Dénaturalisés. Les retraits de nationalité sous Vichy
Zalc Claire
SEUIL
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EAN :9782021326420
La France aux Français" : ce fut l'une des premières mesures mises en oeuvre par le gouvernement de Vichy. Les dénaturalisations ont été prévues par la loi du 22 juillet 1940. Cette loi, rétroactive, visait potentiellement tous les Français naturalisés depuis 1927 : plusieurs centaines de milliers de personnes, peut-être 1 million. A partir d'une étude d'une ampleur inédite dans les archives nationales et locales, Claire Zalc livre une puissante analyse des effets de la loi du 22 juillet 1940, depuis la signification qu'elle a prise pour ceux qui l'ont appliquée (magistrats de la commission de Révision des naturalisations, préfets, maires, etc.) jusqu'à ses conséquences pour ceux qui l'ont subie et se sont vus retirer la nationalité française. Si la loi de juillet 1940 est silencieuse sur les motifs du retrait de la nationalité et ne mentionne pas les Juifs, la conclusion de Claire Zalc est sans appel : "La mention israélite non seulement identifie, signale, stigmatise, mais surtout, elle établit la décision. " Les Français originaires d'Europe de l'Est, supposés juifs, ont été les plus visés : ainsi se dessinent les visages des "mauvais Français". Si 15 000 personnes ont finalement été exclues de la nationalité, ce sont des dizaines de milliers d'autres qui ont été ciblées par l'enquête administrative et policière, rendant les Juifs plus visibles, plus vulnérables aux persécutions et à la déportation. Claire Zalc établit aussi nettement que le refus opposé par Vichy à la pression des autorités allemandes en faveur d'une dénaturalisation de masse en 1943 ne résultait pas d'une volonté de protection des naturalisés, mais du souci d'affirmer sa souveraineté et de conserver jusqu'au bout la maîtrise du processus.
Nombre de pages
388
Date de parution
22/09/2016
Poids
520g
Largeur
154mm
Plus d'informations
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EAN
9782021326420
Titre
Dénaturalisés. Les retraits de nationalité sous Vichy
ISBN
202132642X
Auteur
Zalc Claire
Editeur
SEUIL
Largeur
154
Poids
520
Date de parution
20160922
Nombre de pages
388,00 €
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Les immigrants venus chercher refuge ou fortune dans le petit commerce et l'artisanat ne ressemblent guère aux portraits habituellement dressés des "travailleurs immigrés". Depuis le début du Site siècle, la liberté de commerce, héritée de la Révolution, rend le monde de l'entreprise ouvert à tous, sans condition de nationalité. L'absence de réglementation constitue l'un des attraits majeurs du monde de l'atelier et de la boutique pour les étrangers alors qu'ils font l'objet, en France, de contrôles de plus en plus stricts et contraignants. Mais les entreprises des "étrangers", précaires ou florissantes, isolées ou inscrites dans des réseaux de sociabilité, vont susciter méfiance et hostilité. Ce livre raconte les étapes qui mènent les pouvoirs publics, sous la pression de classes moyennes particulièrement virulentes contre la "concurrence déloyale des étrangers", à limiter l'accès de ces derniers au commerce. Mais il dresse aussi les portraits d'immigrants réunis par un même désir d'indépendance et de liberté, qui font de leurs boutiques des lieux d'approvisionnement, de rencontre et de sociabilité. Claire Zalc, en décrivant les multiples métiers où s'affairent des individus et des groupes originaires d'une quarantaine de nationalités, efface le stéréotype du tailleur juif, du maçon italien et de l'épicier kabyle. Son voyage dans l'univers contrasté des commerçants venus d'ailleurs en dit long sur l'histoire économique et sociale de la France et sur son rapport avec "l'étranger".
Zalc Claire ; Bruttmann Tal ; Ermakoff Ivan ; Mari
L'observation de la destruction des Juifs d'Europe à la loupe permet de penser le processus de mise àmort autrement, d'éclairer différemment les relations entre victimes et bourreaux, de replacer lescomportements individuels dans leurs environnements sociaux pour conférer à ceux-ci une valeurexplicative propre, de renouveler l'histoire de la Shoah.Ce volume aborde l'histoire des persécutions antisémites et de la Shoah à partir d'un angle local.Cette démarche micro-historienne parcourt l'ensemble de cette livraison du Genre humain. Ainsi, il nes'agit pas uniquement d'identifier et de compter parmi les victimes combien ont été spoliés, cachés,arrêtés ou déportés, mais encore de savoir qui ils étaient et en quoi ils se distinguaient (ou non) deceux qui ne l'ont pas été. Procédant ainsi, on se donne les moyens de comparer des trajectoiresindividuelles ou familiales sinon laissées à leur singularité, mais également de dépasser les jugementspsychologiques quant aux comportements et actions des personnes observées. Les choix effectués nesont plus pensés comme des décisions morales censément effectuées en toute connaissance de cause,ni évalués au prisme des catégories de jugement des historien(ne)s ou de ses lecteur(rice)s, maisrapportés au contexte familial, social, économique ou répressif dans lequel ils prennent place. Lechangement d'échelle mené de la sorte permet ainsi de rompre avec la seule logique individuelle etnominale, avantage considérable lorsqu'on traite de questions controversées et enjeux de mémoire. Iléclaire d'un jour nouveau la place du « moi » dans sa relation avec l'écriture historienne.
