
Le grand jeu à venir, textes situationnistes sur la ville
Parmi les stigmatisations formulées par l'Internationale situationniste, l'urbanisme occupe une place spécifique en tant que forme spatiale de domination de la marchandise ou comme décor naturel du capitalisme. Ses diatribes et attaques constituent une véritable déclaration de guerre contre l'idéologie dominante du fonctionnalisme et du modernisme, entendue comme voie royale du progrès économique et social. Nulle part mieux que dans les transformations de l'art de bâtir, la prégnance de cette nouvelle doxa n'est manifeste. En dépit de quelques travestissements culturels, l'architecture renoue avec sa fonction politique d'inscrire la division de la société dans l'espace, imposant à chaque classe sociale sa place. Dénonciateur implacable de toute idéologie autoritaire, théoricien de la communication directe et de la participation démocratique, Guy Debord précise sa critique en dévoilant la mission stratégique impartie à l'urbanisme : " L'urbanisme est l'accomplissement moderne de la tâche ininterrompue qui sauvegarde le pouvoir de classe : le maintien de l'atomisation des travailleurs que les conditions urbaines de production avaient dangereusement rassemblés. La lutte constante qui a dû être menée contre tous les aspects de cette possibilité de rencontre trouve dans l'urbanisme son champ privilégié. L'effort de tous les pouvoirs établis depuis les espérances de la Révolution française, pour accroître les moyens de maintenir l'ordre dans la rue, culmine finalement dans la suppression de la rue. " C'est à une aune insurrectionnelle ludique que doivent être appréciées les thèses situationnistes, les pratiques urbaines et les projets architecturaux résolument utopiques de Constant, en n'oubliant jamais que le projet est d'abord celui d'une transformation radicale de l'ordre établi au nom du " grand jeu à venir " qui mettra un terme à la domination de l'économie, de l'utilitarisme et du productivisme sur la vie des hommes. L'architecture ou le projet urbain n'apparaissent qu'à titre de moyen. Pour les situationnistes, la vraie construction est celle des barricades ; et l'état d'urbanité maximum, celui de la ville en fête et insurgée.
| Nombre de pages | 239 |
|---|---|
| Date de parution | 17/01/2008 |
| Poids | 786g |
| Largeur | 193mm |
| EAN | 9782915456035 |
|---|---|
| Titre | Le grand jeu à venir, textes situationnistes sur la ville |
| Auteur | Andreotti Libero ; Dollé Jean-Paul |
| Editeur | VILLETTE |
| Largeur | 193 |
| Poids | 786 |
| Date de parution | 20080117 |
| Nombre de pages | 239,00 € |
Pourquoi choisir Molière ?
Du même auteur
-

Spielraum. Walter Benjamin et l'architecture
Andreotti Libero ; Dollé Jean-Paul ; Allain Jean-FNon sans paradoxe, c'est à Paris que Walter Benjamin trouve les traces de ce qui lui permet dedéchiffrer la nature, mieux la vérité de la modernité. Charles Baudelaire lui a servi de guide dansces nouveaux temples du culte marchand que sont les passages couverts. Mais, en 1930, le luxen'y est plus, tout comme le flâneur, c'est donc à une autre réalité que s'attache alors Benjamin,une réalité où l'aura a disparu.Hannah Arendt décrivait ainsi sa démarche si particulière: « Ce penseur, nourri de l'aujourd'hui,travaille avec les ?éclats de pensée? qu'il peut arracher au passé et rassembler autour de soi.Comme le pêcheur de perles qui va au fond de la mer, non pour excaver et l'amener à la lumièredu jour, mais pour arracher le riche et l?étrange, perles et coraux, et les porter, comme fragments,à la surface du jour, il plonge dans les profondeurs du passé, mais non pour le ranimer tel qu'il futet contribuer au renouvellement d?époques mortes ».L'ouvrage examine les travaux de Benjamin dans une perspective historique, philosophique etthéorique. Il comporte quatre parties. La première s'intéresse à divers aspects de l'analogie et durêve qui sont au coeur des chapitres les plus importants de Passagen-Werk. La seconde traite desmondes oniriques du XXe siècle et se concentre plus particulièrement sur la relation entrel'architecture, le cinéma et la presse populaire. La troisième section propose une approchecomparative permettant d'aborder l'architecture dans une perspective interdisciplinaire. La dernièrepartie explore des notions ou des procédures propres à Benjamin, depuis ses notions d'aura et dereproductibilité mécanique jusqu?à ses méthodes de montage textuel et sa théorie d'unetechnologie « seconde ».ÉPUISÉVOIR PRODUIT26,00 € -

