La Face B de la matière" est un texte sur l'anarchie sous forme de documentaire scénique, où la rhétorique n'est qu'une métaphore de l'échec. L'anarchie comme politique et comme caprice de la matière dans le corps, l'anarchie du premier acteur de tous les temps : Lucifer. C'est un récit de la dévoration des êtres entre eux et aussi de leur formidable capacité à détruire toutes les espèces vivantes. C'est une fable sur la vengeance de tout ce que les humains tuent pour qu'existent l'imagination et la fiction. Il y est question d'une meurtrière à qui l'on transplante le coeur d'un ours polaire et qui part faire un road trip d'hôtel en hôtel, composant ainsi un opéra à l'intrigue simple et classique : un requin tombe amoureux d'une requine qui le repousse. Le requin lui apporte alors un petit bouquet de touristes ensanglantés en provenance d'une plage et chante tragiquement son amour. Enfin, c'est un récit sur ce que nous engloutissons et ce que nous recrachons, de la matière et des mots, pour combler le néant qui nous forme. La salle de théâtre où se joue la pièce devient alors l'un des protagonistes, un vide ancestral que les femmes et les hommes essaient sans cesse d'emplir.
Nombre de pages
58
Date de parution
09/11/2020
Poids
110g
Largeur
148mm
Plus d'informations
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EAN
9791094225240
Auteur
Villarreal Alberto ; Ferré David
Editeur
ACTUALITES EDIT
Largeur
148
Date de parution
20201109
Nombre de pages
58,00 €
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Étude de trois cauchemars d'un homme à la tête de chat" reprend les faits réels de trois féminicides survenus entre 1986 et 2006 au Costa Rica, dont celui du massacre de la Croix d'Alajuelita où sept femmes ¿ dont six étaient des adolescentes et des enfants ¿ ont été violées avant d'être assassinées. Ce texte propose des stratégies dramaturgiques radicales par le biais d'une mise en abîme du récit où sont intégrées des marionnettes elles-mêmes masquées. Étayé par des répliques dramatiques qui font honneur au dialogisme littéraire du roman, à des locutions sans corps, ce texte est structuré par des relations rhizomiques pour aborder l'impunité et l'enchevêtrement juridique de l'une des plus grandes affaires du système judiciaire costaricien. Un univers esthétique saturé de mythes, de rituels et de cauchemars s'y déploie à partir des éléments du film noir et d'êtres thériomorphes donnant voix à un ch?ur de témoignages qui aujourd'hui encore, restent sans réponse. La chasse à l'homme qui en découle s'inspire du Projet eDihS : « équipe D'investigation sur les homicides en Série », qui ne fait qu'attester de notre impuissance à désamorcer des images ancestrales toujours fuyantes.
« Un corps se déplace » est un voyage à travers les différents espaces habités par un corps et ceux de ses aïeux. Un corps qui cherche son propre ancrage dans l'instant présent et ne cesse pourtant de se déplacer ou d'être déplacé. D'un point de vue dramaturgique, cela revient à mettre une maison dans une autre, une pièce dans une autre, et être à l'écoute de leur façon de communiquer entre elles. Les actions se déroulent simultanément en Avignon, à Valence et à Madrid. Trois possibilités pour un même corps de comprendre la signification du mot « foyer », une tentative de trouver un équilibre entre ce qui perdure et ce qui est anéanti, à une époque où l'accumulation des biens, des flux émotionnels et la vitesse camouflent parfois l'essence de nos vies. Il s'agit donc, aux dires de l'autrice, « de l'histoire des héritages brisés ou recomposés par les nouvelles générations, le tout à travers un regard en mise en abyme et à partir d'autofiction et de récits personnels. » Le dédoublement de l'héroïne dans un corps qui se déplace dans divers temporalités convoque aussi une question de théâtre en invoquant des corps absents et avec lesquels il convient de vivre, ou qu'il convient de retrouver par la modalité de l'enquête biographique. Il s'agit par ce biais de donner accès à des réalités effacées.
Les textes (sélection) que nous présentons du recueil La pomme et la flèche ouvrent de nombreuses réflexions tant artistiques que sociales. Ni essais ni pièces de théâtre, ils redonnent vie à une pulsion de théâtre sous formes d'entretiens et d'articles de presse. Nous pourrions nous aventurer à dire qu'ils constituent une archive vivante de littérature dramatique, et à la fois un manifeste en faveur du théâtre. Antón Arrufat nous y livre une réalité théâtrale aujourd'hui disparue, souvent insaisissable parce que précisément il nous manque, à nous lectrices et lecteurs d'aujourd'hui, le présent de jadis, le présent de l'auteur au travail. Il convient alors d'en construire une mémoire culturelle. Véritables vignettes documentaires, ces écrits attestent d'une solide connaissance de la scène internationale et cubaine du XX siècle, et mettent en regard les différentes composantes théâtrales, loin de la logique actuelle du créateur scénique omniscient. Tous ces aspects nous ont convaincus de la nécessité de faire découvrir cette approche de la dramaturgie, pensée depuis l'expérience du plateau et de l'écriture. Voilà donc un premier échelon vers un autre dialogue entre le théâtre français et le théâtre hispanophone.
Approche de l'intérieur d'une baleine" nous parle des désastres intimes et politiques que provoque le trafic de drogue, tout particulièrement au Mexique, et de la solitude qui en découle. Deux soldats découvrent une caisse de cocaïne dans la bouche d'une baleine échouée en Basse-Californie sur la plage de La Paz. Mais voilà, ils décident de ne rien dire, de garder la drogue avec eux et de quitter l'armée pour se consacrer à son commerce juteux ! C'est ainsi que sans jamais avoir imaginé une telle situation, ils se retrouvent eux-mêmes enfermés à l'intérieur d'une baleine, dans les méandres symboliques d'une carcasse, d'un labyrinthe cauchemardesque. La narratrice, une très jeune femme, elle, va vivre une histoire qu'elle croit être de l'amour avec l'un d'eux et va s'extraire d'elle-même pour nous raconter la violence, l'enfermement et la perversité d'une telle relation. Son propre langage, elliptique, en est dévasté, et sa mère, qui connaît l'écueil de cette réalité se repliera, résignée, dans un mutisme médicamenteux à coup de somnifères. Ce texte s'apparente à un manifeste sur l'urgence à dénoncer les pratiques funestes qui construisent le monde d'aujourd'hui, là où les substances chimiques en sont le poison.