Le rituel du serpent. Récit d'un voyage en pays pueblo
Warburg Aby
MACULA
26,00 €
Sur commande, 4 à 6 jours
EAN :9782865896868
Il se pourrait que Le Rituel du serpent soit la meilleure introduction à l'?uvre profonde et singulière d'Aby Warburg (1866-1929), le chemin le plus direct pour atteindre le c?ur de sa pensée. Entreprise à 29 ans, son équipée chez les Hopis nous apparaît comme l'expression spatialisée d'un désir incoercible d'échapper aux confinements, aux conditionnements de son milieu et de sa discipline académique: "J'étais sincèrement dégoûté de l'histoire de l'art esthétisante." Pour ce spécialiste déjà réputé du Quattrocento, attentif à la grande voix impérieuse de Nietzsche, "la contemplation formelle de l'image" ne pouvait engendrer que "des bavardages stériles". Warburg passera cinq mois en Amérique. Il observe, dessine, photographie les rituels indiens. Rentré à Hambourg, il organise trois projections dans des photo-clubs. Puis plus rien. Silence. Il reprend sa vie de chercheur, publie des essais qui feront date: "Art italien et astrologie..." (1912), "La divination païenne et antique dans les écrits et les images à l'époque de Luther" (1920), etc. L'épisode indien est oublié, refoulé. Mais voici qu'en 1923, vingt-sept ans après son enquête chez les Hopis, Warburg, interné dans la clinique psychiatrique de Ludwig Binswanger, à Kreuzlingen, pour de graves troubles mentaux accentués par la guerre, demande avec insistance à prononcer une conférence. Alors ressurgissent devant soignants et malades tous les détail du voyage américain: danses, sanctuaires, parures, gestes, habitats, dessins, rencontres; mais aussi la chaîne d'associations qui, sur le thème ambivalent du serpent - cruel avec Laocoon, bénéfique avec Asclépios, séducteur et mortifère avec les nymphes serpentines de Botticelli ou de Ghirlandaio - n'a cessé d'entraîner Warburg d'une Antiquité millénaire jusqu'aux pratiques cérémonielles des "primitifs" (et vice et versa). Du même coup deviennent inséparables dans sa bouche la part de l'?uvre et la part du rite, la part de "l'énergie naturelle" et la part de "l'intelligence organisée", la part de l'art et la part de l'anthropologie.Ce qu'il cherchait, ce qu'il a trouvé chez les Hopis, il en prend conscience à Kreuzlingen: c'est le point de distance dont il avait besoin pour reformuler son travail, revisiter l'art européen: "Après mon retour, écrira-t-il en 1927, je me penchai sur la culture florentine du Quattrocento, afin d'examiner sur une tout autre base, plus large cette fois, la structure psychique de l'homme de la Renaissance." Son "pas de côté" dans l'univers "primitif" des Indiens a permis à Warburg d'en terminer avec l'idée de l'?uvre comme fin en soi, réduite à la delectatio, de dépasser l'histoire du goût, le connoisseurship, l'attributionnisme, le biographisme, le formalisme restreint de Wölfflin. A ses yeux, l'art relève de l'anthropologie culturelle, et rien ne doit échapper aux investigations du chercheur ethnologie, mais aussi astrologie, mythologie, théories du geste, psychologie... Warburg est par excellence le héraut du décloisonnement des savoirs. Introduit par l'historien de l'art joseph Koerner, Le Rituel du Serpent s'accompagne du journal tenu par Warburg aux Etats-Unis, d'un texte de son élève et successeur Fritz Saxl, "Le voyage de Warburg au Nouveau-Mexique" (1930), et d'un essai inédit de Benedetto Cestelli Guidi sur Warburg collectionneur d'objets pueblos.
Nombre de pages
199
Date de parution
15/03/2003
Poids
350g
Largeur
161mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782865896868
Titre
Le rituel du serpent. Récit d'un voyage en pays pueblo
Auteur
Warburg Aby
Editeur
MACULA
Largeur
161
Poids
350
Date de parution
20030315
Nombre de pages
199,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Au XVe siècle, " l'Antiquité " n'exige pas nécessairement des artistes qu'ils abandonnent les formes d'expression tirées de leur observation personnelle. Elle ne fait qu'attirer leur attention sur le problème le plus complexe des beaux-arts : saisir dans une image le mouvement de la vie.
Livre neuf. L'atlas mnémosyne par Aby Warburg.Si Aby Warburg a été le premier à définir une méthode d'interprétation iconologique, s'il a créé une bibliothèque des sciences de la culture unique au monde, l'innovation décisive qu'il a introduite dans le champ épistémologique de l'histoire de l'art est bien Mnémosyne : oeuvre absolument originale et unique, dont l'ambition n'est rien moins que de poser les fondements d'une grammaire figurative générale, et qui ouvre des perspectives dont la portée n'a pas encore été totalement mesurée. Par la complexité des problèmes auxquels s'est confronté Warburg face à cet immense corpus d'images, c'est l'attention de l'ensemble des sciences humaines qu'il a attirée sur son oeuvre. Resté inachevé à la mort de l'auteur, ayant mobilisé l'énergie intellectuelle et physique de ses dernières années, Mnémosyne peut être considéré comme l'aboutissement de toutes ses recherches. Il constitue le plus ambitieux corpus d'images jamais réuni, dont la genèse et l'évolution sont liées à une pratique discursive et à un mode de transmission du savoir que préconisait Warburg, mais qu'il convient aussi d'examiner sous l'angle de ses relations avec le problème de la mémoire et avec sa bibliothèque. L'essai de Roland Recht se propose de replacer ce work in progress dans son contexte intellectuel.