Géographie et Cultures N° 64, hiver 2007 : La géographie culturelle vue d'Italie
Andreotti Giuliana ; Dupont Louis ; Mazzetti ErnesL'Europe est un défi permanent pour conjuguer l'unité avec les diversités, qu'elles soient culturelles, nationales, politiques et linguistiques. Ce défi vaut également pour le savoir. C'est dans cet esprit que Géographie et cultures ouvre ses pages à sept géographes italiens qui font état des thèmes et tendances de la géographie culturelle dans leur pays. Le lecteur français mesurera l'étendue des différences et des ressemblances sur les thèmes abordés, les approches utilisées et même sur la forme des textes.Sur commande, 6 à 10 joursCOMMANDER19,50 € -

Un monde à la carte. Villes et mobilités des cadres supérieurs européens
Andreotti Alberta ; Le Galès Patrick ; Moreno-FuenRésumé : Les cadres supérieurs urbains de Milan, Madrid, Paris et Lyon sont en train de devenir une classe sociale " émergente ", mobile dans le cadre européen, se représentant comme l'avant garde de leur pays dans le monde. Mais ils sont en même temps profondément enracinés dans leur quartier, dans leur ville, où ils ont leurs amis, des liens familiaux très denses et sont très présents. Leur mobilité transnationale est relative : ils ne partent pas pour très longtemps, pas très loin, et ils reviennent souvent là où ils ont habité. Ils adoptent souvent des stratégies résidentielles sur le long terme qui intègrent des liens hérités et le souhait de vivre à proximité de la famille. Ils utilisent aussi les services publics, sur lesquels ils réussissent à exercer un certain contrôle afin de les adapter à leurs besoins. La transnationalisation se fait sous forme " d'exit partiel ", on part un peu et on revient en valorisant les ressources accumulées à l'étranger. Cette transnationalisation est orientée à la fois par le choix et les idées des individus (plus favorables à la libéralisation et au marché), ou par les pressions des grandes entreprises pour lesquelles ils travaillent.Sur commande, 4 à 6 joursCOMMANDER27,00 € -

L'ordre des dragons du destin Tome 1 : Les maîtres des éléments
Andreotti D.Lorsque Dame Hermine confie à Mimura Karashi, maître d'armes de génie, une petite fille du nom de Diane pour la mettre en sûreté après l'assassinat de ses parents, nul ne peut prédire qu'elle portera un jour les espoirs des hommes libres. Au moment où Ménéran, sombre magicien, menace d'anéantir le monde des Hommes, Diane et son indéfectible ami Grégoire se dressent contre lui et intègrent l'Ordre des Dragons du Destin afin d'engager la lutte. Entre combats, doutes et espoirs, tous devront dépasser leurs limites et choisir leur voie. Les esprits seront tourmentés par la peur, certains par la gloire, d'autres par la vengeance...Sur commande, 2 à 4 joursCOMMANDER28,05 €
Du même éditeur
-

Les cahiers de l'Ecole de Blois N° 13, Mai 2015 : Le paysage-mouvement
Bailly Jean-ChristopheRésumé : Indexé aux régimes fixes de l'image ou du relevé, le paysage s'en exile pourtant continûment, que ce soit par son propre devenir ou par l'expérience que l'on fait de lui aussitôt que l'on s'y déplace, quel que soit dès lors le moyen employé. C'est ce paysage-mouvement, c'est la disposition du paysage au mouvement qui sont ici explorés, et par les voies les plus diverses : le vent, un canal, les premiers chemins de la Gaule, un projet futuriste abandonné, le cinéma, la ville de Detroit, une petite gare et deux plus grandes, et même le métro : il était fatal que ce n° 13 soit lui-même un voyage zigzagant.ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,00 € -