Face aux sources de toutes sortes, bien des historiens, apprentis ou chevronnés, éprouvent le besoin de quantifier, mais sont désemparés face à des méthodes jugées complexes et obscures. Il existe pourtant de nombreux outils, disponibles sur un simple ordinateur. Il serait dommage de s'en priver: les méthodes quantitatives permettent de renouveler bon nombre d'approches, sur toutes les périodes, de l'histoire politique à l'histoire sociale et culturelle. Mais comment parvenir à les maîtriser facilement, sans s'encombrer de formalisme mathématique? Comment prendre connaissance de leurs atouts, mais aussi de leurs limites? Tout simplement en lisant ce petit guide. Produit de plusieurs années d'enseignement, il est conçu pour donner des clés de lecture et répondre à toutes les questions concrètes rencontrées dans la pratique de recherche. C'est une introduction accessible et efficace aux méthodes quantitatives, jusqu'aux plus novatrices. Elle est prolongée par un site Internet où le lecteur trouvera tous les compléments techniques et pédagogiques dont il peut avoir besoin.
Le 29 décembre 1956, l'Algérie française portait en terre l'un de ses leaders, Amédée Froger, tué la veille, alors qu'il sortait de son domicile. La nouvelle de l'assassinat a fait grand bruit, en Algérie, mais aussi à Paris, en raison de la personnalité de la victime, haute figure locale de la défense de la cause française. Ses obsèques à Alger ont rassemblé une foule nombreuse. Elles ont surtout été l'occasion de ratonnades qui ont marqué les observateurs. S'appuyant sur de nombreuses sources, dont des archives policières et judiciaires inédites, Sylvie Thénault retrace ces événements et propose à travers eux une généalogie des violences exercées par les Français sur les Algériens dans le contexte de la colonisation. Trop souvent résumées à des actions ponctuelles et paroxystiques, ou associées aux seules exactions de l'OAS à la toute fin de la guerre, ces violences - non pas celles des autorités et de leurs représentants mais bien celles de la minorité française, née là-bas - s'inscrivent dans une histoire longue. Elles se nourrissent d'un rapport de domination brutal, empruntant à toutes les formes d'oppressions possibles (économiques, sociales, politiques, juridiques, culturelles) et s'ancrent dans un espace urbain où les différences et les inégalités se lisaient à la moindre échelle, celle du quartier, voire de la rue ou de l'immeuble. Faisant des événements ayant entouré la mort et l'enterrement d'Amédée Froger le chaînon manquant de cette longue histoire, Sylvie Thénault propose ici une histoire spatiale et sociale de la guerre à Alger, en plaçant au coeur de l'interrogation ce que les ratonnades doivent aux rapports entre les populations en présence.
XVIIe siècle. Aux Antilles. C'est la nuit sur une plantation où se déroule une veillée mortuaire. Un vieux-nègre esclave entre dans le cercle des flambeaux. Dès ses premiers mots, il se métamorphose en " maître-de-la-Parole ". Comment ce vieil homme a-t-il pu s'ériger en père fondateur de la littérature des Amériques ? Quels sont les secrets de cet improbable résistant à l'esclavage et à la colonisation ? D'où lui vient cette assignation à ne conter que la nuit, sous peine d'être transformé en panier ? Et pourquoi un panier ? Partant de l'extraordinaire émergence du conteur créole, Patrick Chamoiseau interroge son propre travail d'écrivain, sa mémoire intime et les mystères de la création. Quels sont les grands enjeux de la littérature contemporaine ? En quoi rejoignent-ils ceux de ce vieux maître-de-la-Parole ? ... " Chaque création est une avancée de la réflexion, de la connaissance, du rapport désirant avec cet horizon sans horizon qu'est la Beauté. " Patrick Chamoiseau, né en 1953, a élargi la portée de la littérature antillaise à un niveau mondial. Prix Goncourt pour Texaco (Gallimard, 1992), il est l'auteur d'une oeuvre narrative et théorique majeure où se mêlent imaginaire foisonnant et conscience politique. Sa voix est aujourd'hui l'une des plus influentes de la Caraïbe. Au Seuil ont récemment paru La Matière de l'absence (2016), Frères migrants (2017), Contes des sages créoles (2018) et, en Points Thriller, J'ai toujours aimé la nuit (2018).
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Excédés par le présumé laxisme des tribunaux, les justiciers autoproclamés s'évertuent à punir par eux-mêmes les fauteurs de trouble. Violant la loi pour maintenir l'ordre, ils s'improvisent détectives, juges et bourreaux. Adeptes du lynchage et autres châtiments spectaculaires, ils trouvent un nouveau public sur les réseaux sociaux. Des groupes d'autodéfense du Far West aux chasseurs de pédophiles en Russie contemporaine, les justiciers hors-la-loi sont typiquement des hommes blancs, réactionnaires et xénophobes. Toutefois, mouvements révolutionnaires et défenseurs des dominés ne s'interdisent pas de manier, à leur tour, le fouet et le feu. L'auto-justice compte en outre de fervents zélateurs dans les services répressifs. Et quand policiers et paramilitaires s'affranchissent du cadre légal pour nettoyer la société, ils précipitent l'avènement de l'Etat justicier. Cet essai comparatif s'aventure dans les eaux troubles de la justice sommaire. Au terme d'un périple dans le monde perturbant des redresseurs de torts, une question s'impose : la France est-elle immunisée contre cette fièvre punitive ...