L'industrie au village. Essai de micro-histoire (Arles-sur-Tech, XIVe et XVe siècles)
Verna Catherine
BELLES LETTRES
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EAN :9782251447605
Le Moyen Age n'est pas uniquement le temps des seigneurs et des paysans, ni celui des métiers urbains et de l'artisanat. L'industrie et l'innovation technique ne sont pas exclusivement le champ d'action des marchands banquiers des grandes cités. Cet ouvrage, fondé sur une enquête au plus près des sources, et qui emprunte ses méthodes à la micro-histoire, restitue une autre réalité et propose un autre modèle économique des campagnes médiévales. Le lieu en est la vallée du Vallespir qui borde le massif du Canigou (Pyrénées-Orientales) et, en particulier, le bourg d'Arles-sur-Tech. Le temps est celui de la fin du Moyen Age, les XIVe et XVe siècles, quand la Couronne d'Aragon s'étend au nord des Pyrénées. Des milliers d'actes notariés témoignent encore aujourd'hui de la passion de l'écrit qui traverse cette société de montagne et se concrétise dans les études des notaires des bourgs et des villages. Les affaires s'y nouent, les contrats sont établis, les réussites et les échecs enregistrés. La vallée du Vallespir est un district industriel, traversé et unifié par des circulations de produits, de capitaux et de savoirs, portées par des entrepreneurs ruraux dont les biographies ont été patiemment reconstituées. Elles permettent d'explorer de façon neuve l'économie des campagnes. Entreprises muletières, teintureries et ateliers de corroyage, mines, forges et fonderies, scieries sont des lieux de travail où se croisent mains-d'oeuvre locales et étrangères, souvent qualifiées et aux horizons lointains. Si les financements de l'industrie peuvent provenir de la ville proche, des membres de la notabilité des bourgs pourvoient activement aux investissements dans des entreprises qui sont souvent détenues par leurs voisins et leurs proches. Ces espaces de travail et d'échanges sont aussi des territoires techniques où se déploient des innovations comme autant d'expériences partagées et simultanées à l'échelle du continent européen et dont témoigne aussi l'industrie au village.
Nombre de pages
552
Date de parution
20/10/2017
Poids
750g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782251447605
Titre
L'industrie au village. Essai de micro-histoire (Arles-sur-Tech, XIVe et XVe siècles)
Auteur
Verna Catherine
Editeur
BELLES LETTRES
Largeur
150
Poids
750
Date de parution
20171020
Nombre de pages
552,00 €
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Nouvelle histoire des entreprises médiévales faisant émerger les figures méconnues des entrepreneurs ruraux (maquignons, drapiers, forgerons, seigneurs et paysans) dans la conjoncture tendue de la fin du Moyen Age en Méditerranée. L'ouvrage propose une nouvelle histoire des entreprises médiévales à partir de l'observatoire des campagnes. Cette histoire va au-delà de la figure traditionnelle du " grand " marchand qui exerce une domination de la ville sur les campagnes pour plonger dans une ruralité, ni figée, ni dominée. Modes de financement, travail et marchés sont examinés tour à tour, et font émerger la figure plurielle des entrepreneurs ruraux (maquignons, drapiers, forgerons, seigneurs et paysans), leurs initiatives, leurs compétences et leur résilience dans la conjoncture tendue de la fin du Moyen Age.
Les industries n'ont pas été exclusivement localisées en ville et en banlieue, elles n'ont pas attendu la "Révolution industrielle" pour se développer et les usines n'en furent pas le seul espace de production : nombreux sont aujourd'hui les travaux qui permettent de le démontrer. L'industrie est née dans les campagnes européennes. Mais que furent exactement les industries rurales au Moyen Age et à l'Epoque moderne ? Comment les reconstituer, les définir pour mieux en étudier les spécificités ? Pour y parvenir, les études rassemblées dans ce volume analysent les structures d'intégration des activités industrielles : l'organisation spatiale de la production et les circuits de sa commercialisation, la pluriactivité des producteurs et, à l'interface des processus productifs et marchands, les onctions multiples de l'entreprise inscrites dans les campagnes dès le Moyen Age.
Chandelier Joël ; Verna Catherine ; Weill-Parot Ni
L'intersection entre science et technique est-elle, pour le Moyen Âge, scientifiquement pertinente ? La question mérite d'être posée. En effet, quels rapports établir entre pensée technique et pensée scientifique, qui sont souvent étudiées indépendamment l'une de l'autre ou, au mieux, selon un modèle historiographique hérité du XIXe siècle faisant de la technique une simple application de la science ? Ce volume, réunissant les recherches d'historiens des techniques et des historiens des sciences, propose un examen attentif des modalités de ce croisement, au travers du contexte et des démarches spécifiques de chaque cas considéré. Ensemble, les études réunies ici jettent un éclairage nouveau sur des liens beaucoup plus profonds qu'il n'a souvent été imaginé.
