De quoi sont faites les images ? D'imagination et d'imaginaire répond la phénoménologie. De langage symbolique répondent la sémiologie, l'iconologie et la psychanalyse. Le sens du visible serait dans le lisible qui en ferait la trame invisible Les images résistent à cette lecture ; silencieuses ou bavardes, mais toujours insistantes, elles existent au-delà de la fantaisie ou de l'interprétation. Cette résistance est le signe d'un réel négligé. Si l'image n'est pas une chose, elle est bien davantage qu'une simple représentation mentale : un objet qui impose sa réalité spécifique à l'irréel de l'imaginaire et oppose son opacité à l'élucidation symbolique. Avec l'appui de la peinture, de la photographie et du cinéma, on a voulu montrer que les images se nourrissent d'abord des matières dont elles sont faites : lignes et couleurs de la peinture, ombre et lumière de la photographie, espace-temps du cinéma. Les artistes savent que les matériaux ont plus d'imagination que l'imagination n'en aura jamais, aussi doivent-ils se rencontrer. La matière des images que nous regardons est poïétique avant d'être psychologique. Mais elle n'est pas moins esthétique, c'est-à-dire ouverture au monde et mise en forme des expériences indicibles qu'elle suscite. Ce qu'on ne peut dire, on le montre.
Nombre de pages
379
Date de parution
01/11/2003
Poids
510g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782747505468
Titre
La matière des images. Poétique et esthétique
ISBN
2747505464
Auteur
Vauday Patrick
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
510
Date de parution
20031101
Nombre de pages
379,00 €
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L'Histoire a l'art des collages surréalistes. Celui-ci, par exemple : tristement célèbre pour le plus grand krach financier des temps modernes, 1929 est aussi l'année du fameux tableau de Magritte La Trahison des images, plus connu par l'inscription « Ceci n'est pas une pipe » qui y figure. L'inattendu de ce rapprochement a valeur de symptôme : celui d'une crise de confiance dans les images, billet vert, Joconde ou Marilyn qu'à peine trente ans plus tard Andy Warhol mit en équivalence et en série. Mais on n'a pas assez noté l'humour du tableau de Magritte déjouant la tromperie des images par le moyen même de l'image. À l'encontre d'un certain iconoclasme, il s'agit dans ce livre de réévaluer la pensée et la puissance critique des images à l'oeuvre dans l'art moderne et contemporain : peinture, photographie, cinéma, vidéo. Au désastre annoncé d'un règne du Tout-image où se perdraient la lettre et l'esprit, vient objecter un régime artiste des images. Dans l'indécidable des trajets et des raccourcis créateurs, il ouvre dans l'espace commun des brèches sur des visibilités occultées ou à venir.
Ce livre retraverse l'oeuvre de Gauguin dans le sillage des nombreuses escales proches ou lointaines qui ponctuent la vie du peintre. Trop souvent réduite à une nostalgie du paradis perdu dont Tahiti aurait été le dernier refuge, sa fièvre voyageuse est interprétée comme le symptôme d'une recherche qui trouve son issue dans les tableaux. À la lumière des oeuvres et des écrits de Gauguin, véritable carnet de bord de son aventure picturale, on assiste à la naissance d'un libre espace infini affranchi du cadre du tableau et des frontières entre arts et cultures.
Il y a beaucoup moins d'images qu'on ne le dit généralement si l'on veut bien admettre qu'une image est moins ce qu'on perçoit que ce qui fait voir et donne à penser. Les œuvres mises en constellation, plutôt qu'en série, dans ce livre n'ont rien d'autre en commun que d'intriguer le regard par un détail singulier qui en signe l'exception. D'une mise au point troublante ou d'une focalisation étrange naît une contrariété visible ou audible qui conduit à interroger ce que l'on voit ou entend. Aucune des œuvres présentées n'est équivalente à une autre, chacune est approchée dans son exemplarité et sous un angle particulier qui tente d'en enregistrer l'opération propre. Le nom commun et le titre associés à chacune d'entre elles n'entend pas les définir et en finir avec elles, ils leur font écho et en prolongent les effets.
Les hommes ne peuvent rien faire sans adopter la fiction d'un commencement" (George Eliot). Prélude, prologue, exorde, prémices, préambule, préliminaire, introït, orée, aurore, aube, origine et d'autres encore : autant de mots pour dire, c'est-à-dire tenter de coïncider avec l'impossible instant zéro du commencement. Mais n'en va-t-il pas toujours ainsi de l'impossible qu'il fait d'autant plus parler qu'il échappe incessamment à la prise ? Voilà qui justifie la belle sentence de Georg Eliot : pas de commencement qui ne commence par une fiction du commencement, toute histoire, du moins tout récit est à ce prix. Il n'y en a pas moins une nécessité à cela, celle de rendre compte du nouveau qui ne découle pas de ce qui le précède sans au moins dévier ou dériver de sa ligne, comme aspiré par ce qui est à naître. Tout commencement véritable s'entoure d'une zone d'indiscernabilité et de non-savoir qui tient à ce qu'il est en recherche de sa forme et de son issue, ce qui ne va pas sans transactions circonstancielles avec le milieu dans lequel il se fraye un chemin. C'est aussi pourquoi il ne peut se décliner qu'au pluriel, dans la diversité des milieux et des variations de rythme et d'allure qui le conditionnent et qu'il traverse, un changement important n'affectant pas l'individu, le social, le politique ou le culturel selon une même temporalité. Pris dans un devenir autre, transformation, mutation voire métamorphose plutôt que naissance ex abrupto, le commencement remonte en amont de l'événement qui le déclare et s'étire en aval dans le déroulement de ses conséquences.
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...