La causalité est l'un des concepts les plus décisifs de la philosophie critique kantienne, mais aussi l'un des plus difficiles à interpréter de manière unifiée. Comme le rappelle justement Bernard Andrieu, elle intervient à des niveaux distincts de l'architecture kantienne : comme catégorie de l'entendement dans la constitution de l'expérience objective, comme forme de la liberté dans la détermination morale de la volonté, et, en tant que cause finale, comme principe régulateur dans la réflexion sur la spécificité et l'organisation du vivant. Cette pluralité de statuts a souvent conduit à une fragmentation des lectures, chaque Critique étant abordée comme un ensemble relativement autonome, au risque de perdre de vue les lignes de force qui traversent l'ensemble du système. L'étude de Bernard Andrieu se propose de dépasser cette difficulté en faisant de la causalité non un thème local, mais un véritable fil directeur de l'interprétation du kantisme. Son hypothèse centrale est que les différentes formes de causalité élaborées par Kant - naturelle, morale et finale - ne constituent ni des concepts simplement homonymes, ni les degrés successifs d'un même principe, mais les expressions différenciées d'un problème unique : celui des conditions sous lesquelles la raison peut légitimement penser la détermination d'un événement, d'une action ou d'un être, sans excéder les limites de son propre usage. Bernard Andrieu, philosophe, est professeur à l'université Paris-Cité (anciennement université Paris-Descartes). Philosophe du corps, il publie des travaux d'histoire des pratiques corporelles (comme le bronzage, le toucher, le vivant, les prématurés, le plein air, l'immersion, le vertige circassien, l'hybridation ou les cultes du corps), de philosophie du sport, et établit une écologie corporelle.
Nombre de pages
194
Date de parution
19/11/2026
Poids
300g
Largeur
145mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782380722185
Auteur
Andrieu Bernard
Editeur
KIME
Largeur
145
Date de parution
20261119
Nombre de pages
194,00 €
Disponibilité
Prévente
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
L'enjeu du médecin de son corps est celui d'une philosophie matérielle du sujet vivant : les interactions entre génétique et histoire, immunité et liberté, cerveau et corps placent le sujet parmi les autres. Cette médecine intégrée et holiste peut verser dans un culte sanitaire des individus : soit par le design génétique de soi-même et des autres, soit par un contrôle de l'économie sanitaire et sociale. La génération de la biologie moléculaire utilise désormais les somatechnies pour se construire un corps à son image. Cette anaturalité du sujet rend le corps culturel en libérant, par les médecines, l'espèce humaine de la nature. Si le XXe siècle aura permis à la médecine de poser la question des limites de l'expérimentation, le XXIe siècle a commencé depuis les années 80 par l'appropriation des techniques de la vie par ses usagers. En faisant du corps la définition de l'individu, l'idéologie libérale de la santé ne parvient qu'à réguler la revendication d'un corps individué. Dès lors que mon corps est à moi, aucun médecin et aucune médecine ne devra me prescrire sans consentement un remède. Dès lors que les produits de mon corps m'appartiennent, l'éthique et la loi suffiront-ils pour m'interdire l'usage libre de mes organes, de mon sang, de mes fonctions procréatrices ... Chacun a désormais les moyens, du moins selon le développement occidental de la science, de se créer un nouveau corps et de créer un corps nouveau.
Entre bien-être et santé, les thérapies corporelles - massages, relaxation, kinésithérapie, ostéopathie, danse-thérapie, cures, réflexologie, packs / enveloppements, bio-énergie -, connaissent aujourd'hui un essor sans précédent. Leur existence même semble révéler une peur, ou du moins une réticence: les médecines alternatives ne fleurissent-elles pas pour pallier le manque de contact de notre société? Nous ne nous touchons plus, sinon dans un contexte codifié, voire médicalisé. Comment expliquer cette évolution? Comment s'orienter parmi toutes ces pratiques? Pourquoi certaines sont-elles reconnues en France et d'autres non? Quelles sont leurs histoires et leurs ambitions? Bernard Andrieu répond à toutes ces questions dans cet ouvrage qui propose à la fois une réflexion sur l'histoire du toucher comme thérapie et un recensement des pratiques les plus importantes. Biographie de l'auteur Bernard Andrieu enseigne l'épistémologie du corps et des pratiques corporelles à la faculté du sport de Nancy-Université. Il a notamment publié Médecin de son corps (1999, P.U.F.).
La "neurophilosophie" - néologisme apparu dans les années 1980- recherche la fusion entre les sciences exactes et les sciences humaines. Ce faisant, elle semble souvent réduire l'homme à son cerveau. Cette approche réductrice ne doit pas empêcher le philosophe de dégager un autre matérialisme: celui qui, depuis Diderot, comprend l'homme comme un corps dynamique et sensible au monde. Le rêve de la science unifiée, s'il est une illusion, vise notre analyse de la matière vivante, notre manière de comprendre comment la matière produit de l'homme. Cet ouvrage, en menant l'étude critique de la notion de "neurophilosophie" établit les conditions d'un dialogue fécond entre la philosophie et les neurosciences. Biographie de l'auteur Bernard Andrieu est professeur à l'université de Nancy, il enseigne l'épistémologie du corps et des pratiques corporelles. Il est l'auteur de nombreux ouvrages et a notamment dirigé le Dictionnaire du corps en SHS (Editions du CNRS, 2006).
