La communication est un des symboles les plus forts du XXe siècle. Son idéal, rapprocher les hommes, les valeurs et les cultures, est au c'ur du modèle démocratique et triomphe par l'intermédiaire de techniques de plus en plus performantes et séduisantes. Sa réussite est à ce point exemplaire que nombreux sont ceux qui voient dans le multimédia et les réseaux la réponse aux maux de nos sociétés et l'esquisse de nouvelles solidarités. Dominique Wolton remet les choses à leur place et explique avec vigueur qu'il ne faut pas confondre performance technique et nouvelle société. Au bout de toutes ces techniques les plus sophistiquées et les plus interactives, on retrouve toujours des inégalités. Surtout la même difficulté à se comprendre et parfois la même solitude. Plus la communication technique est performante, plus on découvre ce qui la sépare de la communication humaine. Ce livre enthousiaste sur la communication montre les dangers dont il faut la protéger. Pour mieux communiquer, il faut renforcer les identités, retrouver le temps et respecter ce qui nous sépare. Penser la communication, c'est d'abord rappeler qu'il n'y a pas de démocratie sans communication. C'est ensuite développer des connaissances pour garder ses distances à l'égard de tant de promesses. C'est enfin éviter que la communication ne s'abîme dans les intérêts et les idéologies au moment où triomphe sa dimension instrumentale ; bilan de vingt ans de recherches sur la télévision, la culture, la communication et la politique, le journalisme, les nouvelles techniques et l'Europe, cet ouvrage est aussi le regard lucide et courageux d'un chercheur sur sa discipline.
Nombre de pages
402
Date de parution
26/03/1999
Poids
520g
Largeur
152mm
Plus d'informations
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EAN
9782080673305
Titre
Penser la communication
Auteur
Wolton Dominique
Editeur
FLAMMARION
Largeur
152
Poids
520
Date de parution
19990326
Nombre de pages
402,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Jamais, dans une guerre, il n'y aura eu autant de médias impliqués et jamais l'opinion publique n'aura eu à ce point l'impression de ne rien savoir. Jamais autant de journalistes sur le terrain et jamais autant de rumeurs et de désinformation. Jamais autant de direct, mais également jamais autant d'"images en boucle", cent fois revues, et de remplissage. Jamais autant d'informations donc, et jamais un tel sentiment mêlé de frustration et de saturation. Tels sont les faits qui apparurent dès le début de la guerre : l'apparent triomphe de l'information aboutissait au résultat inverse, une défiance radicale à son égard. C'est face au désarroi créé par une telle situation que j'ai voulu comprendre comment les médias traitaient la guerre. C'est pourquoi dès le 24 janvier, en plein conflit, à un moment où personne ne savait qu'il serait si bref. J'ai décidé de faire cette recherche, essayé de comprendre comment l'Histoire pouvait se dire et s'écrire quand on y était immergé avant que la mémoire immédiate des événements ne disparaisse. Telles sont les raisons de ce travail. Il ne s'agit pas d'un pamphlet. Même si le ton en est parfois vif, mais d'une recherche pour tenter de comprendre, en situation de crise, le fonctionnement de l'information dans les médias, pièces maîtresses du fonctionnement des démocraties pluralistes.
Directeur du laboratoire Communication et politique du CNRS, l'auteur étudie la télévision et son influence sur l'espace public. Contrairement aux idées en vogue, il plaide pour une télévision généraliste contre une télévision thématique et fragmentée.
Maastricht clôt quarante années de construction technocratique de l'Europe et ouvre une autre histoire : celle de l'Eurpe démocratique. Avec le suffrage universel s'achève l'Europe des 50 000 et commence celle des 340 millions. Rupture considérable, d'autant plus angoissante qu'elle s'est produite sous nos yeux en direct, en symétrie à l'effondrement du communisme. L'Europe démocratique recquiert une fantastique révolution mentale, où les conditions sociales et culturelles sont plus importantes que les institutions. En un mot, l'Europe démocratique n'est pas la suite de l'Europe économique avec un zeste de suffrage universel en plus. Elle est bien autre chose qui mêle l'Histoire, les valeurs et les idéologies. Tout est à respecter pour mobiliser les citoyens. Et d'abord retourner le gant de la logique technocratique. Il n'y a plus, d'un côté une élite moderniste qui sait à l'avance, et de l'autre des citoyens en retard, frileux, passéistes et nationalistes. Dorénavant, il y a égalité des points de vue et des légitimités. Pour réussir l'Europe des citoyens, il faut partir de leur réalité : la nation, l'identité, la mémoire. Et casser cette tyrannie de la modernité. Le risque, si on refuse de penser les conséquences de Maastricht ? La naissance d'un puissant mouvement qui ferait de l'Europe le parfait bouc émissaire de toutes les difficultés à l'Est comme à l'Ouest. Réussir l'Europe démocratique, la dernière utopie, c'est d'abord accepter de raisonner autrement.
Maastricht clôt quarante années de construction technocratique de l'Europe et ouvre une autre histoire : celle de l'Europe démocratique. Réussir cette Europe nouvelle, la dernière utopie, c'est d'abord accepter de raisonner autrement.