Jamais, dans une guerre, il n'y aura eu autant de médias impliqués et jamais l'opinion publique n'aura eu à ce point l'impression de ne rien savoir. Jamais autant de journalistes sur le terrain et jamais autant de rumeurs et de désinformation. Jamais autant de direct, mais également jamais autant d'"images en boucle", cent fois revues, et de remplissage. Jamais autant d'informations donc, et jamais un tel sentiment mêlé de frustration et de saturation. Tels sont les faits qui apparurent dès le début de la guerre : l'apparent triomphe de l'information aboutissait au résultat inverse, une défiance radicale à son égard. C'est face au désarroi créé par une telle situation que j'ai voulu comprendre comment les médias traitaient la guerre. C'est pourquoi dès le 24 janvier, en plein conflit, à un moment où personne ne savait qu'il serait si bref. J'ai décidé de faire cette recherche, essayé de comprendre comment l'Histoire pouvait se dire et s'écrire quand on y était immergé avant que la mémoire immédiate des événements ne disparaisse. Telles sont les raisons de ce travail. Il ne s'agit pas d'un pamphlet. Même si le ton en est parfois vif, mais d'une recherche pour tenter de comprendre, en situation de crise, le fonctionnement de l'information dans les médias, pièces maîtresses du fonctionnement des démocraties pluralistes.
Date de parution
08/01/1992
Poids
334g
Largeur
136mm
Plus d'informations
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EAN
9782080666376
Titre
War Game. L'information et la guerre
Auteur
Wolton Dominique
Editeur
FLAMMARION
Largeur
136
Poids
334
Date de parution
19920108
Nombre de pages
0,00 €
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Politique, travail, amour, santé, éducation... La communication est partout, tout le temps. Comment expliquer, alors, qu'elle soit si dévalorisée, si caricaturée, malgré plus de liberté, plus de progrès technique, plus d'informations ? Tout devait être plus simple et, pourtant, tout se complique. La communication est un des grands défis politique et culturel du xxie siècle. Premier objectif : cesser de valoriser l'information aux dépens de la communication ! D'autant qu'il n'y a pas d'information sans communication. Dans cette thèse majeure mais minoritaire, Dominique Wolton entend réhabiliter la communication, trop réduite à la com'. Il fait notamment appel au concept d'incommunication, c'est-à-dire à l'éternelle recherche d'une négociation avec autrui. On ne peut pas échapper à l'incommunication, qui n'est pas seulement une incompréhension, mais une étape indispensable dans le rapport à l'autre. Il est essentiel d'apprendre à cohabiter pour essayer de limiter les échecs et les erreurs. L'incommunication devient un concept central pour penser la communication humaine à l'heure du numérique. Pour analyser les contradictions de la communication politique. Pour favoriser la cohabitation sociale et culturelle. Pour combattre l'idéologie technique. En un mot, pour un retour à l'humanisme.
Oui, l'Europe reste la plus grande aventure pacifique et démocratique de l'Histoire. Oui, l'Union européenne réussit à faite cohabiter 450 millions d'individus, répartis dans 27 pays, parlant 24 langues et divisés par d'innombrables contentieux. Depuis soixante ans, le dialogue est ininterrompu et tumultueux. Oui, il est possible de dépasser le scepticisme des Européens, de mobiliser les peuples, de poursuivre cette utopie si originale. L'Europe n'est pas en retard, mais en avance. Non, l'incommunication n'est pas la faiblesse de l'Europe. C'est au contraire son originalité et sa force. Le moteur d'une autre conception de la communication politique. La condition de la démocratie et de la paix. L'Europe repose sur le triomphe du malentendu, de la langue de bois, des dialogues de sourds. Quel projet invraisemblable ! La singularité de l'Europe ? Apprendre à cohabiter sans nier l'autre et refondre les rapports entre identité et universalité. Et demain, pas d'Europe sans remettre les peuples, avec toutes leurs contradictions, au centre de l'Histoire. L'Europe, ou les incommunications victorieuses". Dominique Wolton.
Directeur du laboratoire Communication et politique du CNRS, l'auteur étudie la télévision et son influence sur l'espace public. Contrairement aux idées en vogue, il plaide pour une télévision généraliste contre une télévision thématique et fragmentée.
Résumé : Maastricht clôt quarante années de construction technocratique de l'Europe et ouvre une autre histoire : celle de l'Eurpe démocratique. Avec le suffrage universel s'achève l'Europe des 50 000 et commence celle des 340 millions. Rupture considérable, d'autant plus angoissante qu'elle s'est produite sous nos yeux en direct, en symétrie à l'effondrement du communisme. L'Europe démocratique recquiert une fantastique révolution mentale, où les conditions sociales et culturelles sont plus importantes que les institutions. En un mot, l'Europe démocratique n'est pas la suite de l'Europe économique avec un zeste de suffrage universel en plus. Elle est bien autre chose qui mêle l'Histoire, les valeurs et les idéologies. Tout est à respecter pour mobiliser les citoyens. Et d'abord retourner le gant de la logique technocratique. Il n'y a plus, d'un côté une élite moderniste qui sait à l'avance, et de l'autre des citoyens en retard, frileux, passéistes et nationalistes. Dorénavant, il y a égalité des points de vue et des légitimités. Pour réussir l'Europe des citoyens, il faut partir de leur réalité : la nation, l'identité, la mémoire. Et casser cette tyrannie de la modernité. Le risque, si on refuse de penser les conséquences de Maastricht ? La naissance d'un puissant mouvement qui ferait de l'Europe le parfait bouc émissaire de toutes les difficultés à l'Est comme à l'Ouest. Réussir l'Europe démocratique, la dernière utopie, c'est d'abord accepter de raisonner autrement.