Catalogue officiel de l'exposition organisée par le musée d'Orsay du 25 mars - 27 juillet 2025, grâce au partenariat exceptionnel du Nasjonalmuseet, Oslo. Après Edvard Munch. Un poème de vie, d'amour (2022) et Harriet Backer. La musique des couleurs (2024), le musée d'Orsay clôt une trilogie consacrée à l'art norvégien du tournant du XXe siècle avec l'exposition Christian Krohg. Le Peuple du Nord, présentée au printemps 2025. Il s'agit de la toute première rétrospective de l'artiste en dehors de la Scandinavie, qui fait suite à plusieurs expositions à Oslo et Lillehammer en 2012, puis à Copenhague en 2014. En mettant en lumière les oeuvres naturalistes et engagées de Krohg, très éloignées de celles, plus introspectives, d'Edvard Munch, le musée offre ainsi une nouvelle perspective sur l'art norvégien de la fin du XIXe et du début du XXe siècle. A travers un panorama approfondi du parcours artistique de Krohg, l'exposition et le catalogue qui l'accompagne mettent en valeur sa modernité picturale et son engagement humaniste. Bohème et fervent défenseur des causes politiques et sociales de son époque, Krohg, également écrivain et journaliste, dépeint avec une profonde empathie la condition du peuple scandinave, les dangers du travail, la misère, ainsi que les injustices subies par les femmes. Munch, qui fut son élève, dira de lui qu'il était "le seul peintre capable de descendre de son trône et d'éprouver de la compassion sincère pour ses modèles" . Organisé en quatre temps, cet ouvrage met en valeur les liens avec les artistes français que Krohg découvre lors de ses séjours parisiens - notamment Gustave Courbet, Edouard Manet et les impressionnistes. Dans sa série des marins, Krohg cherche à donner à ses oeuvres un sentiment d'immédiateté en utilisant des compositions déséquilibrées, des cadrages audacieux et des postures dynamiques. Son credo, "tout est une question de cadrage" , est le fondement d'une recherche artistique d'une grande modernité. Membre de la société provocatrice de Christiania - ancien nom d'Oslo -, Krohg fait polémique et scandale auprès de la bourgeoisie et des élites artistiques, à travers ses portraits de ce milieu bohème et libre, de ces jeunes artistes, écrivains et intellectuels qui se réunissent dans les cafés de la capitale et commencent à contester la structure sociale dominante. Un Zola norvégien ? En 1886, Krohg publie son roman Albertine, histoire d'une ouvrière violée devenue prostituée, roman que la police saisit rapidement au motif qu'il porte atteinte aux bonnes moeurs. Malgré les controverses, Krohg défend sa liberté d'expression contre la censure. Il réalise alors son tableau le plus important, la grande toile Albertine tirée de son roman, poussant la provocation jusqu'à engager des prostituées comme modèles. Peu d'oeuvres d'art norvégiennes ont suscité un débat aussi intense, par la mise en lumière d'une facette particulièrement sombre de la société norvégienne. D'autres grands tableaux naturalistes et engagés, tels La Lutte pour la survie, témoignent de l'attention que porte l'artiste aux membres les plus vulnérables de la société. Dans cette perspective, l'exposition et son catalogue explorent les scènes de famille, à travers des toiles qui révèlent l'intimité de l'artiste et témoignent de son humanité. L'empathie, comme l'a dit Munch, est au coeur de son travail. Par elle, il cherche à capter l'attention du spectateur et à "oeuvrer au progrès humain" .
Commencé à Rome en 1835 et poursuivi jusqu'en 1881, Le Poème de l'âme est le grand oeuvre de l'artiste lyonnais Louis Janmot (1814-1892), à la fois pictural et littéraire. Il illustre en 34 compositions accompagnées d'un long poème le parcours initiatique d'une âme sur la Terre. Formé de deux cycles respectivement composés de 18 peintures et de 16 grands dessins, il fut qualifié par Henri Focillon, directeur du musée des Beaux-Arts de Lyon de 1913 à 1924, "d'ensemble le plus remarquable, le plus cohérent et le plus étrange du spiritualisme romantique" . Le premier cycle, achevé en 1854, raconte les premières années au Ciel et sur la Terre d'une âme, représentée sous les traits d'un jeune garçon et accompagnée d'une jeune fille. On suit les étapes et les vicissitudes de leur parcours, de la naissance du garçon jusqu'à la mort prématurée de la jeune femme. Théophile Gautier et Baudelaire furent attirés par ces toiles exposées à l'Exposition Universelle de 1855, grâce à l'intervention de Delacroix. Achevé en 1881, le second cycle raconte comment le garçon, désormais seul, est confronté aux tentations et aux malheurs de l'âme humaine. Un poème de 2814 vers, écrit par Janmot et intitulé L'Ame, accompagne les oeuvres. Il renforce leur signification et leur est indissociable. L'ensemble compose une oeuvre hybride, littéraire et picturale, qui invite à la contemplation, à l'écoute, à la déambulation. Janmot, peintre de l'âme, est un artiste très singulier dans son temps, mais son oeuvre fait écho à celle de plusieurs autres artistes tels que William Blake, Philipp Otto Runge ou Francisco de Goya avant lui, ses contemporains les Préraphaélites, ou encore, plus tard, les symbolistes, en particulier Odilon Redon qui a été en contact avec lui. L'ouvrage replace Le Poème de l'âme et son auteur à la croisée de références, d'influences et de courants aussi bien littéraires, religieux et philosophiques qu'artistiques.