Villa Air-Bel 1940-1942, un phalanstère d'artiste. Travaux N°2
Guyot Alain ; Pollin Diana ; Riche MarielleRésumé : Rien ne prédisposait Varian Fry à l'héroïsme. Il grandit dans cette Amérique des banlieues riches du New Jersey, avant d'intégrer l'université de Harvard. Diplômé en 1931, il pratique à la fois le journalisme et le professorat de lettres classiques. Envoyé à Berlin, il y découvre le nazisme et les persécutions contre les juifs. Son destin est scellé. Mais que faire ? Écrire, militer, protester, manifester, aider des réfugiés austro-allemands fraîchement arrivés à New York, cela parvient un temps à apaiser sa bonne conscience. En 1940, il prend part à la fondation d'un comité de secours, The Emergency Rescue Committee, dans le but spécifique de faire sortir artistes, savants, philosophes et écrivains piégés dans la zone libre. Très vite, le comité veut envoyer un homme de confiance connaissant bien l'Europe et parlant couramment le français à Marseille. Fry se porte candidat. Sitôt arrivé, il noue des contacts avec tous ceux qui courent de grands dangers. Il y a Victor Serge, romancier, essayiste, trotskiste. Il y a André Breton. Il y a les peintres Oscar Dominguez, Wifredo Lam, Max Ernst, Hans Bellmer, Marcel Duchamp, Victor Brauner, Jacques Herold, Jacques Lipchitz, André Masson. Il y a les écrivains Heinrich et Golo Mann, Franz Werfel et Lion Feuchtwanger, Benjamin Péret. Il y a les philosophes Hannah Arendt, Claude Lévi-Strauss et la très politique Anna Seghers. Il y a Otto Meyerhof, prix Nobel de médecine. Il y a Wanda Landowska, la claveciniste. Il y a même ceux qui ne veulent pas partir dont Marc Chagall. Fry se déplace pour le convaincre, mais en vain. Chagall se voit avant tout artiste, la police le voit avant tout juif et l'arrête. Fry le fait sortir de prison et l'expédie illico en Amérique avec femme et enfant. Pour héberger et occuper tout ce monde, il loue une villa en marge de la ville et c'est toute cette trop brève aventure que relate l'ouvrage. Expulsé en septembre 1941, il aura sauvé plus de deux mille personnes. Villa Air-Bel est démolie dans les années 1980. Alain Guyot, enseignant à l?École nationale supérieure d'architecture de Marseille, ses étudiants, avec les élèves de deux lycées, et une écrivaine, Diana Pollin, ont entrepris de faire revivre la villa à travers le récit, historique et biographique, et une reconstitution numérique des lieux.ÉPUISÉVOIR PRODUIT15,00 € -