Sander, Evans : ils ont produit quelques-unes des icônes du XXème siècle tout en prétendant n?y être pour rien. Le «Style documentaire» (la formule est d?Evans, 1935) relève du paradoxe. Par quel miracle ces photographes qui présentent leur oeuvres comme des duplications du monde, de purs reflets, qui assurent que c?est le motif qui fait la photo, que c?est le modèle qui dicte l?image, par quel miracle ces réductionnistes, ces objectivistes ont-ils non seulement engendré une suite infinie de disciples mais aussi fourni les témoignages les plus durables sur l?Allemagne de Weimar (Sander) et sur l?Amérique de la Dépression (Evans) ? Comment interpréter cette «neutralité» efficace ? Comment cette «absence» supposée de l?auteur a-t-elle suscité l?excès de présence des oeuvres ? Par quelle alchimie l?«effacement» radical de l?artiste a-t-il pu devenir le comble de l?art ? Olivier Lugon a consacré plusieurs années au Style documentaire, tant aux Etats-Unis qu?en Allemagne. Il a travaillé à Berlin (en particulier sur le fonds Sander), dépouillé à New York les archives de la FSA (Farm Security Administration), interrogé les survivants. Il a lu les périodiques, les correspondances, les catalogues, les livres de l?entre-deux guerres. Il a rassemblé une masse d?informations sans équivalent dans l?édition française et internationale. Le paradoxe du Style documentaire ne pouvait s?éclairer que par l?analyse du contexte institutionnel, esthétique et politique de la période. Il fallait reprendre de fond en comble l?histoire de la photographie entre 1920 et 1945. Olivier Lugon nous décrit le rôle et l?accrochage des grandes expositions internationales en Allemagne, l?activité des premières galeries, les fluctuations de la FSA pendant le New Deal, les rapports de Sander avec le groupe des Artistes progressistes de Cologne ; il nous révèle la qualité et l?ardeur polémique d?une prose critique souvent rédigée par les photographes eux-mêmes (W. Evans, B. Abbott, A. Renger-Patzsch, R. Hausmann) ou par des théoriciens : W. Petry, W. Benjamin, S. Kracauer en Allemagne, L. Kirstein ou E. MacCausland aux Etats-Unis. Ceux-là s?interrogent sur l?impersonnalité comme valeur, sur les notions de vérité et de témoignage, sur la spécificité supposée du médium, sur la pertinence de la série et de la séquence, sur le statut de la légende, sur le portrait avec et sans pose, sur la photo de famille, sur la prise de vue à l?aveugle, etc. Du même coup, les photographes du Style documentaire inventent leur passé en sortant de l?oubli les grandes figures qui les ont précédés : Eugène Atget (dont Berenice Abbott acquiert le fonds), Lewis Hine, Mathew Brady, Julia Cameron... Ils promeuvent la carte postale, les clichés anonymes, en appellent aux photographes amateurs. Au tournant des années quarante, un fantasme d?exhaustivité mobilise les photographes du Style documentaire et leurs suiveurs. Déjà Sander, en 1931, se donnait comme programme «une vision d?ensemble des habitants de la Terre» et B. Abbott, en 1937, prétendait «représenter le monde entier». Désormais, il s?agit de tout montrer, de tout conserver pour l?avenir, de fixer chaque maison, chaque quartier, chaque ville, chaque métier, chaque paysage... Ces images qui affluent par millions posent dans l?urgence la question de l?archivage. Que conserver ? et comment ? selon quelle taxinomie ? et même : avec quels fichiers, quels classeurs, quel mobilier, quelles institutions ? Cette prolifération incoercible, et une vision jugée trop neutre, trop froide de la réalité en un temps, celui de la guerre, où s?activent les propagandes, entraînent dans les années quarante l?éclipse du Style documentaire. Il ressurgira vingt ans plus tard, suscitant d?innombrables disciples : Diane Arbus, Lee Friedlander, Garry Winogrand, Bernd et Hilla Becher, ainsi que leurs élèves : Thomas Ruff, Thomas Struth, Andreas Gursky - et fournira une grille de lecture pour l?ensemble de la production. Mais le rayonnement de ces images ne se limite pas à la photo. Le Style documentaire - en premier lieu le travail de W. Evans - influencera durablement l?art américain d?après-guerre : du pop art au minimalisme, de Jasper Johns à l?art conceptuel. Jamais le rôle fondateur de la photographie dans l?histoire de la représentation figurative n?aura été à ce point manifeste.
Plus de soixante-dix ans après sa mort, les propos de Cézanne restaient dispersés dans des publications inaccessibles : journaux d'époque, mémoires, plaquettes épuisées.Propos tenus devant des visiteurs français ou étrangers, peintres, poètes, critiques. Il y est question de Poussin et d'Holbein, de Véronèse et de Chardin, de Monet, Renoir, Pissarro et Gauguin. Mais surtout nous saisissons sur le vif les opinions de Cézanne sur sa propre peinture : éclats d'une langue inimitable, nourrie de concision latine, et comme épousant, dans sa brièveté, le mouvement de la touche.Ces textes sont rassemblés pour la première fois dans ce volume. Ils sont présentés et annotés par Michael Doran, bibliothécaire du Courtauld Institute of Art de Londres, et spécialiste de la littérature cézannienne.