Ainsi l'Etat social ne nous semble-t-il défendable que comme un rempart contre l'anomie et le chaos complets, comme un point d'appui (de plus en plus) provisoire en vue de réaliser autre chose. Le problème que nous posent les économistes de gauche est donc d'abord que les petits pas réformistes qu'ils proposent vont dans la mauvaise direction. C'est-à-dire qu'à force de vouloir socialiser le capitalisme, ils nous éloignent de l'idéal d'un monde libre. Pire que ça, ils mettent en péril le monde tout court. Profondément saint-simoniens, ils persistent à vouloir prendre en charge un développement économique de plus en plus rapide et catastrophique, en prétendant l'orienter vers des horizons autres que le profit mercantile". Cet ouvrage est paru pour la première fois en 2004, suite aux grèves de 2003 contre la destruction du régime de retraites par répartition. Cette édition est identique à la première. Seul le sous-titre a été modifié et un bref avant-propos ajouté par les auteurs.
Nombre de pages
162
Date de parution
11/12/2013
Poids
220g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782954069630
Titre
Le cauchemar de Don Quichotte. Retraites, productivisme et impuissance populaire
ISBN
2954069635
Auteur
AMIECH/MATTERN
Editeur
LENTEUR
Largeur
150
Poids
220
Date de parution
20131211
Nombre de pages
162,00 €
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Comment s'opposer au capitalisme, lorsqu'on s'accommode, jusqu'à la fascination, du genre d'existence qu'il procure et de ce qu'il a fait accomplir aux hommes ? La disparition, sous les coups de boutoir de l'industrie, des formes autonomes de production et d'échange ne semble poser aucun problème aux intellectuels " critiques " et aux jeunes qui les écoutent. Ils se féliciteraient presque de la dépendance quasi-totale de chacun vis-à-vis de l'appareil de production moderne. Ils ne voient pas le danger d'une évolution qui fragilise notre vie quotidienne, en nous mettant à la merci des fluctuations de l'économie et de processus sociotechniques sur lesquels nous n'avons aucune prise. Ils ne voient pas que cette évolution nous accule à la croissance perpétuelle de la production. La gauche persiste encore à promouvoir l'extension des " bienfaits de notre mode de vie " à l'ensemble de la planète. Sans voir que l'Economie apporte à de nouvelles contrées la participation forcée au désastre social et écologique. Dans l'immédiat, la question des conditions de vie ressurgit avec insistance, terrifiante et insoluble. Il ne s'agit pas d'assimiler tous ceux qui disent ?uvrer pour une " mondialisation plus humaine " aux partisans les plus fanatiques de l'ultralibéralisme. Mais il est crucial de souligner qu'il n'y a pas grand sens à plaquer une idéologie de fraternité universelle sur ce que nous sommes en train de faire du monde. La société non capitaliste, que tant de militants appellent de leurs v?ux, pourrait bien ne pas être une société de confort et d'irresponsabilité généralisée - c'est-à-dire l'improbable extension à tous de la situation des privilégiés de notre société inique.
On nous dit : « votre critique du numérique est (globalement, partiellement ou entièrement) juste, mais il faut tenir compte de la situation politique grave. Nous ne pouvons pas déserter un terrain, celui des réseaux sociaux et d'Internet, où l'extrême-droite est à l'offensive, où elle tend à devenir hégémonique. Il faut être présent et contre-attaquer. » Non : les extrême-droites ne reculeront pas sans que le monde change, sans que les sociétés (re)prennent une autre texture , les discours de haine, d'intolérance, d'appels à la violence et aux guerres civiles ne seront pas refoulés sans que crève la bulle numérique qui enferme de plus en plus d'humains. Prétendre combattre ces phénomènes identitaires sur le terrain des formats courts, des clashes en ligne et des vidéos à adrénaline, est une illusion, et peut même aggraver la situation d'éclatement de la société que nous connaissons.
Dans cette courte lettre ouverte à un représentant de la " start-up nation ", Matthieu Amiech analyse l'enjeu du quinquennat d'Emmanuel Macron : renforcer l'emprise du capitalisme de haute technologie sur la vie des populations, si possible avec leur collaboration enthousiaste. Précarisation du marché du travail, chantage " antifasciste " : l'économie collaborative peut se résumer ainsi : faire adhérer les gens à leur propre asservissement.
On nous dit : « votre critique du numérique est (globalement, partiellement ou entièrement) juste, mais il faut tenir compte de la situation politique grave. Nous ne pouvons pas déserter un terrain, celui des réseaux sociaux et d'Internet, où l'extrême-droite est à l'offensive, où elle tend à devenir hégémonique. Il faut être présent et contre-attaquer. » Non : les extrême-droites ne reculeront pas sans que le monde change, sans que les sociétés (re)prennent une autre texture , les discours de haine, d'intolérance, d'appels à la violence et aux guerres civiles ne seront pas refoulés sans que crève la bulle numérique qui enferme de plus en plus d'humains. Prétendre combattre ces phénomènes identitaires sur le terrain des formats courts, des clashes en ligne et des vidéos à adrénaline, est une illusion, et peut même aggraver la situation d'éclatement de la société que nous connaissons.
Il y a un malentendu fondamental autour du mot « écologie » et ce livre entend le lever. Il montre que, dès le départ, deux courants politiques différents portent ce nom alors que leurs projets sont incompatibles : d'un côté, une écologie technocratique, visant au pilotage du « vaisseau spatial Terre » par plus de science, de mesures, de bureaucratie et de calcul , de l'autre, une écologie technocritique, issue de la contre-culture pacifiste et libertaire des années 1960-70, et qui se dresse contre l'impérialisme de la science et de la gestion dans le monde moderne. Dans une enquête historique passionnante, Thomas Jodarewski démêle les fils de cette pelote idéologique, et démasque au passage quelques faux amis de l'écologie contestataire (c'est-à-dire anti-industrielle) : James Lovelock, René Dumont, Edgar Morin, mais aussi plus récemment Bruno Latour, Philippe Descola et leurs bruyants disciples.
En se donnant pour but de populariser certaines analyses, réflexions et recherches sur le monde moderne, Notes & Morceaux choisis ne cherche pas à élaborer une idéologie ou une théorie critique nouvelle, moins encore à faire de la vulgarisation, mais plutôt à « comprendre dans quelle sorte de monde nous vivons » (George Orwell). Nous voulons ouvrir le débat en l'ouvrant à l'histoire et à l'analyse du rôle des sciences et des techniques.