Le Corbusier, Voyage d'Orient. 1910-1911
Moos Stanislaus vonEn mai 1911, Le Corbusier débute un voyage qui le mènera à Prague, Vienne, Budapest, Istanbul,mont Athos, Athènes, puis Pompéi et Pise avant de regagner la Suisse où il construira, en souvenir de ses impressions, deux villas: l'une surnommée blanche et l'autre turque. Trois aspects caractérisent cet ouvrage et éclairent son importance: ses qualités purement littéraires, la progressive transformation de la personnalité de l'auteur au fil du parcours, le rôle de ces leçonsdans son processus de conception tout au long de sa vie. De son vivant, Le Corbusier fera paraître une quarantaine d'ouvrages, une activité qui l'amènera à faire inscrire la mention « homme de lettre » sur sa carte d'identité lorsqu'il acquiert la nationalité française. Quelques semaines avant sa mort, il se soucie de la publication du Voyage d'Orient qu'il amende légèrement avant de l'envoyer à l'impression. Formé initialement en tant que graveur de boîtier de montre, Le Corbusier s'extirpe lentement au fil de son évolution du moule ornemaniste et des tendances décoratives de l'Art nouveau. Le Voyage d'Orient rend compte du lent passage vers l'architecture d'un personnage initialement ému autant par l'art populaire et l'habileté des artisans potiers slaves qu'averti du grand art rendant visite à Vienne ou à Bucarest à de grands collectionneurs de peintures. L'arrivée à Istanbul, la découverte des mosquées, la géométrie simple qui les caractérise lui fait se rallier à la théorie moderniste de Paul Cézanne: « Il faut traiter la nature selon le cube, la sphère et le cône ». Or ces cubes, ces sphères ou demi-sphères, il les a sous les yeux avec ces coupoles blanches qui parsèment la ville. Cette découverte sera renforcée par la rencontre avec l'architecture classique des temples grecs qui se produira sur les marches de l'Acropole. Ce voyage éclaire le rapport de l'auteur entre inspiration et création. Hormis le récit qu'il tire de ses découvertes, Le Corbusier remplit plusieurs carnets de dessins, croquis et annotations (certaines pages sont reproduites dans l'ouvrage). Sa vie durant, il retournera à ces études de l'année 1911 pour ressourcer sa créativité et y puiser la matrice de ses formes nouvelles. Le récit est accompagné d'une postface analysant le rôle des voyages dans le travail de Le Corbusier et d'une introduction présentant le contexte de ce déplacement.ÉPUISÉVOIR PRODUIT24,99 € -

Les cahiers de l'Ecole de Blois N° 9, Mars 2011 : Terres cultivées
Bailly Jean-Christophe ; Boutin Dominique ; CalameLe paysage est-il avant tout le fruit d'un regard sur une étendue donnée comme étant soit déjà làet intouchée soit aménagée, regard où l'appréciation esthétique charge cet espace de significationset d?émotions prioritairement subjectives? Et voilà le paysage transformé en domaine consacrée àune approche pluri-sensorielle. Mais, avant d?être l'objet de représentations artistiques ou d?études,bref un décor, le paysage n?était-il pas un pays au sens originel du terme, c'est-à-dire une portionde territoire cultivée visant à satisfaire les besoins alimentaires des populations avoisinantes? A cette charge noble et essentielle de nourrir son prochain a succédé depuis quelques décades unsentiment moins reconnaissant et favorable. Le paysan est devenu le « pecno », ce rustre peu aufait de l?état des choses. D'ailleurs, la presse se fait plus que jamais l?écho de tous les problèmesenvironnementaux et il n'est plus une seule saison de l'année au cours de laquelle l'agriculturen'est pas montrée du doigt. Pollution des eaux par les nitrates et les herbicides, algues vertes surle littoral breton, résidus pesticides sur les fruits et légumes, haies abattues, talus arasés, érosiondes sols, paysages défigurés, etc. Qu'attend-on des agriculteurs: qu'ils soient les pourvoyeurs dela pitance quotidienne ou des jardiniers du paysage? Plusieurs contributions comme celle de Marc Dufumier qui analyse le passage en plus d'un demi-siècle d'une agriculture européenne ne produisant pas assez pour satisfaire les besoins du continent à l?ère des surplus ou de la mise en jachère obligatoire sous l'effet de la fameuse politique agricole commune (PAC). Dominique Marchais, auteur de Temps des grâces, un documentaire qui donne la parole aux agriculteurs, agronomes, chercheurs, écrivains, va au coeur de ce sujet. Certains projets visent à réunir les compétences d'architecture et de paysage, travaillant sur des études liés au milieu rural comme le montrent Rémi Janin et son agence Fabriques. Ce paysagiste a investi l'exploitation agricole familiale pour en faire un lieu d'expérimentation pour la construction d'un projet d'architecture et de paysage agricole contemporain. Enfin, l?écrivain Maryline Desbiolles avec son sens très spécifique de la description interroge la campagne agricole, elle qui a sciemment décidé d'y élire domicile tandis que le photographe Benoît Galibert traque, en analyste acéré, les ambiances de ce mode rural guidé par la gentiane à la recherche de vieilles publicités pour la Suze.ÉPUISÉVOIR PRODUIT19,00 €
