L'envers de la médaille. Mondrian, Dubuffet : les pouvoirs publics et l'opinion
Viatte Germain
ATELIER CONT
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EAN :9782850350368
Mondrian et Dubuffet, hommes et ?uvres, n'offrent à première vue aucune espèce de ressemblance. Toutefois, la temporalité propre à l'affirmation de leur personnalité artistique, et surtout le rapport de l'opinion et des institutions à leur travail, présentent des analogies telles qu'elles peuvent paraître non seulement instructives, mais significatives et même exemplaires quant à certains aspects de la vie artistique du XXe siècle en France. «?Tous deux, relève Germain Viatte, eurent à affronter un aveuglement insistant de l'opinion, même spécialisée et, pour Dubuffet, une adversité consentie, qui ne s'apaisa qu'au début des années 70, lui faisant même craindre de perdre sa position d???ennemi public???» Il est vrai qu'il fallait, pour établir ce constat, le regard d'un «?homme de l'intérieur?» doublé d'un historien. Appuyé sur un travail documentaire faramineux qui accorde la plus grande place au point de vue individuel des acteurs de l'histoire ? artistes, écrivains, marchands, complices, amateurs et représentants des musées ?, L'envers de la médaille, comme le suggère son titre, dépeint la face moins reluisante de deux éclatantes réussites artistiques?: deux itinéraires marqués par un isolement tantôt subi, tantôt choisi, et jalonnés, ou couronnés, par des acquisitions publiques plus ou moins heureuses. À cet égard, le récit des pieds-de-nez de Dubuffet aux institutions officielles de la culture (don de plus de cent cinquante de ses ?uvres au Musée ? privé ? des Arts Décoratifs, installation de la Collection de l'Art Brut à Lausanne), ou celui de l??«?Affaire Mondrian?» (un achat de faux par le tout jeune Centre Pompidou en 1978) ne constituent que les épisodes les plus sensationnels de la reconstitution menée par Germain Viatte, témoin de premier plan. Reconstitution, ou état des lieux?? L'auteur, participant de la première heure dans l'aventure Beaubourg, le signale en conclusion?: «?Ces deux textes sont longtemps restés dans mes tiroirs, bloqués par une sorte d'embarras devant les contradictions qu'ils peuvent révéler dans l'exercice délicat des musées en un temps supposé glorieux, celui des années 60/70, qui vit l'érection au c'ur de Paris d'un objet architectural et urbain véritablement extraordinaire, le Centre Georges Pompidou.?» En pérennisant la mémoire de ces itinéraires d'artistes, il fournit, de fait, d'importants éléments de réflexion sur les politiques muséales, à l'heure où Beaubourg «?va devoir affronter de nouvelles conditions de rayonnement ainsi qu'une rénovation architecturale majeure.?»
Nombre de pages
396
Date de parution
11/06/2021
Poids
690g
Largeur
165mm
Plus d'informations
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EAN
9782850350368
Titre
L'envers de la médaille. Mondrian, Dubuffet : les pouvoirs publics et l'opinion
Auteur
Viatte Germain
Editeur
ATELIER CONT
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165
Poids
690
Date de parution
20210611
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396,00 €
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le voudrais passionnément que Paris possède un centre culturel [...] qui soit à la fois un musée et un centre de création où les arts plastiques voisineraient avec la musique, le cinéma, les livres, la recherche audiovisuelle. [...] Tout cela coûte cher [...] Mais [...] si l'objectif est atteint, ce sera une réussite sans précédent. "Lorsque Georges Pompidou livre ces mots au Monde en 1972, sa décision est prise depuis 1969. Et malgré les années de vives polémiques qui s'ensuivent - sur sa nécessité même, sur le lieu choisi, le plateau Beaubourg, sur son architecture aux allures de" raffinerie ", le Centre Pompidou ouvre ses portesle 1er février 1977. Aussitôt, le public s'y presse un masse, découvrant sa désormais incontournable BPI, son CCI, Ircam et ses recherches acoustiques la richesse clé son musée, le Mnam et ses mémorables expositions, un calendrier quotidien de spectacles, de colloques de conférences, de rencontres. C'est à l'histoire de ces trente" années Beaubourg "que nous convie Germain Viatte, trente ans d'une activité culturelle sans précédent, dont le public ne saurait aujourd'hui se passer. Biographie de l'auteur Conservateur général du patrimoine, Germain Viatte était dans l'équipe de programmation du Centre Beaubourg / Georges Pompidou. Il y a été chargé ensuite de la Documentation, des Collections et de certaines grandes expositions (" Paris-Paris "," Présences Polonaises "," Le japon des avant-gardes "). De 1986 à 1990, il a créé et animé la Direction des musées de Marseille puis dirigél'Inspection des musées de France, avant de revenir au Centre Pompidou où il a dirigé le Mnam-Cci de 1992 à 1997. Il a récemment. été chargé de diriger le projet muséologique du musée du quai Branly."
