Le Livre de saint Jacques et la tradition du Pseudo-Turpin. Sacralité et littérature
Vallecalle Jean-Claude
PU LYON
22,00 €
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EAN :9782729708368
Le livre de saint-Jacques est une compilation à la fois religieuse, pseudo-historique et littéraire, rédigée en latin dans la première moitié du mie siècle, qui exalte le pèlerinage de Compostelle et la figure de saint Jacques. La perspective originelle de ces textes est fondamentalement spirituelle, mais non point seulement édifiante : à l'instar de la relique et du sanctuaire qu'ils célèbrent, ils visent à enraciner le sacré dans l'espace et aussi dans l'histoire terrestres. Cependant, cette perspective s'est progressivement estompée, et seule la quatrième partie du recueil, dite Chronique de Turpin, qui conte les guerres conduites en Espagne par le Charlemagne des légendes épiques a connu, isolément, un succès et un rayonnement considérables, dans toute l'Europe et même au-delà du Moyen Âge. Au prix d'une ambiguïté, sans doute, ou du moins d'une métamorphose : séparée du contexte qui, initialement, faisait du récit de merveilles la marque et la garantie de la présence du surnaturel, cette fausse chronique a été perçue tantôt comme un témoignage à caractère historique tantôt comme une pure fiction littéraire. En même temps que s'estompait la perception profonde du sacré se sont donc précisées aussi bien la conscience d'une forme d'historicité que la reconnaissance du travail de l'imaginaire. C'est ce mouvement que les études réunies dans ce volume s'efforcent d'éclairer, en examinant quelques aspects particulièrement significatifs de la compilation du XIIe siècle, et les étapes les plus remarquables de la diffusion, dans la longue durée et de la Scandinavie à l'Italie de la tradition issue de la Chronique de Turpin.
Nombre de pages
196
Date de parution
20/01/2011
Poids
360g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782729708368
Titre
Le Livre de saint Jacques et la tradition du Pseudo-Turpin. Sacralité et littérature
Auteur
Vallecalle Jean-Claude
Editeur
PU LYON
Largeur
155
Poids
360
Date de parution
20110120
Nombre de pages
196,00 €
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Parmi les poèmes épiques que nous a légués le Moyen Age occidental, la chanson de geste de Raoul de Cambrai, composée vers la fin du XIIe ou le début du XIIIe siècle, se distingue par sa sombre grandeur. Elle présente un univers que caractérisent la démesure et le tragique, où aucun ordre ne vient limiter la violence des conflits féodaux, où l'homme est déchiré entre des fidélités contradictoires, et où sa révolte finit par conduire un héros épris d'absolu jusqu'à la barbarie et au sacrilège. Les études réunies ici tentent d'éclairer quelques-uns des aspects les plus remarquables de cette œuvre exceptionnelle. Ce peut être la signification de la violence et de l'impiété, mais aussi le regard des contemporains sur un texte hétérogène, foisonnant et pourtant dominé par un clair problème politique. Ce sont des thèmes comme la quête d'identité et le rapport douloureux à l'image du père, ou bien les relations interpersonnelles qui, de l'amitié à la vendetta, déterminent le comportement des individus et la destinée des groupes. Il peut s'agir encore de cette particulière appréhension du malheur que savent exprimer, mieux que les autres, les personnages féminins, ou de l'image d'un espace dont la clôture apparaît comme une figure de la fatalité. Ce sont enfin quelques-uns des traits spécifiques d'une écriture épique qui parvient à donner à un aussi terrible tableau toute la séduction d'une œuvre d'art.
Continuation de la guerre par d'autres moyens, les messages et les ambassades occupent, dans l'univers belliqueux de l'épopée médiévale, une place considérable. Mais leur signification ne va pas sans paradoxe car, en même temps qu'ils semblent destinés à établir, entre ennemis aussi bien qu'entre alliés, un échange et une élémentaire reconnaissance mutuelle, ils témoignent avec obstination d'un refus du dialogue qui s'inscrit curieusement dans les formes mêmes de la communication. L'objet de ce livre est de montrer comment se révèle, à travers les constantes et les stéréotypes du message épique, une manière globale d'envisager les relations entre les hommes, une attitude face à l'Autre et, plus largement, une vision de l'humanité et de son destin. Dans les rapports complexes de la parole et de l'écriture, dans le détournement subtil des pratiques de la diplomatie médiévale, dans la façon d'envisager la notion de représentation qui fonde le lien entre un envoyé et son mandant, à travers le contenu même des messages que ne cessent de s'adresser les héros, l'on peut observer une conception de la société qui rejette l'altérité et bannit la différence, le rêve, intolérant et parfois fanatique, d'un monde unique et unifié, qui donne à la poésie épique du Moyen Age sa fascinante cohérence et peut-être son inquiétante étrangeté.
