch affiche la vulnérabilité pour mieux en explorer/exploser les textures. Purgatoire pour la raison, confrontée à une histoire illogique, dominée par les fantasmes et les pulsions noires. Purgatoire pour le spectateur, embarqué dans une traversée audiovisuelle intense le confrontant à la violence physique et psychique. Purgatoire, enfin, pour le cinéaste qui atteint là une sombre pureté artistique que Mulholland Drive reconduit en déplaçant l'action au cour même d'Hollywood. Bréviaire vertigineux de la perception, Lost Highway plonge dans l'intimité de l'image pour amener la sensibilité à s'ouvrir. Un programme simple mais bouleversant ; un ravissement sensoriel de chaque plan projeté sur l'écran cinéma, qui ne s'en remet toujours pas.
Biographie de l'auteur Codirecteur des éditions Rouge Profond et co-rédacteur en chef de Simulacres (1999-2003), Guy Astic consacre ses écrits au cinéma et au roman européen contemporains ainsi qu'au fantastique sous toutes ses formes. Il a publié, aux éditions Kimé, La Tambour littérature. Günder Grass romancier (2004), réalisé un guide " Librio " sur le fantastique (1999) et un autre sur le roman (2002), dirigé deux ouvrages collectifs sur Stephen King, conçu plusieurs anthologies pour la collection " Points-Virgule " des Editions Seuil, notamment Suite fantastique (2002). Il a fait paraître, dans la même collection " Raccords ", Le Purgatoire des sens. Lost Highway de David Lynch (2004).
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.