La mouline est une forge hydraulique de réduction directe, l'ancêtre de la forge à la catalane du XVII' siècle. Elle apparaît autour des années 1300 en Languedoc où elle se diffuse avec rapidité et s'implante durablement dans les Pyrénées centrales. Autour de la mine de la communauté de Vicdessos, dans les montagnes du comté de Foix, s'organise ainsi une industrie du fer, pourvoyeuse d'acier, qui ne s'effondre pas avec la guerre et au contraire profite du retournement de conjoncture à partir de la seconde moitié du XIVe siècle. Le temps des moulines est donc aux origines de la mécanisation du travail du fer dans la France méridionale. Le cas de cette forge hydraulique illustre les modalités de diffusion d'une innovation technique, celles de son implantation durable puis de son abandon. La mouline a bouleversé les conditions traditionnelles de production ; elle a alimenté un marché qui dépasse la sphère locale ; elle a mobilisé l'intérêt des comtes de Foix qui ont su accompagner l'innovation par leur législation ; elle a imposé une redéfinition des droits d'usage sur le bois et le minerai qui a confirmé la force des maîtres de mouline au sein de la puissante communauté de Vicdessos et face aux comtes de Foix. Ainsi, cette histoire des techniques est également une histoire du travail et du pouvoir et renvoie à des interrogations toujours d'actualité.
Les Belles Lettres regroupent dans ce somptueux coffret réalisé par Benjamin Van Blancke les deux volumes d'Isaac Asimov consacrés à l'histoire romaine, de sa fondation à sa chute. C'est sa fascination pour l'histoire du grand Empire romain qui inspira Asimov pour construire son Empire galactique dans le Cycle de Fondation, oeuvre qui s'est rapidement imposée comme un classique et comme une référence de la littérature de science-fiction. Dans La République romaine, Asimov retrace l'épopée d'une petite tribu qui a bâti en l'espace de 500 ans, grâce à son audace et à son ingéniosité, l'une des civilisations les plus brillantes de l'histoire : Rome. De la fondation légendaire par Romulus à l'avènement d'Auguste, Asimov dresse, grâce à sa maîtrise parfaite de la narration, un tableau limpide de cette époque fascinante. Chaque chapitre s'ouvre sur l'une des superbes illustrations de Benjamin Van Blancke, et immerge tout entier le lecteur dans cette « suite extraordinaire de triomphes et de désastres, de faits de bravoure au combat et de bêtise dans la paix, d'intrigues sordides et d'idéalisme glorieux » (Isaac Asimov). Dans le second et dernier volume consacré à l'histoire romaine, Isaac Asimov guide ses lecteurs à travers les quatre siècles durant lesquels Rome assura son hégémonie sur le monde occidental, apportant la paix à une centaine de millions de personnes. L'Empire romain reprend le récit là où La République romaine l'avait laissé, à l'avènement d'Auguste et au début du principat, et couvre toutes les lignées d'empereurs jusqu'aux royaumes germaniques et à la victoire de Clovis à Soissons, qui marque la fin de la tradition romaine, 1239 ans après la fondation de la Ville par Romulus. Se plaçant en chroniqueur lucide, Asimov, au moyen d'anecdotes savoureuses et d'apartés, relie la « grande » histoire, celle des batailles et des dirigeants, à la « petite », celle du quotidien et des masses anonymes. Ce volume est, comme le précédent, illustré par les majestueux dessins de Benjamin Van Blancke.
Depuis sept ans, Le Bulletin des Belles Lettres est le compagnon idéal de vos bibliothèques, arpentant les livres et les époques avec pour seule boussole un thème annuel. Ce numéro part à la rencontre des langues imaginaires, nées par frictions étincelantes avec notre réalité commune. Il rend hommage à l'intraduisible, à ce qui se joue à la lisière des langues et des mondes connus. Certains tissent des mots comme un flot, de conscience ou de rimes. Chez Simine Dânechvar, Virginia Woolf et James Joyce, la langue romanesque prend des formes intimes qui subjuguent la conscience ; les poètes Yahya Kemal et Ahmet Hâsim réinventent l'art poétique turc ; avec Rilke la poésie passe d'une rive à l'autre ; Lewis Carroll fait du langage sa créature. D'autres parlent des langues nouvelles. Déchiffrez l'elfique de Tolkien et conversez en na?vi ; adonnez-vous à la glossolalie jubilatoire d'Antonin Artaud ; inventez des hiéroglyphes avec Athanasius Kircher ; écoutez la confession d'un interprète extra-terrestre mise en récit par Alexander Dickow et animée par Laurent Gapaillard. Cryptogrammes pirates, alphabets sorciers, runes merveilleuses et faux japonais d'un mythomane génial vous initieront au mystère des signes.
