Les récits proposés dans ce troisième tome des ?uvres de prose de Léonid Andreïev marquent l'apogée de sa gloire et de son talent. Datés de 1906 à 1908, ils traduisent les angoisses et les obsessions d'un homme ébranlé par deux tragédies : la tragédie nationale que représentent l'échec de la révolution de 1905, porteuse de tant d'espoir pour l'intelligentsia russe, ainsi que les sanglantes répressions qui s'en suivirent, et une tragédie personnelle : la mort de sa femme bien-aimée lors d'un voyage en Occident. Devenu un auteur célèbre, Andreïev va désormais délaisser de plus en plus les récits courts et réalistes pour se consacrer d'une part au théâtre, et d'autre part, à de longues nouvelles, parfois presque de petits romans, qui développent et illustrent toujours les thèmes qui lui sont chers : le terrorisme et les idéaux de la révolution confrontés à la réalité de la nature humaine (entre autres dans Les ténèbres, qui lui vaudra en partie sa rupture avec Gorki) ; l'angoisse face à la mort, dans Lazare, et dans celui de ses récits qui reste sans doute le plus célèbre en Russie, Histoire des sept pendus ; la traîtrise, dans judas Iscariote ; la solitude de l'homme moderne dans l'enfer des villes et face à l'absurdité de l'existence (La Malédiction de la Bête et Mes carnets). Bref, le lecteur retrouvera ici, une fois de plus, cet écrivain tourmenté et attachant qui a su pressentir avec acuité les inquiétudes et le désarroi d'un monde déjà secoué par les forces qui allaient se déchaîner au cours du XXe siècle. S.B.
Nombre de pages
434
Date de parution
06/05/2000
Poids
510g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782714307217
Titre
Judas Iscariote et autres récits
Auteur
Andreïev Léonid
Editeur
CORTI
Largeur
135
Poids
510
Date de parution
20000506
Nombre de pages
434,00 €
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Ce deuxième tome de l'?uvre en prose de Léonid Andreïev ne risque pas de décevoir les lecteurs qui ont été sensibles au charme souvent ténébreux du premier tome, Le Gouffre : outre de courtes nouvelles remplies d'humour, de sensibilité et de tendresse, il contient quelques-uns des plus grands textes de l'écrivain, écrits en 1902 et 1905. Au fur et à mesure que sa renommée grandit, Andreïev prend de l'assurance : certains de ses récits s'allongent jusqu'à devenir de petits romans, et il y aborde de façon plus profonde et plus fouillée les thèmes qui l'obsèdent : celui de la folie - le dérèglement de la raison dans La pensée ou de la foi dans La vie de Vassili Fiveïski, la vie quotidienne à la fois tragique et cocasse d'un asile de fous dans Les fantômes - ; le thème de la sexualité dans Dans le brouillard ; celui de la guerre dans Le rire rouge, rempli des échos de la guerre russo-japonaise et de ceux prémonitoires de la guerre de 14. Et enfin, dans Le gouverneur et Ce qui fut sera, le thème du terrorisme et de la révolution qu'il traite avec une sensibilité " politique ambiguë ", qui lui vaut bien des critiques, mais témoigne d'une vision elle aussi prémonitoire. Si les textes d'Andreïev sont si poignants, c'est peut-être parce que, à l'instar de l'un de ses héros, il avait appelé à lui la détresse des hommes, et la détresse était venue à lui. Son âme flambait comme un autel sacrificiel, chaque homme qui s'approchait, il avait envie de le serrer dans ses bras et de lui dire : " Mon pauvre ami, viens, luttons ensemble, pleurons et cherchons ensemble. Car l'homme ne reçoit aucune aide de nulle part. " Sophie Benech.
