Un nourrisson suce son pouce et se comporte comme si c'était le sein maternel Cette fiction est presque vitale dans les premiers temps de la vie. Viendront ensuite la tétine et les objets transitionnels qui joueront un rôle analogue de diversion. Ces fictions - l'enfant sait vaguement que le pouce ou le dondon ne sont pas sa mère - sont utiles, au moins durant un certain laps de temps. Les adultes aussi ont leurs fictions et, comme les enfants, ils admettent plus ou moins qu'il s'agit de pensées qui tiennent lieu de réalité, provisoirement ou durablement. De façon générale, d'ailleurs, nous n'avons pas d'accès direct à "la réalité" mais avons seulement un rapport interprétatif avec elle. L'enjeu de ce livre est de montrer que nous avons tout à gagner à faire comme si un certain nombre de choses étaient vraies sans en être tout à fait sûrs. En philosophie, en science, en droit, en thérapie, dans l'éducation, dans la construction de soi, dans la vie affective... les modèles, les cadres théoriques, les fictions utiles jouent un rôle essentiel. Et la sagesse consiste à jouer le jeu, à faire comme si... sans oublier toutefois que " la carte n'est pas le territoire ", c'est-à-dire que les concepts et les modèles que nous mobilisons ne sont pas " la réalité ". En somme, il s'agit de faire délibérément semblant, tout en gardant un esprit critique à l'égard de nos fictions pragmatiques.
Nombre de pages
182
Date de parution
28/11/2024
Poids
280g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9791030905595
Titre
Comme si.... Fictions vitales et réalité
Auteur
Allali Sébastien
Editeur
ORIZONS
Largeur
155
Poids
280
Date de parution
20241128
Nombre de pages
182,00 €
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Parmi les figures bibliques, le prophète Elie est l'une des plus attachantes. Il est considéré comme un modèle de droiture et de courage. Sa foi est inébranlable et sa démarche religieuse entièrement sincère et désintéressée. Néanmoins, la tradition juive n'hésite pas à nuancer ce jugement élogieux. De manière surprenante, le texte biblique et ses commentaires traditionnels donnent d'Elie l'image d'un homme souvent extrême et impulsif. Car Dieu ne cautionne pas tous les agissements de son prophète. Il les condamne même parfois, mais pas de manière violente: à l'impatience d'Elie, à son esprit de vengeance, à son intolérance, Dieu répond par un "doux murmure" et lui enseigne progressivement la tolérance, la miséricorde, la douceur et la patience. Il veut permettre à chacun d'avancer à son rythme. Le doux murmure est l'occasion de suivre Elie dans son apprentissage de la tolérance. En relisant le parcours du prophète, Sébastien Allali propose aussi à sa manière une initiation à l'exégèse juive traditionnelle, du Talmud à la mystique juive.
Bien des choses opposent Freud à deux de ses disciples : Otto Gross et Wilhelm Reich, les pères du freudo-marxisme. Ces derniers critiquent sévèrement le patriarcat, promouvant l'égalité des sexes et l'amour libre. Anarchistes radicaux, ils rejettent la religion et toute forme d'autorité. De même, tandis que, selon Freud, l'éducation doit inhiber, interdire et réprimer pour aider l'enfant à se civiliser, Gross et Reich, fidèles à Rousseau, font l'apologie d'une éducation sans contrainte. Freud se voit donc dans l'obligation de prendre ses distances avec des disciples de plus en plus indésirables. Les points de rupture concernent l'étiologie des névroses, la possibilité d'une « psychothérapie populaire », les modalités de la cure, les rapports entre psychanalyse et politique, la famille, l'éducation, la religion, le travail ou encore la création artistique. L'anthropologie freudo-marxiste et la pratique clinique de ses théoriciens reposent sur une critique du capitalisme et l'adoption d'un modèle inspiré d'hy othétiques sociétés matriarcales disparues. Réformer la société permettrait, selon eux, d'en finir avec la névrose. La pensée de Gross et celle de Reich ont eu un rôle de taille, non seulement dans l'histoire de la psychanalyse mais encore dans l'élaboration même de la pensée freudienne. Ils furent les premiers à insister sur la part essentielle de la misère économique et de la misère sexuelle dans l'origine des névroses. Toutefois, la radicalité de ce mouvement a entraîné son propre déclin. Les théoriciens freudo-marxistes furent confrontés à leurs propres contradictions : la sexualité débridée et le primat de l'Éros ne pouvaient, à eux seuls, rendre heureux les individus. En effet, peut-on refouler Thanatos sans nier le réel ...Sébastien Allali est neuropsychologue et docteur en psychologie clinique, psychopathologie et psychanalyse. Il enseigne la philosophie.
