L'ouverture exceptionnelle des archives du pontificat de Pie XII (1939-1958), en 2020, n'a pas mis fin aux controverses autour des silences du pape face aux atrocités nazies. Mais, au-delà des polémiques, que révèlent ces nouvelles sources ? Qu'apportent-elles à notre compréhension de la Shoah, de la Seconde Guerre mondiale et du pouvoir religieux ? Permettent-elles de saisir plus finement les profondes ambivalences du Vatican, entre charité et préjugé, face aux persécutions antijuives ...S'appuyant sur trois années de dépouillement de ces fonds considérables à Rome, Les Âmes tièdes restituent les motivations, réflexions et dilemmes des personnes impliquées dans cette histoire, leurs voix mais aussi leurs silences. Dépassant une approche classique focalisée sur le pape et sur la diplomatie, cet ouvrage éclaire les enjeux politiques, humanitaires, religieux et culturels des choix du Saint-Siège. Il resitue cette question dans la longue durée des relations entre l'Église et les Juifs, afin d'évaluer le poids d'une culture pluriséculaire d'hostilité dans les réponses du Vatican face aux persécutions antisémites, avant et pendant la guerre, mais aussi après la Shoah. Ce niveau de violence inédite contre une minorité a-t-il ébranlé le vieux substrat d'antijudaïsme chrétien ...Enfin, en faisant entendre la voix des acteurs de terrain et des persécutés, en particulier des familles mixtes judéo-chrétiennes, ce livre interroge plus largement la résilience du religieux face au génocide et la capacité de nos sociétés civiles à répondre aux violences de masse.Table des matières : IntroductionVoix et silencesL'ouverture tant attendue des archives Pie XIILe Saint-Siège, pouvoir spirituel et temporelUne papauté en clair-obscurDes archives à contre-jour : la fabrique de l'enquêtePremière partie.Juifs et " catholiques non aryens " 1938-19411. L'antijudaïsme chrétien à l'épreuve des persécutionsL'enseignement du mépris" On voit qu'en dix-neuf siècles la race a empiré " ? La mémoire historique de l'Église ? Le Saint-Siège gouverne les âmesL'Église et l'antisémitisme : une impossible condamnation ...D'une guerre à l'autre ? Condamner " la haine envers le peuple, qui fut jadis le peuple de Dieu " ? " Spirituellement sémites " ? " Dangers spirituels "2. Aider les " catholiques non aryens "Défendre les familles mixtes" L'Église accueille les hommes avec une égale sollicitude, quelle que soit leur race " ? Face aux lois raciales italiennes : la défense des mariages mixtes ? Secourir les " non-aryens " sous Pie XIISecourir les réfugiés " indésirables "L'aide vaticane à l'émigration des " non-aryens " ? Une " lettre très peu... diplomatique " : financer l'aide aux réfugiés ? Privilégier les " catholiques aryens " : le stigmate de la conversion3. Le refuge brésilien (1939-1941)Des visas pour les " catholiques non aryens "L'accord Brésil-Vatican : trois mille visas ? De laborieuses tractations ? 959 réfugiés " non aryens " ? Les exclus de la " catholicité " et la séparation des famillesUn périple transatlantique : le mirage brésilienFuir l'Europe des persécutions ? Limbes transatlantiques ? Le mirage du refuge brésilien se dissipeDeuxième partie.Aide et silence. Le Vatican face au génocide 1941-19444. Diplomatie et persécutionsFace aux persécutions antijuives de la guerre nazieLa guerre nazie et la neutralité vaticane ? La Pologne meurtrie, les ghettos juifs ? La diplomatie vaticane et l'Europe des persécutions antijuives ? Le début de la Shoah à l'Est : ce que le Vatican saitLe Vatican et l'antisémitisme de Vichy" Il ne nous reste plus qu'à remercier le Seigneur " : le premier statut des Juifs ? Le second statut des Juifs suscite des remous au sein de la hiérarchie catholique ? Défendre les convertis et " catholiques non aryens "5. Internés, dispersés et déportés" Parmi les horreurs indicibles de cette guerre " : naufragés et disparusLes réfugiés du Patria ? Le naufrage du StrumaDans les camps d'internement" Indésirables " en France ? Les camps fascistes en Italie ? Aide et réserves face aux internés juifs non baptisésFuir les persécutions, demander l'aide du VaticanL'attente à Lisbonne ? Autre espoir : Cuba ? Familles déchirées ? " Une tribu de Juifs pauvres " ? Des milliers