En 1936, une, vente publique ramena au jour le contenu d'une malle où Newton avait enfermé ses manuscrits. Ô surprise, les travaux du savant y voisinaient avec les spéculations de l'exégète et de l'alchimiste. Ce n'est pas seulement la face cachée d'un exceptionnel génie scientifique qui nous était ainsi révélée, mais, au-delà du mystère d'un homme, le secret partage qui gouverne notre univers, comme le montre cette lecture originale de la naissance de la physique moderne. Dans quel monde suis-je tombé? Pourquoi les choses sont-elles ainsi? Comment faire avec ? Questions lancinantes de l'enfant quand la mère fait défaut, du chercheur face à la nature qui se dérobe. La réponse, Newton sait où la trouver : Dieu le Père, à jamais insaisissable, est présent "partout et toujours", Il se révèle par la bouche des prophètes, se devine dans les arcanes de l'alchimie, se manifeste par les lois admirables qui règlent le cours ordinaire des choses. Ses écrits de l'ombre l'attestent, Newton est constamment inspiré par la vision globale d'un monde animé par l'invisible, mais cette vision, il la sacrifie pour écrire mathématiquement sa théorie de la gravitation universelle. Par son prodigieux succès, cette théorie a longtemps paru trancher le paradoxe du physicien qui cherche à décrire de l'extérieur le monde où il est plongé. Profondes mutations du cadre de pensée, les révolutions scientifiques de notre temps ont relancé ce paradoxe et avivé le mystère de l'incarnation du logos mathématique dans le monde physique. D'où le rêve inaccessible, mais moteur, de la "théorie ultime", dernier avatar de l'Un dans un monde désenchanté. Entraînant à sa suite l'humanité tout entière, la science a, avec Newton, puissamment contribué à décomposer la lumière de la foi qui jusqu'alors dominait la pensée. Libre, elle nous emporte aux confins de l'univers. Cruelle, elle nous fait toucher la finitude de notre planète. Resurgissent alors les questions dont elle est née. La malle de Newton est devant nous, vide, béante. N'est-ce pas pourtant là que, à l'appel d'un Dieu qui n'existe plus, nous devons inventer nos réponses ...
Nombre de pages
487
Date de parution
02/04/1993
Poids
505g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070730582
Titre
La malle de Newton
Auteur
Verlet Loup
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
505
Date de parution
19930402
Nombre de pages
487,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Le progrès scientifique, économique et politique nous fait aujourd'hui rencontrer les limites matérielles du monde où nous vivons. L'urgence de la crise climatique nous pousse à anticiper les contraintes qu'imposent ces limites plutôt que de les subir, à infléchir délibérément la trajectoire du progrès plutôt que de poursuivre aveuglement une voie qui mène à un désastre sans précédent dans l'histoire. En compagnie des trois héros de la modernité que sont Descartes, Newton et Freud, nous cheminerons dans la culture dont nous sommes issus. Nous y découvrirons les avatars du paradoxe de l'"animal parlant" qui peut se hisser par la pensée au-dessus de lui-même et, depuis cette position de surplomb, et se penser comme un objet du monde, tout en étant singulièrement incarné dans un corps sensible dont il ne peut s'évader. La philosophie, la théologie et l'épistémologie ont tout à tour tenté de trancher définitivement ce paradoxe, alors que nous devons inventer le moyen d'avancer au-dessus du vide qu'il creuse, de vivre et de faire avec lui en nous fondant sur des fictions si vraisemblables qu'elles semblent vraies. C'est dans cette avancée hasardeuse que notre cadre de pensée se construit, qu'il se partage, qu'il évolue en s'approchant de ses limites, qu'il se met en question en s'y heurtant - et c'est ce heurt qui provoque le renouvellement du cadre. Le voyage que propose ce livre nous conduira à la nécessaire refondation des temps modernes, une question que l'actualité climatique nous interdit d'éluder.