De nouveaux programmes de recherche sont présents dans ce deuxième tome et ouvrent la philosophie du sport sur les questions du genre, du handicap, de la technique, de l'immersion ou encore de l'action motrice. A travers l'esthétique, l'émersiologie, l'écologie corporelle, les arts martiaux et le méliorisme, les questions des limites du corps sont ici étudiées dans les enjeux du XXIe siècle de notre relation au corps vivant.
Il y a exactement deux siècles, en 1821, Charles Nodier inventait l'appellation "genre frénétique" pour désigner la face sombre du romantisme, sa part d'horreur et d'excès, et il fustigeait l'immoralité du genre tout en reconnaissant les séductions sulfureuses que celui-ci exerce sur le lecteur. Alors que la critique du XXe siècle, des surréalistes à Annie Le Brun et Jean-Luc Steinmetz, a retourné la condamnation moralisatrice du XIXe siècle en faisant l'éloge de la portée subversive de ces oeuvres qui structurent leurs intrigues autour du conflit entre le bien et le mal, il est temps d'adopter une approche dépassionnée des morales du romantisme noir. Si les oeuvres noires, comme on le leur a parfois reproché, se caractérisent par leur manichéisme, celui-ci peut prendre des formes variées. Les romans valorisant la vertu et l'innocence de l'héroïne s'opposent ainsi aux récits sadiens faisant goûter au lecteur les délices vertigineuses de la cruauté. Dès l'époque romantique se multiplient les oeuvres ambivalentes, qui, infusant l'ironie dans le modèle du roman noir, rendent plus incertaine la frontière entre bien et mal. Quelles sont les valeurs défendues dans ces fictions ? Les variations morales dessinent-elles une évolution historique ? Sont-elles corrélées à des tendances esthétiques particulières ? Les études réunies ici proposent quelques réponses à ces questions, à travers l'analyse de l'axiologie du romantisme noir de Ducray-Duminil à Gaston Leroux, en passant par Nodier, George Sand, Balzac ou Pétrus Borel.
Le numéro du Bulletin de la SHESVIE 28-2 sera consacré à un dossier spécial sur "Les classifications zoologiques d'Aristote à Linné. Approches historiques et lexicologiques" . Les éditeurs scientifiques en sont Meyssa Ben Saâd, Simon Thuault, Yoan Boudes et Axelle Brémont. Il sera découpé en cinq passionnants articles dont le premier explorera "La classification zoologique dans la civilisation arabe classique : approche lexicologique et épistémologique" (Philippe Provençal), puis les lecteurs pourront appréhender la richesse du " lexique de l'échelle des êtres dans le Traité des animaux d'Aristote et le De animalibus d'Albert le Grand" (Grégory Cless) avant de se pencher sur l'histoire du "Genre, maître mot du classement" (Philippe Lherminier) ainsi que sur "Les traités d'Ichtyologie vers 1555- La naissance de la "peinture scientifique" " (Katharina Kolb). Enfin, un groupe de jeunes chercheurs nous proposera une "Etude du lexique et des catégories zoologiques en vietnamien" (Phuong Duyen Nguyen, Arnaud Zucker, Danh Thành Do-Hurinville).
Comment des écrivains qui n'ont pas vécu la Shoah racontent-ils cet événement ? En France, cette question s'est posée de manière polémique à la parution des Bienveillantes de Jonathan Littell (2006) et de Jan Karski de Yannick Haenel (2009). Cet essai est consacré à l'ensemble de la littérature écrite en français par la génération des petits-enfants, soit par vingt-deux auteurs, qu'il s'agisse de descendants de victimes de la Shoah ou d'auteurs qui se sentent héritiers de cette mémoire. L'analyse de ces oeuvres permet de se pencher sur des questions très actuelles, comme la délicate appropriation d'un héritage, les supposés dangers de la fiction, ou encore l'utopie qui consiste à croire que l'on peut se faire témoin du témoin ou réparer le passé.
Si la plus importante figure philosophique du vingtième siècle était une femme, ce serait Simone Weil (1909-1943), comme on commence à le discerner aujourd'hui. En parcourant les lieux par où elle est passée, ce livre tente de reconstituer le chemin intellectuel et spirituel de Simone Weil. A chaque lieu, qui constitue un moment mental, est attaché un questionnement majeur de son oeuvre, si bien qu'à la fin la pensée de la philosophe apparaît dans sa globalité : c'est d'abord une philosophie de l'esprit où le miracle de la pensée tient dans le mystère des inspirations qui nous traversent. Mais Simone Weil ne peut suivre le fil de ses pensées que si elle se confronte à l'actualité de son époque, de 1929 à 1943, et qu'à travers les milieux sociaux très différents où elle sème le trouble (du syndicalisme à la France libre de Londres, en passant par le monde des usines, la guerre d'Espagne, l'exode de Juifs français) et les rencontres qu'elle fait. C'est une pensée à la fois très intérieure (mystique même) et complètement ouverte aux problèmes économiques, sociaux et politiques d'une tranche d'Histoire que ces pages essaient de reconstruire à partir de la géographie concrète que sa vie dessine. Cependant, l'ouvrage refuse d'enfermer Simone Weil en son temps et prend le risque d'actualiser sa pensée en interrogeant ce que sont devenus les campagnes, les villes et les pays qu'elle a traversés, jusqu'à faire un état des lieux de la France d'aujourd'hui. Une lecture des lieux à partir de sa pensée ; une lecture de sa pensée à travers les lieux.