de suppliques6. Voix et silences face au génocide" Des holocaustes systématiques " : les sources vaticanes du génocideFace à la " Solution finale " : les déportations de 1942 ? " Le problème, c'est que le président de la Slovaquie est un prêtre " ? Durant la phase paroxystique de l'extermination ? Le mémorandum américain ? " L'exagération est facile, parmi les Juifs aussi... "Le silence rompu en France et aux Pays-Bas" Protestation plutôt platonique " : la rafle du Vel d'Hiv ? Extension des déportations à la zone " libre " ? " Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes " : cinq protestations épiscopales ? " Nous n'avons pas le droit de garder le silence " : l'épiscopat néerlandais7. " Le pape fait et fera seul " : les réserves du VaticanLes réponses hésitantes du pape" Dépérissement progressif " : le discours de Noël 1942 ? Le Saint-Siège se tient à distance du front commun judéo-chrétien ? " Pour éviter de plus grands maux " : l'anéantissement du printemps 1943 ? Une aide de plus en plus contrainte" Sauvez ! " : témoignages de la catastropheLa diplomatie des organisations juives ? Photographies de massacres à l'appui ? Familles dispersées ? Cris individuels et anonymes8. Rome " ville ouverte " (1943-1944)L'occupation allemande et les rafles " jusque sous les fenêtres du pape "La rafle du 16 octobre 1943 : diplomatie et aide spontanée ? Témoignages des déportations ? Les Juifs non baptisés appellent le Vatican à l'aide ? " Ennemis de la nation " : la traque de tous les Juifs" Trop de non-aryens au Vatican " : les ambivalences de l'aideTiraillements au Vatican : " se méfier de l'influence des Juifs " ? Le père Marie-Benoît dans la ligne de mire ? Accueil, délation et représailles ? Une enquête sur les Juifs cachés à Saint-Pierre9. Une lente libération (1944-1945)Entre occupation et libération : le sort des Juifs déportésRome hors de Rome ? La libération de Rome, l'attente anxieuse des déportés ? L'aide ponctuelle aux survivants et le cas des " juifs-catholiques "L'acharnement jusqu'en 1945 : la phase ultime et tragique de la ShoahUne diplomatie vaticane plus active ? Défiance persistante ? " Conscience sacerdotale " : face aux dernières déportations ? Moins nous sommes capables d'agir, plus il est nécessaire de louer les efforts du Saint-Siège "Troisième partie.Après la Shoah10. Une faible conscience de la ShoahAprès l'horreur : découverte et amnésieLa " découverte " des camps nazis ? " La question brûlante des Juifs " : l'aide aux survivants ? Autocélébration et témoignages de gratitude ? Charité sur grand écran" Il n'est pas dans les habitudes des Juifs de souffrir " : face aux rescapés" Innombrables victimes innocentes " : une audience avec le pape ? L'opposition à l'immigration juive en PalestineLe retour des enfants juifs" Un problème très délicat " : rendre les enfants juifs ? ? " Faire remarquer la manière ingrate " : le Saint-Office étudie la question ? " Imprudemment baptisés " : l'affaire Finaly11. " Au nom de l'universelle charité " ? Justice(s) d'après-guerreL'opposition vaticane à la justice alliée et à la dénazificationLes appels du pape à la " clémence " ? Les " âmes sauvées " du procès de Nuremberg ? " Un esprit de vindicte " : le trope d'une " vengeance juive " ? Le renouveau du mythe du " judéo-bolchevisme "Les réseaux d'exfiltration à RomeSaint-Louis-des-Français : cacher des Juifs, cacher des miliciens ? La " charité de l'Église " envers les miliciens et les légionnaires ? " Réfugiés politiques " : désaccord entre Tisserant et Maritain12. Des préjugés tenacesPréoccupations théologiques après le génocide" Contamination spirituelle " : un Juste inquiété par le Saint- Office ? " Le sang appelle mystérieusement le sang " : l'accusation de déicide face au génocide ? Rapprochement judéo-chrétien et réserves vaticanes ? Juifs " perfides " : une lente révisionUne impossible condamnation de l'antisémitisme" Faire entendre sa parole " : face au pogrom de Kielce ? " Actions réprouvables " ? L'antisémitisme, " un sujet si sensible " ? " Rien de spécial à dire au Saint- Père " ? " La charité papale a toujours bénéficié à de nombreux Juifs "ConclusionSilencesAideAntisémitismeVoixRemerciementsBibliographie et sourcesNotesIndex.