Katérina Ivanovna a trop de, enfin - comment s'exprimer pour le dire juste ? - de féminin, de féminité, ce truc à elles, quoi. Comprends-la, de quoi est-ce qu'elle a besoin ? Bon, disons, je marche, moi, un homme, vers le royaume des Cieux, et, bon, c'est ce que je dis à tout le monde, et tout le monde le voit, ça : voici un homme qui marche vers le royaume des Cieux. Mais une femme ? - Le diable le sait, vers où elle marche ! Soit elle se débauche, soit c'est une prière qu'elle envoie, avec sa débauche, ou bien c'est un reproche qu'elle fait, à je ne sais qui... Une Madeleine éternelle pour laquelle la débauche c'est, soit le début, soit la fin, mais ce sans quoi elle ne peut pas du tout, parce que c'est son Golgotha à elle, son horreur et son rêve, son paradis et son enfer.
« Léonide Andréiev (1871-1919), une des voix les plus originales et les plus controversées qui résonnèrent en Russie pendant les premières années de ce siècle, eut un don qui lui était propre: exprimer l'état d'esprit des décennies de crise qui aboutirent à la Première Guerre mondiale et aux révolutions de 1917: Il le fit dans des nouvelles et des pièces de théâtre qui exercèrent une forte emprise sur l'imagination de ses contemporains et lui valurent de grands succès en Russie aussi bien qu'à l'étranger. Novateur, en avance sur nombre de développements dans la littérature d'avant-garde, il s'attaqua, comme Proust, Joyce et les autres grands écrivains de sa génération, aux problèmes posés par l'agonie de l'ordre ancien et les douleurs de l'enfantement du nouveau. Percevant comme une catastrophe l'aliénation de l'homme moderne, il fut amené à toute une série d'expériences audacieuses, qui ouvraient des voies nouvelles, pénétrant bien au-delà du réalisme traditionnel de la littérature russe pour parvenir au maximum de tension et d'expressivité dans la peinture des dilemmes philosophiques angoissants et des états psychologiques complexes. »
« Des bras contre du charbon ». Dans l'immédiat après-guerre, la Belgique cherche de la main-d??uvre pour exploiter ses mines. Elle scelle, en 1946, un accord avec l'Italie qui, en échange de l'achat prioritaire de charbon, enverra des milliers de jeunes travailleurs dans les mines belges.Originaire des Pouilles, Donato est l'un de ces ouvriers mineurs ayant tout quitté pour venir vivre et travailler au Pays noir. Ce livre raconte son histoire, ou plutôt il l'imagine à travers les yeux de Clio, la petite-fille de Donato, partie à la recherche de cette vie que son grand-père n'a jamais racontée.4e de couverture : « Des bras contre du charbon ». Dans l'immédiat après-guerre, la Belgique cherche de la main-d??uvre pour exploiter ses mines. Elle scelle, en 1946, un accord avec l'Italie qui, en échange de l'achat prioritaire de charbon, enverra des milliers de jeunes travailleurs dans les mines belges.Originaire des Pouilles, Donato est l'un de ces ouvriers mineurs ayant tout quitté pour venir vivre et travailler au Pays noir. Ce livre raconte son histoire, ou plutôt il l'imagine à travers les yeux de Clio, la petite-fille de Donato, partie à la recherche de cette vie que son grand-père n'a jamais racontée.Dans ce premier roman d'une extraordinaire inventivité langagière, Éléonore de Duve ravive tout un monde de sensations, de rencontres, d'existences entremêlées. Elle nous plonge, avec une prodigieuse force d?évocation, au c'ur de la jeunesse italienne de Donato, dans les collines lumineuses des Pouilles, jusqu'au noir sans fond de la mine. C'est une quête, aussi prudente qu'aimante, que Donato donne à lire : restituer la consistance d'une vie, en affirmant la capacité de la littérature à dire ce qui a été arraché et tu.Notes Biographiques : Éléonore de Duve est née en Belgique en 1989. Elle vit et travaille à Bruxelles. "Donato" est son premier roman.
Cette anthologie, confectionnée avec soin par Pierre-Georges Castex en 1947, est devenue un classique. Elle se donne pour mission de montrer la richesse du conte fantastique en France, rassemblant trente textes délectables, depuis les débuts (Jacques Cazotte, Charles Nodier, Théophile Gautier, Paul Gavarni...) jusqu'au tournant du siècle (George Sand, Gérard de Nerval, Guy de Maupassant, Guillaume Apollinaire...).