Ecritures croisées. Parcours raisonné dans les littératures du monde, avec 1 DVD
Astic Guy ; Dutrait Liliane ; Terrier Annie
ROUGE PROFOND
25,30 €
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EAN :9782915083392
Un livre, un film, des voix. Et quelles voix! Celles de plusieurs des écrivains majeurs de ces vingt-cinq dernières années. Répondant à l'invitation des Ecritures Croisées, ils sont venus faire entendre à Aix-en-Provence leurs forces de création et de conviction, et témoigner des tempêtes qui soufflent chez eux et sur le monde. Des Prix Nobel de littérature (Gao Xingjian, Günter Grass, Marin Vargas Llosa, Toni Morrison, V-S Naipaul, Kenzaburô Oé, Octavio Paz, Wole Soyinka) aux romanciers et poètes hors du commun (Russell Banks, André Brink, Mo Yan, V-S Naipaul, Gao Xingjian, Mahmoud Darwich, Jacques Lacarrière,Yves Bonnefoy, Frankétienne), ils ont tous pris le temps d'échanger, d'être à part entière aux rendez-vous proposés avec le public. Ce livre rassemble la pluralité de ces voix en une totalité fragmentée faite de repères éblouissants, d'échos, d'écarts, de circulations, de croisements. Le film qui l'accompagne propose durant près de cieux heures des prises de parole rares, entrecoupées de lectures et de performances musicales (inoubliable Patti Smith). Des images ainsi montées ressortent la truculence d'Antonine Maillet, la chaleur et la classe de Toni Morrison, l'ironie froide et communicative de Philip Roth, l'ardeur de l'hommage rendu par Stéphane Hessel et Jorge Semprun à la sagesse non convenue de Günter Grass, l'humour d'Antonio Tahucchi, l'énergique parole d'Edouard Glissant, la décontraction grave de Salman Rushdie, l'émouvante évocation de Susan Sontag par Hanna Schygulla...
Nombre de pages
221
Date de parution
07/06/2011
Poids
354g
Largeur
156mm
Plus d'informations
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EAN
9782915083392
Titre
Ecritures croisées. Parcours raisonné dans les littératures du monde, avec 1 DVD
Auteur
Astic Guy ; Dutrait Liliane ; Terrier Annie
Editeur
ROUGE PROFOND
Largeur
156
Poids
354
Date de parution
20110607
Nombre de pages
221,00 €
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Günter Grass poursuit, depuis plus de cinquante ans, une ?uvre non conformiste bousculant les classifications. Déterminantes dans le champ artistique, ses publications comptent aussi dans le débat public. La plupart d'entre elles suscitent des réactions souvent passionnelles, obligent à reconsidérer des événements clés trop vite digérés ou normalisés - à l'instar de la chute du mur de Berlin, des catastrophes écologiques ou de la domination du tout-économique. L'engagement de l'écrivain plasticien est réel, intense: il envisage le contenu comme résistance, la forme comme éveil de l'esprit critique et politique. Pour ceux qui s'interrogeraient sur ce que peut la littérature - avec un diagnostic souvent pessimiste à portée de main -, des réponses se trouvent dans le pouvoir de saisissement, de morsure et de questionnement qu'exerce l'écriture de Grass, revenant inlassablement sur la peau tendue de la page et martelant, martelant, pour couvrir les rumeurs dominantes et l'unisson des voies toutes tracées. On peut bien alors parler de tambour littérature, vouée à suspecter tout système de pensée verrouillé. Rare aujourd'hui, anachronique à sa façon, elle privilégie la circulation vive des formes et des significations pour représenter le monde comme question, en souligner la complexité, les contradictions et les tensions.
Lost Highway est à l'image de l'hôtel où échouent Fred et Rence, hôtel perdu au bout d'une autoroute surgie de nulle part, investi par des morts ou des disparus qui refont surface : le film a tout d'un purgatoire. Purgatoire pour les personnages qui n'arrêtent pas de passer les frontières de mondes incompatibles. Purgatoire pour les corps en souffrance, dont David Lynch affiche la vulnérabilité pour mieux en explorer/exploser les textures. Purgatoire pour la raison, confrontée à une histoire illogique, dominée par les fantasmes et les pulsions noires. Purgatoire pour le spectateur, embarqué dans une traversée audiovisuelle intense le confrontant à la violence physique et psychique. Purgatoire, enfin, pour le cinéaste qui atteint là une sombre pureté artistique que Mulholland Drive reconduit en déplaçant l'action au cour même d'Hollywood. Bréviaire vertigineux de la perception, Lost Highway plonge dans l'intimité de l'image pour amener la sensibilité à s'ouvrir. Un programme simple mais bouleversant ; un ravissement sensoriel de chaque plan projeté sur l'écran cinéma, qui ne s'en remet toujours pas.
Biographie de l'auteur Codirecteur des éditions Rouge Profond et co-rédacteur en chef de Simulacres (1999-2003), Guy Astic consacre ses écrits au cinéma et au roman européen contemporains ainsi qu'au fantastique sous toutes ses formes. Il a publié, aux éditions Kimé, La Tambour littérature. Günder Grass romancier (2004), réalisé un guide " Librio " sur le fantastique (1999) et un autre sur le roman (2002), dirigé deux ouvrages collectifs sur Stephen King, conçu plusieurs anthologies pour la collection " Points-Virgule " des Editions Seuil, notamment Suite fantastique (2002). Il a fait paraître, dans la même collection " Raccords ", Le Purgatoire des sens. Lost Highway de David Lynch (2004).