Christin Olivier ; Dargnies-de Vitry Servane ; Mar
Croisant histoire de l'art, histoire des idées politiques, histoire comparée des formes symbolique, ce livre a pour objet la représentation de la souveraineté du peuple dans le cadre des régimes républicains en Europe et en Amérique latine au milieu du XIXe siècle.
Les civilisations mayas et aztèques, nées autour du golfe du Mexique, sont qualifiées de "précolombiennes" car elles se sont développées avant l'arrivée de Christophe Colomb (1492). La disparition des Mayas reste largement inexpliquée, et la destruction des traces des Aztèques, exécutée par les Conquistadores, a anéanti d'innombrables vestiges. Ces très anciennes sociétés connaissaient l'écriture, les mathématiques, l'art, l'architecture, et elles étaient dotées d'institutions sociopolitiques. Ce guide s'efforce de restituer au plus juste ces civilisations, à travers cinq chapitres présentant des personnages clefs, l'organisation sociale et les rites, la vie quotidienne, ou la religion. Le dernier chapitre répertorie un grand nombre de sites témoins de cette civilisation. Quatre cartes, une liste des musées, une chronologie, un glossaire, un index et une bibliographie complètent cette documentation.
Riche d'un ensemble remarquable des tableaux de Mantegna, de loin le plus important hors d'Italie, que viendront compléter des prêts exceptionnels, le musée du Louvre consacre, pour la première fois en France, une rétrospective majeure à cette figure éminente de la Renaissance en Italie du Nord. Formé dans le milieu humaniste de Padoue et de Ferrare, Mantegna va se distinguer par son goût "antiquaire", obsédé par la restitution imaginaire et documentée à la fois d'une Antiquité rêvée et par son talent d'invention allégorique et savante. A la cour de Mantoue, auprès d'Isabelle d'Este et de son mari le duc de Gonzague, il va développer, par la fresque, les peintures sur bois mais aussi par la gravure, une oeuvre qui influencera au-delà des artistes de la péninsule jusqu'à Dürer. L'exposition et son catalogue s'attacheront à montrer, à travers des oeuvres de techniques très diverses, les étapes majeures de la carrière de cet artiste, menée entre Padoue, Vérone et Mantoue durant la seconde moitié du XVe siècle, son influence sur ses contemporains et la diffusion précoce de son art dans toute l'Europe.
Résumé : Catalogue officiel de l'exposition De Palmyre à Mossoul, voyage au coeur d'un patrimoine menacé du 9 octobre 2018 au 9 février 2019 à l'Institut du monde arabe. Pour la première fois, l'Institut du monde arabe présente une exposition inédite : une expérience totalement immersive dans les plus beaux sites du monde arabe aujourd'hui menacés. Le Proche-Orient et le bassin méditerranéen ont vu se succéder les civilisations et les empires les plus grandioses. Perses, Grecs, Romains ou Arabes ont tous construit des monuments extraordinaires, vestiges de l'histoire de l'humanité. Bâtis depuis des siècles, ces sites sont aujourd'hui menacés par le fondamentalisme et les conflits armés. Afin de préserver la mémoire de ces sites et de garder l'espoir de les voir renaître un jour, l'IMA s'est associé à la société ICONEM qui, par des procédés technologiques innovants, scanne, enregistre les sites en danger et permet ensuite d'en produire des reconstitutions numériques. La technologie est alors au service des scientifiques mais aussi du grand public qui peut ainsi découvrir les merveilles architecturales de l'Orient. En mettant en avant des sites ayant déjà fait l'objet de destructions ou aujourd'hui menacés, l'IMA souhaite sensibiliser le public à la nécessité de préserver le patrimoine mondial, et au rôle essentiel que jouent les nouvelles technologies pour la transmission de ce bien commun aux générations futures. Cette expérience permettra aux visiteurs de se promener parmi quatre grands sites emblématiques du monde arabe : Mossoul en Irak, Alep en Syrie, Palmyre en Syrie et Leptis Magna en Libye.