D'un état à l'autre, de l'endormissement à l'éveil, que deviennent les images créées dans le sommeil et comment articuler dans un récit les sensations débridées de la nuit ? Ces questions, les écrivains se les sont posées et en ont fait un véritable enjeu littéraire : faut-il transcrire au plus près des rêves, ou interpréter, déguiser, dramatiser, reconstruire ? La psychanalyse a infléchi ces récits en accordant aux rêves une importance décisive : l'espace onirique éclaire les mouvements du jour. Le rêve est une seconde vie. L'accompagnement critique revient sur la place des rêves dans la tradition culturelle occidentale. Les trois thèmes qui organisent le recueil (" Le récit des rêves ", " La captation du rêve ", " Le rêve et ses images ") font l'objet d'un approfondissement stylistique et historique. L'accent est mis sur les techniques de narration du rêve et sur l'influence de la psychanalyse et du surréalisme. Enfin il est proposé une ouverture sur le traitement de l'image onirique à la fois par la littérature et par la peinture. Anthologie (64 textes) recommandée pour le lycée.
Ce livre a été écrit pour glorifier une ?uvre. Cette ?uvre est un château, l'un des plus célèbres du monde. Ce château, sommet de l'art classique français, fut une demeure habitée par des hommes, des femmes, des courtisans. Ce fut aussi, au long de son histoire, un chantier très actif. Il brilla, tout encombré des matériaux, des ouvriers, des échafaudages que reclamèrent sa construction, son entretien, les changements du goût. Il fut ordonné par quelques grands artistes, conduit par Louis XIV à sa perfection, encore embelli par Louis XV, Louis XVI et Marie-Antoinette, soumis ensuite à de longues tribulations, dénaturé, appauvri. Il a été cependant sauvé, au moins pour l'essentiel, bâtiments et jardins. Il nous faut le connaître mieux. L'auteur de ce livre a consacré une partie de sa vie à étudier Versailles. Le livre qu'il publia en 1961 fut vite épuisé. Il a été refondu, mis à jour, complété d'après les travaux les plus récents. Pierre Verlet fut élève de l'Ecole des Chartes, de la Sorbonne, de l'Ecole du Louvre et, pendant près de trente ans, à la tête du département des objets d'art des musées nationaux (Louvre, Cluny, Sèvres, musée Dubouché à Limoges), qu'il contribua à organiser, réinstaller et enrichir, soit par des achats fameux, soit plus encore par des donations somptueuses. Ses recherches personnelles l'ont conduit à la découverte d'une partie des anciennes collections royales françaises, mobilier notamment. De là l'espoir qu'il eut de voir Versailles remeublé comme au XVIIIe siècle, espoir auquel on ne doit pas renoncer. La vie du château réapparaît dans ce livre, qui est fidèle à la traduction de Pierre de Nolhac.
Blandine Verlet fait accorder son clavecin, un admirable Rückers. Elle trouve une salle à l'acoustique idéale. Elle jouera les Variations Goldberg. Les murmures se sont tus. Elle entre sur scène et s'assied au clavier, mains posées sur les genoux. Elle se concentre. Puis elle tourne en silence, l'une après l'autre, les pages de la partition. Elle se lève. Le récital a été splendide...De ce rêve à la John Cage sort un livre, où il nous est donné de participer aux pensées d'une musicienne hors pair. Comment se règle en elle, au moment où elle tourne les pages de sa partition, l'"entretien" de ses cinq sens? Que se disent en elle ses compagnons François et Louis Couperin, Froberger, Frescobaldi, Sweelinck et Bach? Le dernier couronne ceux qui l'ont précédé. Nous sommes au matin du monde, juste avant l'accident de la première note - l'incarnation du son.Avec ce traité du goût subtil et délicat, d'une rare exigence, Blandine Verlet ouvre son atelier: choix de textes, entretien, images d'art reproduites en couleurs, notes issues de ses carnets. Dans chacune de ces pages sonne un "art de toucher" et résonne une voix que beaucoup connaissent déjà, pour l'avoir entendue les guider dans l'intimité des plus grands compositeurs.Ce livre échappant à tous les genres, ouvert aux interprètes et aux mélomanes, est accompagné d'un disque où figurent plusieurs enregistrements inédits.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.