Le présent numéro de Recherches germaniques est consacré aux identités littéraires franco-allemandes, c'est-à-dire à la figure de l'écrivain appartenant, à divers degrés, aux deux systèmes littéraires à la fois. Le présent numéro est consacré aux identités littéraires franco-allemandes, c'est-à-dire à la figure de l'écrivain appartenant, à divers degrés, aux deux systèmes littéraires à la fois. Cette question de l'identité littéraire sera appréciée prioritairement dans sa dimension langagière, en abordant des oeuvres non seulement interculturelles mais situées entre les langues. En proposant un ensemble d'articles couvrant plusieurs époques, il s'agit de jeter les jalons d'une histoire littéraire croisée qui enrichit les cartographies littéraires traditionnelles.
L'oeuvre de Sarah Kirsch (1935-2013), considérée comme l'une des voix poétiques majeures de langue allemande de la seconde moitié du XXe siècle, s'étend sur plus de quatre décennies. Lauréate de nombreux prix prestigieux (Peter-Huchel-Preis 1993, Georg-Büchner-Preis 1996), Sarah Kirsch reste méconnue en France. Les études réunies dans ce volume replacent son oeuvre poétique dans un contexte politique complexe, interrogent la production en RDA, puis, à partir de 1977, celle de RFA. Les contributions de ce volume conjuguent lectures de détail et réflexions d'ensemble et proposent des approches multiples, notamment le rapport de Sarah Kirsch aux éléments, au rôle du moi, à la politique, tout en s'attachant à éclairer les spécificités de la langue poétique et les défis interprétatifs posés par cette écriture.
Lorsque je suis arrivé ici, j'étais un homme mort. Il me semblait "détruit à jamais, le monde merveilleux", et je ne voyais pas d'issue à ce champ de ruines où grouillaient encore les hyènes du champ de bataille, les chacals du mensonge et les serpents qui se repaissent de la pourriture. Comme beaucoup d'autres je déambulais dans une sorte de rêve éveillé, un cauchemar; dans les villes, on continuait de tirer et de crier, et il me semblait bien avoir compris une chose: ce n'est pas avec des coups de feu et des cris que l'on sauvera l'humanité.
Ce livre est un premier essai pour clarifier le chaos de l'art de notre temps, pour séparer ce qui a de la valeur de ce qui n en pas, pour montrer quels sont les intentions et les buts de la peinture et de la sculpture modernes en Europe.
L'histoire de la littérature en Alsace est celle de langues européennes - de leur rencontre difficile, lourde de rivalités, ou fructueuse, source d'une identité ouverte - : le latin médiéval, l'allemand dans les différentes formes de son évolution (vieux-haut-allemand, moyen-haut-allemand, nouveau-haut-allemand) et de ses expressions dialectales (de l'alémanique au francique), et depuis le XVllle siècle, la langue française. Un yiddish alsacien laisse également des traces mémorables. C'est en ce sens que nous pouvons parler de littérature européenne et que l'Alsace est un lieu privilégié d'étude qui dépasse la seule perspective régionale.