Il n'est pas de langue plus énergique, plus colorée que celle de ce monde souterrain qui, depuis l'origine des empires à capitale, s'agite dans les caves, dans le troisième-dessous des sociétés. Chaque mot de ce langage est une image brutale, ingénieuse ou terrible. Une culotte est une montante. En argot on ne dort pas, on pionce. Remarquez avec quelle énergie ce verbe exprime le sommeil particulier, la bête traquée, fatiguée, défiante, appelée Voleur. Tout est farouche dans cet idiome. Les syllabes qui commencent ou qui finissent, les mots sont âpres et étonnent singulièrement. Une femme est une largue. Et quelle poésie ! la paille est la plume de Beauce. Le mot minuit est rendu par cette périphrase : douze plombes crossent ! Ça ne donne-t-il pas le frisson ? L'argot va toujours, d'ailleurs ! il suit la civilisation, il la talonne, il s'enrichit d'expressions nouvelles à chaque nouvelle invention. Les novateurs modernes écrivent des théories pâteuses, filandreuses et nébuleuses, ou des romans philanthropiques ; mais le voleur pratique ! il est clair comme un fait, il est logique comme un coup-de-poing. Et quel style !... Balzac
Nombre de pages
69
Date de parution
15/10/2007
Poids
87g
Largeur
120mm
Plus d'informations
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EAN
9782845780668
Titre
L'argot des voleurs
Auteur
Vidocq Eugène-François
Editeur
MANUCIUS
Largeur
120
Poids
87
Date de parution
20071015
Nombre de pages
69,00 €
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Ah ! M. de Balzac, si j'avais votre bonne plume, quel roman je ferais de ma vie ! ". Ce propos prêté à E.F. Vidocq (1775-1857), ex-bagnard devenu chef de la police de sûreté, illustre le destin étonnant d'un contemporain de Napoléon et du fabuleux Louis XVII ressuscité sous les traits de Naundorf. Combattant à l'âge de dix-sept ans à Valmy et Jemmapes, capitaine de " l'armée roulante " (exclusivement composée de faux officiers), marchand-bonnetier entre deux incarcérations, chef de la police, fabriquant de papiers et cartons, inventeur d'une serrure incrochetable et d'une encre infalsifiable, fondateur d'une officine de police privée bien avant les Pinkerton en Amérique, Vidocq a trouvé le temps d'écrire une vingtaine de volumes. Inspiré par son expérience, ils font de lui un Saint-Simon de la pègre. A ses Mémoires de chef de la police de sûreté jusqu'en 1827, " Bouquins " ajoute son essai sur les Voleurs, véritable anti-manuel de l'art de détrousser son prochain. Un ensemble de documents révèle l'influence de Vidocq sur les écrivains marquants de son temps : Balzac auquel il enseigna la " langue verte " et inspira le personnage de Vautrin, Victor Hugo, à travers Jean Valjean, Eugène Sue, Alexandre Dumas ... et Edgar Poe. Francais Lacassin
Les Mémoires de Vidocq" est une autobiographie écrite par François Eugène Vidocq, un personnage historique français du XIXe siècle. Vidocq était un ancien bagnard qui est devenu un célèbre chef de police et un précurseur de la police criminelle moderne en France. Ses mémoires ont été publiées pour la première fois en 1828 et ont eu un impact significatif sur la littérature policière et l'image publique de Vidocq. Dans ses mémoires, Vidocq raconte son parcours de vie tumultueux, de sa jeunesse difficile à son évasion de plusieurs prisons, en passant par son recrutement par la police. Il décrit en détail ses activités en tant qu'espion et détective, ses enquêtes sur divers crimes et son rôle dans la création de la première brigade de police criminelle à Paris. Les mémoires de Vidocq offrent un aperçu fascinant de la criminalité, de la justice et de la police en France au début du XIXe siècle. Ses aventures et ses anecdotes, parfois rocambolesques, ont contribué à établir sa réputation en tant que personnage hors du commun. Si vous êtes intéressé par les récits de vie, l'histoire criminelle ou les mémoires de personnalités historiques, "Les Mémoires de Vidocq" peut vous fournir une source précieuse d'informations et un aperçu captivant de la vie de Vidocq et de l'époque dans laquelle il a vécu.