Dès le début des années 1920, le succès des Protocoles des Sages de Sion encourage la formation de réseaux antisémites à l'échelle mondiale, bien avant leur reprise par le fascisme et le nazisme. En montrant la participation active de groupes catholiques et de figures ecclésiastiques dans cette internationale antisémite, Nina Valbousquet met au jour un aspect méconnu de cette histoire. Croisant des archives inédites, françaises, italiennes et vaticanes, l'historienne reconstruit le réseau mené secrètement par Mgr Umberto Benigni, proche du pape Pie X, journaliste et professeur, traducteur des Protocoles, reconverti en espion fasciste pour le régime de Mussolini. Véritable plongée dans les milieux du catholicisme intégral, du clérico-fascisme et de l'extrême droite nationaliste de l'entre-deux-guerres, cet ouvrage propose une galerie de portraits : des militants de l'Action française aux nationalistes roumains, en passant par les Russes anticommunistes exilés entre New York, Londres, Copenhague, Rome et Berlin. Nina Valbousquet démontre que, loin de se limiter à la tradition antijuive chrétienne, l'antisémitisme de ces milieux catholiques fait feu de tout bois, amalgamant antilibéralisme, antisionisme, croisade anticommuniste et racisme. Un éclairage indispensable à l'heure de l'ouverture des archives de Pie XII pour la période de la Shoah.
Féminisme pour les 99%, c’est un ouvrage qui permet d’ouvrir les thèses du féminisme au plus grand nombre et qui invite à s’écarter de ce féminisme libéral ciblant uniquement les classes les plus favorisées de la société. Pour les autrices, un ennemi incarne aujourd’hui toutes les oppressions que subissent le plus grand nombre : le capitalisme. Et pour s’opposer à ce système capitaliste, elles proposent de créer un féminisme pour les 99% qui doit nécessairement s’allier aux luttes écologiques, antiracistes, syndicalistes, lgbtqia+ pour triompher. Un manifeste condensé mais très riche à partager !
L'énergie se prête bien à l'analyse géopolitique, conçue comme l'étude des relations entre pouvoirs et territoires. Rien n'est possible dans le monde sans recours à l'énergie, et les rivalités et conflits que son exploitation toujours croissante suscitent sont omniprésents à toutes les échelles de l'analyse géographique, de l'international au local. Cet ouvrage s'intéresse aux effets de la transition énergétique et écologique en cours sur la transformation de ces rapports de forces, mais également sur les reconfigurations des échanges internationaux et de la coopération interétatique. Les alternatives aux hydrocarbures s'élaborent depuis les années 1970, mais la révolution actuelle des pétroles et gaz de schiste bouleverse en profondeur la question des énergies sous un angle géoéconomique, géopolitique et environnemental. Ainsi, à l'ère de l'économie numérique et des territoires "virtuels", la matérialité des énergies nous ramène à l'essentiel, c'est-à-dire les pieds sur terre, au coeur d'un "grand jeu" sans cesse réinventé au sein duquel les Etats font leur retour après des décennies de déréglementation.