L'échapper belle signifie "se sortir de justesse d'une situation délicate". Cependant, prise au pied de la lettre, l'expression pourrait signifier "s'extraire d'une impasse d'une belle façon". Il s'agirait alors de la capacité à trouver des façons efficaces et élégantes d'échapper à des situations épineuses. Si l'échappée peut évoquer la fuite, voire la lâcheté, l'échappée belle relève du courage et du panache. Quelle sagesse recèle cette capacité à prendre la tangente en mariant le cran et le style ? Comment rendre l'échappée belle ? Cet essai examine la notion d'échappée belle sous ses différentes facettes en faisant appel à des exemples empruntés à la littérature, à l'histoire et à la pop culture. Inventivité et créativité, esquive et ruse, manipulations lexicales, voies détournées, subtilités et subterfuges, tout est permis pour qui veut l'échapper belle.
Sans aspirer à être complet, les vingt contributions ici réunies peuvent être lues comme un abrégé de l'histoire du livre, de l'Antiquité au XXème siècle : de la tablette au volume, de la propagation du livre par l'imprimerie à la mise en question de l'autorité de l'Eglise, de la lente émancipation à un potentiel subversif et à son pouvoir énigmatique, de son éclatement à son sacrifice. Le livre est ainsi un point de cristallisation de la culture. Et dans ce domaine, il y a toujours profit de comparer ce qui est à ce qui fut.
Les contributions qui vont suivre examineront, librement, les variations de la temporalité chez certains romanciers du XXe siècle, riche en avatars et en subversion. Petit à petit, le temps devient lui-même un acteur privilégié de l'univers romanesque. Selon le mot de Claude Lévi-Strauss, que Proust n'aurait pas contredit, il accède au statut de " héros du roman ". Si le temps raconte son histoire, c'est qu'il " est né de l'exténuation des mythes ", et même " se réduit à une poursuite exténuante de sa structure. " (Mythologiques, t. III, 1968). Le temps romanesque peut se jouer des lois du temps réel, le contracter ou le dilater, l'accélérer ou le ralentir. Il mélange des segments et des séquences parfois fort éloignés au plan diachronique. Pour avoir été considéré comme un miroir du temps, un Zeit-Spiegel, le temps romanesque devient, au XXe siècle, un Zerr-Spiegel, un miroir déformant. Ainsi que le montrent les études de cet ouvrage, cet effritement ne nuit pas au genre : la liberté de la fiction y puise un renouvellement constant et assure à sa propre création un avenir qui déjoue les lois du temps. Pari gagné à en juger les auteurs de ce volume.
Le journal d'Henri Heinemann est, par excellence un document littéraire : il en a la sensibilité et, souvent, la beauté. Du mitan au viellissement, il y décline un magnifique don d'observation et d'analyse. Des hommes, des femmes, illustres ou inconnus, traversent son existence. Cependant, l'essentiel de cette matière est fait de l'amour qu'il porte aux livres. Claude martin, l'un des éminents spécialistes d'André Gide, emploie, dans sa préface, le mot de "monument" à propos de L'éternité pliée.