u c'ur d'un salon parisien chez la marquise d'Espard, une conversation brillante réunit gens du monde, artistes et diplomates. Le point d'orgue de cette soirée mondaine est le récit confidentiel du Premier ministre Henri de Marsay.De Marsay raconte à ses convives comment il est devenu un monstre de sang-froid et un homme d'État accompli à travers une blessure de jeunesse. À dix-sept ans, éperdument amoureux d'une femme plus âgée, il découvre un jour par le plus pur des hasards, qu'elle le trompait cyniquement. Face à cette première trahison, au lieu de céder à une vengeance vulgaire ou à la colère d'un Othello, il choisit l'observation et le mépris silencieux. C'est ce moment de rupture qui forge sa stature politique, lui apprenant la qualité essentielle de l'homme d'État : savoir être toujours maître de soi et demeurer invariablement le spectateur froid de ses propres passions.Véritable carrefour de La Comédie humaine, publié en 1842 dans les Scènes de la vie privée, Autre étude de femme explore la psychologie féminine et les codes sociaux de la Restauration. Balzac y sublime l'esprit français à travers une joute oratoire où l'intime rencontre le politique, faisant du salon un laboratoire du pouvoir et des passions humaines.
Paris est la proie d'un immense chantage. Trois malfaiteurs fondent une redoutable association qui va faire trembler la capitale jusqu'aux moindres de ses tréfonds. Dans l'ombre, le placeur de domestiques Mascarot, le médecin homéopathe Hortebize et l'avocat Catenac recueillent méthodiquement les honteux petits secrets de la population parisienne. Au bout de vingt-cinq années d'efforts opiniâtres, ils disposent d'une mine de renseignements suffisamment fournie pour mettre enfin à exécution leur plan machiavélique. Autour de ces passions humaines si banales que sont l'amour, l'ambition et l'argent, les très nombreux personnages de l'intrigue tourbillonnent sans se rendre compte du piège tendu qui se referme inexorablement. Paris ne deviendra-t-il qu'un gigantesque marché aux esclaves ? Qui sera en mesure d'assembler toutes les pièces du puzzle afin de déjouer la formidable machination ? Monsieur Lecoq peut-être ?...
Géographe d'envergure proprement planétaire, familier des phénomènes de glaciations et des immenses espaces sibériens, Pierre Kropotkine (1842-1921) mériterait d'être qualifié, souverainement, de "Prince de l'anarchie". Prince, il l'est de fait, par son appartenance à l'aristocratie russe, au point de faire partie de la cour des Pages du Tsar, et Anarchie, par sa décision, unique dans l'histoire, d'abandonner ses terres, son rang d'officier des Cosaques, et de s'engager comme militant à part entière de l'action et de la pensée anarchistes, dont il rédige des textes devenus des références incontournables - sur l'éthique, comme souci majeur de l'homme, la solidarité comme principe de l'évolution, l'esprit de révolte comme structure inhérente de l'âme humaine (L'Homme révolté, comme dira Camus). L'Esprit de Révolte, courte analyse d'une clarté exemplaire, vaut aussi par sa manière originale d'aborder l'histoire, en focalisant l'intérêt sur sa face d'ombre, sur l'action, singulière, matricielle, de ces "sentinelles perdues", "individus héroïques" et presque toujours anonymes, qui mirent, littéralement parlant, le feu aux poudres, et symboliquement parlant, suscitèrent l'éveil à la lutte et l'entrée volontaire dans l'organisation économique, politique, sociale et culturelle des masses exploitées, manipulées, hallucinées, dupées. Ne l'entendez-vous pas, aujourd'hui, hurler, à travers la planète entière - l'esprit de la révolte?