Simone Rabatel a traversé le xxe siècle. Très vite indépendante, née dans l'une des vingt grandes familles dauphinoises dont elle se détache très jeune, élève de Jacques Chevalier et d'Henri Bergson, elle fut la première femme à enseigner la philosophie à Fort-de-France. Amie de Césaire et Senghor, puis de Monnerville, elle participe activement au courant identitaire et anticolonial de la Négritude.Ce sera au Zaïre, République démocratique du Congo, qu'elle proposera son enseignement universitaire et créera l'enseignement de « l'indépendance ménagère, éducative et libre » aux épouses des étudiants.Succédant à Aron et à Sartre comme professeur de philosophie au Lycée du Havre en 1939, c'est en banlieue parisienne qu'elle s'engage comme porteuse de messages pour la Résistance où elle pense être sa place dès 1941. Féministe, engagée dans le combat pour la Liberté et la promotion du savoir pour tous, on la retrouve dans les années 60 philosophe à la prison de Fresnes et professeur de la discipline à l'Opéra de Paris.
Paysans est le mot propre. Coeur est le mot acceptable par tous : esprit, âme, être... cultivateurs, céréaliers, viticulteurs, arboriculteurs, éleveurs, maraîchers, polyculteurs, pépiniéristes, agronomes... chacune et chacun s'y retrouvent. La "souffrance au travail" existe depuis la nuit des temps. Elle mixe la soumission aux plus forts, aux plus puissants, mais aussi à un patron despote, à un syndicaliste totalitariste, à un riche, à un des siens, avec sa passion. On abuse de sa passion. Voilà où peut se nicher la pensée suicidaire. La soumission est aussi à l'économie, au marché, aux normes ; elle est encore à nos habitudes, à notre origine, aux intempéries, au relief, à la nature des terres, aux incompréhensions familiales, aux jalousies d'amour et de succès. Elle se promène dans nos gênes psychologiques, par descendance et héritage, ou nécessité, ou choix plus ou moins imposé, ou passion exprimée et réalisée. Nous n'avons pas par hasard une "âme de paysan" , un "travail d'agriculteur" !
Patrick Vincelet, professeur d'université, auteur d'ouvrages de psychologie, de sociologie et de médecine, évoque ici ses souvenirs de pensionnat. A travers le fonctionnement d'un établissement de mille garçons, il réfléchit aux règlements et aux valeurs éducatives et pédagogiques des années 1945 à 1965. En fin observateur de ses contemporains, l'auteur dresse ensuite une galerie de portraits des maîtres, des pions et des élèves, avec une nostalgie des chahuts et des farces. Il fait revivre un joyau de notre tradition scolaire et une bonhomie perdue.
Itinéraire d'un jeune homme depuis sa ville natale du Havre jusqu'aux collines du Perche et ses nombreux mystères. Un voyage initiatique au cours duquel il découvrira une part de son identité, rencontrera d'inquiétants personnages, d'autres lumineux qui l'aideront à quitter sa chrysalide pour prendre son envol vers la vie.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...