En décembre 1976, dans le mythique Filmstudio de Traste-vere à Rome, un jeune homme de vingt-trois ans projetait lui-même son premier long métrage tourné en Super 8. Il s'agissait de Nanni Moretti et le film s'intitulait de manière prémonitoire Je suis un autarcique. Ainsi, dans un cinéma italien marqué par la difficulté à se renouveler, faisait irruption un surdoué égocentrique, un cinéaste passionné qui allait s'imposer très vite comme la figure dominante de sa génération. Metteur en scène exigeant que la conscience de son talent et la rigueur de ses positions morales et politiques rendent souvent incommode, Moretti a d'abord exploré l'introspection autobiographique cristallisant les angoisses existentielles d'un individu plongé dans une société privée de repères éthiques et idéologiques. Sous l'identité de Michele Apicella, il a été membre d'une troupe de théâtre (Je suis un autarcique), étudiant (Ecce Bombo), cinéaste (Sogni d'oro), professeur de lycée (Bianca), prêtre (La messe est finie), homme politique joueur de water-polo (Palombella rossa). Dans Journal intime et Aprile, Michele Apicella cède la place à Nanni Moretti lui-même. Il sera désormais à la fois un homme public intervenant dans le débat politique et un homme privé évoquant le cadre de ses préoccupations intimes (La Chambre du fils, Le Caïman, Habemus Papam, Mia madre). Dans cet ouvrage, l'artiste se confie à Jean A. Gili, éminent spécialiste du cinéma italien, et revient sur toute sa production cinématographique, s'imposant comme un créateur protéiforme, un intellectuel vigilant et un producteur, distributeur, directeur de salle, opérateur culturel omniprésent.
Sorcellerie, horreur, thriller. J'ai passé ma vie à raconter des histoires nourries de ces trois thèmes. Mais toujours parle cinéma, par les images. Plus tard m'est venue l'idée de coucher sur le papier des histoires d'horreur, de thriller, de sorcellerie, et de faire en sorte que les lecteurs puissent créer leurs propres visions en conjuguant lecture et imaginaire. Voici donc ce livre que je dédie à tous ceux qui ont suivi et apprécié mes films, ainsi qu'à un nouveau public, celui des lecteurs de romans et de récits. Bon voyage au plus profond de moi-même". Dans ces six nouvelles, Dario Argento arpente les territoires du thriller, du gothique, de l'ésotérisme, du monstrueux et de l'onirique. Son style est vif, précis et rend les ambiances perturbantes. La plongée dans les noirceurs de l'âme humaine y est vertigineuse ; le macabre règne, l'inattendu surgit, l'au-delà soupire, le mystère insiste, entre visions chocs, violences sourdes ou soudaines et suggestions terrifiantes. Sensations fortes garanties : les mots images du maestro de l'épouvante et du giallo frappent fort, résonnent avec persistance. C'est le Colisée des histoires d'horreur, un monument, un jalon. Dario Argento est un dieu, le mien... (Guillermo del Toro à propos de Horror).
Quelle peut être la part du cinéma, en tant qu'il est une puis- sance agissante et non pas seulement un observateur du présent, concerné, souvent consterné, plus rarement enthousiaste, pas seulement un témoin, donc, et moins encore un miroir ou un reflet du moment (ou de l'époque), quelle part le cinéma peut-il prendre à la reconfiguration d'un peuple et à sa relance ? " Jean-Gabriel Périot le souligne dans la préface de cet ouvrage : Alain Brossat répond aux questions qu'il pose en proposant une traversée inédite de l'histoire du cinéma. Pour lui, il n'y a politique dans un film qu'à la condition que ce film soit lieu de l'inscription d'un peuple. Il ne s'agit pas tant de discerner ce qu'est le peuple, voire un peuple, que de dessiner les nom- breuses figures au fil desquelles se produisent le surgissement ou le délitement, la composition ou l'émiettement, l'apparition ou la disparition d'un peuple. Le cinéma doit tenir une position, ce qui est bien plus qu'adopter un point de vue et, davantage encore, que défendre une opinion. Tenir une position, c'est ce qui permet à un film de réintensifier un événement en associant cette capacité à la présence d'un peuple. Par contraste avec le cinéma du roman national destiné à relancer le peuple de l'Etat, le cinéma du peuple n'enseigne rien, n'exalte ni n'exhorte. Il transmet de l'expérience collective et il le fait à hauteur de l'homme ordinaire ; une expérience qui a certes l'histoire et la vie politique comme milieux, mais aussi les relations sociales, le travail, les épreuves subies en commun, les routines et l'inattendu... L'histoire de ce cinéma du peuple que raconte Alain Brossat n'est pas une histoire achevée. Rejetant la litanie du "c'était mieux avant", il ne voit aucun motif à désespérer du cinéma et de ses capacités agissantes. Comme les peuples se rappelleront toujours au bon souvenir de leurs gouvernants, le cinéma ne sera jamais totalement soumis.