Résumé : "Chez nous, les hivers sont rudes car, comme le prétend ma mère, l'argent du foyer semblant atterrir dans les bistrots, nous n'allumons jamais le chauffage. Alors, mon corps meurtri doit supporter un nombre incalculable de couvertures qui ne font, en plus du froid qui s'infiltre à travers mon infirmité, qu'accentuer mes douleurs. Cette saison est si longue que parfois je voudrais mourir. Mon frère doit aussi souffrir du froid, parce qu'il n'oublie jamais, quand il vient me voir, de me border. Ensuite, il s'assied au bord du lit, m'enveloppe de ses bras, et chasse tout l'air qui pourrait s'être engouffré dans mes draps." La narratrice est une jeune fille handicapée, incapable de se mouvoir et de parler, réduite à des fonctions végétatives. Son seul véritable contact : un frère aimant. L'auteur accompagne le cheminement intérieur de son personnage dans un récit sobre et précis. Mon frère : un témoignage poignant et sensible aux puissances de l'écriture, de la folie et de la chair.
L'objectif de cet ouvrage est d'honorer l'ambition qu'avait David Graeber de construire des ponts entre les sciences sociales. Il réunit des contributions d'anthropologues, de sociologues, d'économistes, de politistes qui réfléchissent aux apports de Graeber à leur discipline sur 4 thèmes : travail et mouvements sociaux, dette et monnaie, capitalisme et pouvoir, anarchisme et liberté. David Graeber, professeur d'anthropologie à la London School of Economics disparu brutalement le 2 septembre 2020, aura marqué son époque par sa créativité scientifique et ses apports originaux à des débats publics majeurs. A travers une anthropologie que l'on peut qualifier de politique, il a montré que la diversité des organisations sociales révélées par les enquêtes ethnographiques ouvre sur l'idée d'une pluralité des possibles et ainsi sur la perspective d'une société plus égalitaire et plus démocratique. Théoricien de la pensée libertaire nord-américaine, il est devenu une figure de proue du mouvement "Occupy Wall Street" et une figure intellectuelle majeure de la gauche libertaire. David Graeber était un passeur. Entre les disciplines d'abord : il a notamment démontré comment l'anthropologie pouvait nourrir d'autres disciplines, telles les sciences économiques, la sociologie ou la science politique notamment. Il était aussi un passeur entre action et réflexion : selon lui, la connaissance produite par les sciences sociales doit constituer une force imaginative et transformatrice en faveur d'une société réellement démocratique. C'est ce que se sont employés à démontrer les contributeurs à cet ouvrage issu d'un colloque tenu à l'université Lumière Lyon 2 en juillet 2022.
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Résumé : Conçu comme une porte d'entrée sur l'oeuvre de Pierre Bourdieu, ce bref ouvrage remet au jour un texte important qui souligne en quoi la sociologie, outil de dévoilement social, peut contribuer à renforcer la démocratie. Replacé en préface dans le contexte intellectuel et politique de sa parution, il est complété par une postface qui propose une vision actuelle de ses analyses.
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Pourquoi les classes populaires américaines votent-elles pour des candidats républicains a priori peu favorables à leurs intérêts économiques ? Pour le comprendre, David Graeber mène ici une réflexion sur la notion de "valeur" dans la démocratie contemporaine. L'anthropologue affirme que les classes populaires ne votent pas seulement en fonction de leur intérêt économique (" la " valeur), mais aussi selon leur souhait de vivre pour quelque chose de " plus grand que soi " (" les " valeurs sociales, auxquelles chaque humain aspire). Dans une société où la mobilité sociale semble durablement grippée, les plus défavorisés se tournent ainsi vers les promesses conservatrices : l'enrichissement personnel qui permet de " faire le bien " ou la défense de la nation. La démocratie devient alors une valeur résiduelle et menacée. Plus que jamais d'actualité, la pensée anarchiste de David Graeber est ici présentée par Véronique Dutraive, qui en souligne l'originalité en la confrontant notamment à des recherches économiques récentes. Dans sa postface, Nika Dubrovsky, qui fut la conjointe de David Graeber, évoque leurs réflexions communes sur l'art, la littérature et leurs enjeux démocratiques, éclairant ainsi d'un jour nouveau les travaux de cet intellectuel majeur du XXIe siècle.