Dans la présentation de ses collections permanentes, le musée du quai Branly a souligné les qualités esthétiques et techniques de traditions locales qui, dès le moment de leur collecte, se trouvaient menacées par l'uniformisation de la mondialisation. En refusant de privilégier le luxe et le paraître, le mouvement mingei, entraîné par le penseur Soetsu Yanagi et soutenu par une nouvelle génération d'artistes-artisans, s'est efforcé dès les années 1920 de révéler la beauté des objets d'usage quotidien et leur dimension spirituelle. Il s'est aussi préoccupé des conditions du développement futur de l'artisanat. Cette prise de conscience collective, qui ne refusait pas le modernisme et qui a bénéficié de la venue au Japon de Bruno Taut, de Charlotte Perriand et d'Isamu Noguchi, s'est exprimée dans certains aspects du design dès l'après-guerre où l'action de Sori Yanagi, fils de Soetsu, a été déterminante.
des Forêts Guillaume ; Rabaté Dominique ; Bettenco
Prolongeant la publication en 2015 des oeuvres complètes de Louis-René des Forêts en "? Quarto ? ", ce livre collectif présente pour la première fois de manière exhaustive tout l'oeuvre peint et dessiné de l'écrivain. On connaissait déjà par des expositions dans les années 70 et par des publications en revue (notamment le "? Cahier du Temps qu'il fait ? " en 1991, certaines reproductions dans le "? Quarto ? ") l'activité picturale de Louis-René des Forêts, à laquelle il s'est consacré durant plusieurs années alors qu'il avait cessé d'écrire. Mais on en avait jamais eu que des vues partielles, plus ou moins bien reproduites. C'est donc un manque que vient combler cette publication collective, en permettant de reproduire en grand format les soixante et une peintures de l'auteur et la totalité de ses dessins. L'ouvrage sert donc de catalogue raisonné de toute cette oeuvre secrète pour la donner à voir de la façon la plus exacte et la plus agréable, de la découvrir enfin dans l'ampleur et l'originalité de ses compositions, dans la variété de ses réalisations plastiques. Reprenant son titre à celui d'un des tableaux de des Forêts, cet ouvrage propose aussi une véritable enquête biographique et critique de la constitution de l'oeuvre picturale, en reprenant patiemment la chronologie des dessins et des tableaux, pour établir précisément l'archéologie ancienne d'une activité qui remonte aux années de collège entre 1930 et 1932. On trouvera ainsi l'ensemble des dessins que le jeune des Forêts fait sous nom d'emprunt de ses camarades et de ses maîtres, et où il jette les bases de l'univers adolescent qui irrigue son oeuvre jusqu'à Ostinato. On découvrira aussi une série de dessins de facture plus réaliste, des choses vues prises plus ou moins sur le vif, comme lors d'un voyage en Angleterre en 1970. Il faut donc souligner que l'ouvrage donne accès pour la première fois à une part véritablement cachée de l'oeuvre, qui est ainsi mise en rapport avec les tableaux, eux aussi donnés à voir pour la première fois de façon exhaustive, et dans un format qui leur rend mieux justice. Cessant d'écrire entre 1968 et 1974, Louis-René des Forêts trouve dans la liberté du dessin et dans l'aventure de la gouache une autre manière de s'exprimer, sans doute plus proche d'un monde onirique auquel il donne libre cours, dans des compositions souvent baroques qui jouent des effets de redoublement et de miroir. Quand il entreprend à partir de 1975 "? Légendes ? " qui deviendra Ostinato, il pose définitivement crayons et pinceaux. Mais le détour par la peinture, par les visions qui s'imposent à lui pendant ces années, a nourri le retour à une écriture poétique et obliquement autobiographique. Pour accompagner ce voyage dans les tableaux et les dessins, l'ouvrage propose aussi plusieurs pistes de réflexion sur les liens entre écriture et dessin. L'introduction de Dominique Rabaté revient sur la puissance onirique des tableaux. Bernard Vouilloux établit avec soin la chronologie des dessins en commentant précisément leur évolution. Pierre Vilar déplie les trois temporalités qui fabriquent le pouvoir d'étrangement de visions qui consonnent avec celles de Klossovski ou de Bettencourt (dont les textes sont ici repris en fin de volume). Nicolas Pesquès suggère deux récits critiques qui rendent compte du hiatus et des liens entre littérature et peinture chez des Forêts.
Sans qu'on y prête attention la notion de chef-d'oeuvre est sortie du vocabulaire de l'art contemporain. On ne parle plus de chef-d'oeuvre que pour l'art du passé, et encore. Pris séparément, les mots qui composent l'expression sont eux-mêmes démodés. A l'heure du management libéral, "Chef" et "oeuvre" sonnent trop "vieux monde" , on ne trouve plus de chefs que dans quelques niches : les gares, les cuisines, les orchestres symphoniques... ! Les artistes pensent davantage leur production comme un continuum au sein duquel les pièces découlent les unes des autres et pour lequel c'est la cohérence de l'ensemble qui fait sens. A l'heure des réseaux sociaux et de l'interactivité sans fin, il y a dans "chef" et dans "oeuvre" quelque chose de bourgeois et de vaniteux qui date. Les historiens eux-mêmes n'utilisent plus guère le mot, même pour les oeuvres anciennes préférant laisser cette forme superlative à la littérature touristique et à l'emphase des marchands. On peut donc se demander de quoi cette disparition est-elle le symptôme, par quoi elle a été comblée et ce qu'est devenu ce mot maintenant qu'il ne joue plus son rôle de référence absolue, s'il a rejoint les poubelles de l'Histoire ou s'il se tient tapi dans des limbes d'où l'on peut s'attendre de le voir surgir à un moment ou à un autre. Le livre se propose de voir ce qu'il en est du chef-d'oeuvre aujourd'hui et si sa disparition est un symptôme permettant de comprendre notre contemporanéité. Deux textes pour deux approches différentes, celle d'un artiste et celle d'un critique. Deux approches qui se reflètent, se complètent, se contredisent... pour que chacun puisse faire le procès critique de cette notion.