Catalogue officiel de l'exposition L'Orient des peintres, du rêve à la lumière du 7 mars au 21 juillet 2019. Riche d'une soixantaine de chefs-d'oeuvre provenant des plus importantes collections publiques et privées d'Europe et des Etats-Unis (musée du Louvre, musée d'Orsay, musée des Augustins de Toulouse, la Städtische Galerie im Lenbachhaus de Munich, la collection Thyssen-Bornemisza de Madrid, le Rijksmuseum d'Amsterdam, le Sterling and Francine Clark Art Institute de Williamstown), cette manifestation entend révéler à travers ce voyage un nouveau regard sur cette peinture. Portés par le souffle de la conquête napoléonienne, les peintres européens ont fantasmé l'Orient avant de vérifier leur rêve dans le voyage. Pourtant, ce dernier ne fait pas disparaître un fantasme indissociable de la figure féminine, celle de l'odalisque, ou femme de harem, et continue de nourrir les peintres, d'Ingres et Delacroix aux premières heures de l'art moderne. "L'atelier du voyage" apporte cependant une connaissance de l'architecture et des arts décoratifs qui infléchissent progressivement une pratique classique vers une géométrisation et conduit à la recherche d'une harmonie entre corps humain et ornement abstrait, de Gérôme et Landelle à Vallotton, Migonney, Bernard ou même Matisse. D'autre part, l'expérience du paysage, des scènes de la vie quotidienne en plein air, nourrit de nouvelles pratiques et précipite l'émancipation de la couleur. Dans l'éblouissement de la lumière d'Orient et face à des spectacles inconnus, le peintre invente de nouvelles manières de peindre. Des paysages de Fromentin ou de Lazerges aux prémices de l'art moderne, des Impressionnistes et Néo-Impressionnistes aux Fauves, à Kandinsky et à Klee, la couleur se libère peu à peu de l'exactitude photographique. La naissance de l'abstraction ainsi passe par l'Orient : l'exposition sera alors l'occasion de découvrir certains aspects moins connus de l'art moderne à sa naissance.
L'histoire d'un féminicide qui a bouleversé la Belgique, racontée par la s'ur de la victime, qui se bat pour que Barbara ne soit pas oubliée. Barbara se rêvait comédienne, du moins rêvait-elle d'une autre vie. En mai 2001, son corps est retrouvé chez elle, à Bruxelles. La scène de crime révèle une violence inouïe. Un féminicide. Pour les enquêteurs, les éléments concordent : l'arme, les indices, les auditions, tout désigne un seul homme. Comment, pour la famille de Barbara, basculer d'une existence ordinaire vers cette nouvelle réalité ? Comment survivre à un tel traumatisme ... Puis vient le temps de la justice. Celle qui, à défaut d'apaiser les âmes, est censée dire le droit et punir. Et vient le temps du procès en assises. Mais l'impensable se produit : l'accusé est acquitté. Ce livre retrace l'histoire tragique et sidérante d'une jeune femme solaire de vingt-cinq ans, que le crime, l'injustice, et les failles d'un système ont voulu effacer. Une femme qui a été tuée deux fois. Nathalie, sa s'ur, nous livre un récit vrai, intime et bouleversant.
Ecrit au XIe siècle par la poétesse Murasaki Shikibu, Le Dit du Genji est considéré comme l'oeuvre la plus représentative de la littérature classique du Japon. Cet ouvrage, évoquant les raffinements de la cour impériale à l'époque de Heian (794-1185) à travers l'épopée amoureuse du prince Hikaru Genji, témoigne d'une riche période artistique marquée par l'émergence d'une littérature féminine. Peintres, poètes, calligraphes, céramistes, artisans et, à partir du XX ? siècle, mangakas, tous ont été nourris par cette oeuvre fondatrice pour la culture japonaise. Les rouleaux du Dit du Genji tissés par Maître Itarô Yamaguchi, pièces majeures de l'exposition, donnent à voir l'héritage du savoir-faire traditionnel et l'incroyable maîtrise technique du tisserand de Kyôto ; la précision des détails, les délicates variations de couleurs et les subtils effets de transparence invitent à plonger au coeur du roman, dans ce Japon ancien encore trop méconnu.
Charlier Philippe ; Aïn Mireille ; Bourdin Virgini
La zombification, phénomène décrit depuis le XVIIe siècle en Haïti, appartient aux croyances de la religion vaudou. Visant à maintenir l'ordre social, cette pratique résulterait de la convergence des traditions magico-religieuses d'Afrique subsaharienne, des routes de l'esclavage transatlantique et de la maîtrise des poisons par les populations autochtones de la Caraïbe. Jugé par des sociétés secrètes, condamné et drogué, un individu est enterré vivant, exhumé puis exilé. Il devient alors un être sous emprise, soumis à la volonté d'un maître appelé bokor. La figure du zombi, de la victime d'une malédiction à la légende folklorique, a abondamment nourri la littérature fantastique et l'industrie cinématographique internationale, devenant aujourd'hui le symbole d'une mort contagieuse à l'échelle mondiale. En questionnant et en renouvelant les connaissances sur les zombis, cet ouvrage dirigé par Philippe Charlier entend explorer les origines de ce phénomène et interroger le réel et le supposé, le mystère et la recherche.