LES PROCÈS CONTRE LES ANIMAUX. CURIOSITÉS JUDICIAIRES ET HISTORIQUES DU MOYEN-ÂGE
Agnel Emile
SHS EDITIONS
14,00 €
Impression à la demande
EAN :9791041979882
Les procès intentés aux animaux étaient des procès dans lesquels l'accusé était un animal qui se voyait reprocher un délit, un crime ou un dommage comme il l'aurait été à un être humain, en principe seul sujet de droit ou justiciable. Taureaux, vaches , chevaux, porcs, truies, coqs, rats, mulots, limaces, fourmis, chenilles, sauterelles mouches, vers et sangsues : tous ont eu maille à partir avec la justice pour avoir nui aux hommes ou offensé Dieu, à des degrés divers. Les procès déploient toute la solennité et les moyens utilisés pour les accusés ordinaires et se soldent par des peines qui vont du bannissement au supplice, en passant par l'excommunication. Ces procès sont de deux types. Les premiers sont prononcés par des tribunaux laïcs à l'encontre d'animaux domestiques (cochons, chevaux, boeufs, chiens, coqs, ânes, etc.) reconnus coupables de blessure ou d'homicide. La peine appliquée est souvent la mise à mort par la pendaison, le bûcher[2], la décapitation, etc. Des rituels d'exposition, d'humiliation ou de mutilation peuvent être associés selon la gravité du crime. Dans neuf cas sur dix, c'est un cochon qui est conduit devant le tribunal : l'animal est vagabond (il sert d'éboueur dans les grandes villes) et provoque inévitablement des accidents. Le propriétaire de l'animal, quant à lui, est rarement inquiété. Les seconds procès sont prononcés par les autorités ecclésiastiques à l'encontre d'animaux de petite taille (insectes, rongeurs) qui détruisent les récoltes. Ces derniers sont plus difficiles à appréhender et s'apparentent davantage à des fléaux. Dès lors, on recourt à l'exorcisme, on les déclare maudits ou l'on procède à leur excommunication. Le témoignage le plus ancien d'un procès de ce genre concerne le diocèse de Laon, où l'évêque Barthélemy aurait, en 1120, déclaré maudits et excommuniés les mulots et chenilles qui avaient envahi les champs. L'année suivante, il réitère ses anathèmes à l'encontre de mouches.
Nombre de pages
24
Date de parution
23/12/2023
Poids
57g
Largeur
170mm
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EAN
9791041979882
Titre
LES PROCÈS CONTRE LES ANIMAUX. CURIOSITÉS JUDICIAIRES ET HISTORIQUES DU MOYEN-ÂGE
Auteur
Agnel Emile
Editeur
SHS EDITIONS
Largeur
170
Poids
57
Date de parution
20231223
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24,00 €
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Voilà qui ne manque pas de singularité. Avocat, philologue et littérateur, Émile Agnel (1810-1882) est l'auteur notamment d'Observations sur la prononciation et le langage rustique des environs de Paris, d'un Code des propriétaires et locataires de maison, ou encore d'une nouvelle intitulée Thérèse. Mais des ouvrages signés Émile Agnel, la postérité n'a retenu vraiment qu'un seul titre : Procès contre les animaux. On y trouve recensé un ensemble de procès intentés à des animaux au cours du Moyen Âge. Des animaux que l'on tient pour responsables et coupables de délits et de crimes, et contre lesquels on engage, en bonne et due forme, des procès, comme on le ferait pour des personnes morales et sujets de devoir et de droit. Ainsi se retrouvent à la barre bovins, ovins, équidés, rongeurs, insectes? Ce sont là des procès qui pourraient, à première vue, prêter à sourire. Pourtant, sans doute, doivent-ils nous interpeller sur les manières que nous avons eues, que nous avons, et que nous aurons de considérer et de concevoir nos relations avec le vivant, avec ces proches (et pourquoi ne pas dire ces prochains) que sont pour nous les animaux.
Les procès intentés aux animaux étaient des procès dans lesquels l'accusé était un animal qui se voyait reprocher un délit, un crime ou un dommage comme il l'aurait été à un être humain, en principe seul sujet de droit ou justiciable. Taureaux, vaches , chevaux, porcs, truies, coqs, rats, mulots, limaces, fourmis, chenilles, sauterelles mouches, vers et sangsues: tous ont eu maille à partir avec la justice pour avoir nui aux hommes ou offensé Dieu, à des degrés divers. Les procès déploient toute la solennité et les moyens utilisés pour les accusés ordinaires et se soldent par des peines qui vont du bannissement au supplice, en passant par l'excommunication. Ces procès sont de deux types. Les premiers sont prononcés par des tribunaux laïcs à l'encontre d'animaux domestiques (cochons, chevaux, boeufs, chiens, coqs, ânes, etc.) reconnus coupables de blessure ou d'homicide. La peine appliquée est souvent la mise à mort par la pendaison, le bûcher[2], la décapitation, etc. Des rituels d'exposition, d'humiliation ou de mutilation peuvent être associés selon la gravité du crime. Dans neuf cas sur dix, c'est un cochon qui est conduit devant le tribunal : l'animal est vagabond (il sert d'éboueur dans les grandes villes) et provoque inévitablement des accidents. Le propriétaire de l'animal, quant à lui, est rarement inquiété. Les seconds procès sont prononcés par les autorités ecclésiastiques à l'encontre d'animaux de petite taille (insectes, rongeurs) qui détruisent les récoltes. Ces derniers sont plus difficiles à appréhender et s'apparentent davantage à des fléaux. Dès lors, on recourt à l'exorcisme, on les déclare maudits ou l'on procède à leur excommunication. Le témoignage le plus ancien d'un procès de ce genre concerne le diocèse de Laon, où l'évêque Barthélemy aurait, en 1120, déclaré maudits et excommuniés les mulots et chenilles qui avaient envahi les champs. L'année suivante, il réitère ses anathèmes à l'encontre de mouches.
Imaginez un monde où les animaux sont traduits en justice pour leurs crimes. Dans « Proces contre les animaux » d'Émile Agnel, l'auteur nous plonge dans l'univers fascinant et méconnu des procès intentés aux animaux du Moyen Âge. Ce livre explore un aspect surprenant de l'histoire juridique, où porcs, truies et autres bêtes étaient jugés pour leurs méfaits, tels que le meurtre d'enfants. Les animaux auteurs de délits étaient souvent incarcérés et soumis à des procédures judiciaires rigoureuses, semblables à celles des humains. Les cas impliquant des animaux insaisissables, comme les insectes, étaient confiés à la justice ecclésiastique, qui employait des moyens spirituels pour les condamner. À travers une série de récits documentés, Agnel révèle les pratiques judiciaires de l'époque, illustrant la frontière ténue entre la superstition et la loi. Ce récit historique invite le lecteur à découvrir une facette insolite de notre passé, offrant une réflexion sur la justice et la morale à travers les âges.
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