Claudel Paul ; Caron Maxence ; Soeur Marie de l'as
Cet ouvrage n'a guère à voir avec ce que l'on publia jusqu'à présent de Claudel (1868-1955). Il est un fait qu'en dehors de quelques titres, l'un des plus célèbres écrivains du monde n'est aujourd'hui connu dans son pays que de nom. Ce volume édite ses livres capitaux. Il est préfacé par Émilie d'Arvieu (Soeur Marie de l'Assomption), dominicaine et arrière-petite-fille du grand homme. Claudel n'est pas un écrivain comme les autres : derrière cette force qui plonge dans le puits de Jacob un bras sculpté par Isaïe, Eschyle et Rimbaud, il est la plus puissante figure fondatrice de l'Histoire contemporaine. Cette figure est encore si proche de nous, que nous commençons seulement d'apercevoir l'ampleur où conduit sa parole. Entrant un jour de Noël à Notre-Dame ce « grand coeur catholique », qui d'abord ne le fut point, se convertit au christianisme de manière aussi fulgurante qu'inattendue. Il fréquente alors chez Mallarmé où il se rencontre avec la jeune avant-garde. Irréductible aux manières des habitués de la rue de Rome, Claudel crée une oeuvre souverainement affirmative en qui l'art est indissociable de l'annonce de la Vérité. Or, annoncer la Vérité, c'est ce que signifie précisément le mot « prophétie ». Prophétiques, les oeuvres de Claudel le sont par nature : armées de l'héritage de l'immortalité antique dont elles déduisent un symbolisme universel, elles dépassent les avant-gardes. Claudel traverse ainsi les genres littéraires, qu'il soumet à cette exigence prophétique et dont il obtient une parole nouvelle et éternelle. Poète, bien sûr, puis dramaturge dont le théâtre est un poème à plusieurs voix, il est d'abord un penseur au sens le plus pur. Ainsi, après avoir achevé Le Soulier de satin, il laisse le théâtre et consacre trente ans de sa vie à l'invention d'une nouvelle forme : la méditation biblique totale, en qui s'unissent tous les arts au sein d'une seule pensée récapitulant sa plénitude. Ces livres de philosophie, véritablement katholiques, prolongent sa recherche poétique qui, dépassant à présent le cadre d'un « théâtre dont la scène est le monde », épouse en une langue sublime les contours de l'Écriture Sainte afin de découvrir le sens de notre monde et la clef de son avenir. Jamais de tels textes n'avaient été écrits. Avant que Claudel ne manifestât cette unité qui mène des Cinq grandes Odes à Un poète regarde la Croix en passant par l'étincelant examen de notre époque au regard de l?Apocalypse, jamais n'avait été établie la cohérence qui va de la poésie à la pensée la plus intense. C'est ce parcours, cette cohérence, cet art, cette unité d'une vie qu'incarne notre ouvrage en réunissant les livres majeurs où, traçant son chemin entre grands poèmes et traités bibliques abyssaux, se révèle la pensée prophétique de Claudel.
Pendant une douzaine d'années, Jean-Pierre Otte s'est attaché à rassembler les mythes premiers du cercle Arctique, des deux Amériques, de l'Afrique noire, de l'Océanie et de l'Australie de l'"Ere du rêve". Ces mythes de création qui, dans le recours à l'imaginaire, demandent à la vie le secret de ses origines, étaient peu connus, dispersés ou fragmentaires, souvent jamais traduits de la langue dois laquelle les grands voyageurs et les premiers ethnographes les rapportèrent. Dans un second temps - et cette démarche fera date -, Jean-Pierre Otte s'est efforcé d'amener ces grands récits de la tradition orale à l'existence écrite. Son travail dans la rigueur n'en est pas moins une transposition poétique, aussi vivante et passionnée que possible. Il s'agissait d'amplifier le sens, d'exalter les couleurs, d'accentuer les contrastes, et de mettre en évidence, sans le dénaturer, le contenu philosophique, métaphysique, religieux, amoureux ou moral des mythes du commencement. Rendus magnifiquement, ces matins du monde ont été choisis pour être représentatifs des grands courants cosmogoniques, lesquels ne sont peut-être, malgré leurs différences, ou plutôt grâce à elles, que la diversité fabuleuse et fertile d'une unité foncière inscrite au plus profond de la mémoire du monde et de la nôtre.