La politique étrangère française est depuis longtemps sous le feu des projecteurs, tour à tour présentée comme le vestige d'une gloire passée, la marque d'une présence maintenue dans un monde qui n'a plus de limites, ou le signe d'une arrogance blessée par une succession d'échecs. Le débat reste vif, rehaussé par la présidentialisation, chaque locataire de l'Elysée voulant faire de sa propre diplomatie le gage de son succès et de son prestige... Et pourtant, cette politique reste peu étudiée, regardée avec une série d'a priori jamais évalués : l'effectivité de la grandeur gaullienne et sa perception à l'extérieur, la fonction de l'arsenal nucléaire en un temps post-bipolaire énigmatique, la revendication de prés carrés ou de zones d'influence, un souverainisme rhétorique malmené par la mondialisation, un essor notable de la politique d'affichage et de communication... Existe-t-il d'ailleurs un principe qui organise l'ensemble de ces traits, et le logiciel qui lui est associé correspond-il au contexte international actuel ? Pour comprendre comment la France s'insère dans un monde dont elle est de plus en plus tributaire, les auteurs répondent à trois grandes questions, axes majeurs de l'ouvrage. Comment cette politique s'inscrit-elle dans l'histoire ? Ses instruments sont-ils adaptés, ou répondent-ils à d'autres considérations, économiques, politiques, administratives et idéologiques ? Peut-on en mesurer les résultats et la pertinence, eu égard aux grands enjeux contemporains ? Ces analyses éclairantes esquissent, en creux, la possibilité d'une autre politique.
Première cause de handicap acquis chez l'adulte, l'accident vasculaire cérébral, ou AVC, peut brutalement faire disparaître ou empêcher, de façon temporaire ou non, un grand nombre de capacités de la vie quotidienne, dans des domaines physiques ou intellectuels très divers : la marche, la déglutition, la planification, la lecture, la préhension, etc. Parce qu'il touche à des savoir-faire acquis, l'AVC peut apparaître comme une atteinte biologique du social qui en efface les effets en réinitialisant les expériences, les compétences et les dispositions, autrement dit comme un accident égalisateur qui annule les différences sociales entre individus. Pourtant, à âge égal et à gravité équivalente des lésions cérébrales, les séquelles ne seront pas les mêmes si le patient est un homme ou une femme, un ouvrier ou un cadre supérieur, si la récupération de ses capacités a une grande ou une moindre valeur aux yeux des acteurs de la rééducation, si l'AVC a laissé intact chez lui un rapport aisé ou difficile aux modalités scolaires d'apprentissage. Pour mettre en évidence et expliquer ces phénomènes, Muriel Darmon a mené une enquête approfondie dans un service de neurologie d'un hôpital universitaire et auprès des différents corps de spécialistes - kinésithérapeutes, ergothérapeutes, orthophonistes, neuropsychologues, etc. - de deux centres de rééducation. En suivant le parcours post-AVC des patients au sein de ces unités et des étonnants " plateaux techniques " conçus pour favoriser leurs réapprentissages, ce livre montre que, par-delà ce qui semble perdu, le social perdure chez les individus et résiste à l'atteinte biologique.
Le livre tiré par Edmond Michelet de ses notes de Dachau constitue un des documents les plus vivants et les plus honnêtes sur l'aventure concentrationnaire [... ] : avec une objectivité remarquable, Michelet décrit ce que fut la vie d'un résistant français qui a dû et pu tenir près de vingt mois dans un block de Dachau ; il analyse les conflits qui surgissaient entre classes de détenus - politiques et " droit commun " - allemands, latins et slaves ; il démonte la curieuse machine politique qui avait fini par s'organiser, l'équilibre des pouvoirs dans une cité d'esclaves hantés par la mort et qui, pourtant, ne cessaient de regarder vers la vie. Une galerie de beaux portraits psychologiques alterne avec des scènes dramatiques et de larges fresques, comme l'épidémie de typhus de l'hiver 44-45 et la pagaïe ubuesque d'une libération de fantômes. Le témoignage du chrétien, qui dit ce qu'il a tiré de sa foi, est porté sans ostentation et avec noblesse. Et il n'était pas possible de faire ressortir plus honnêtement l'ambiguïté d'une aventure où l'homme a révélé les pires côtés de sa nature [... ] mais aussi ses virtualités héroïques et son irrépressible spiritualité. Pierre-Henri Simon de l'Académie française Edmond Michelet (1899-1970) milite à Brive au sein de la Jeunesse catholique et des Equipes sociales. Nourri de Péguy et de Maritain, il alerte l'opinion contre la montée des périls et organise l'accueil des réfugiés fuyant le nazisme. Le 17 juin 1940, il élabore un des premiers tracts de la Résistance. Responsable régional de Combat, il est arrêté le 25 février 1943 et déporté à Dachau. Après la Libération et jusqu'à sa mort, ce gaulliste exerce de nombreuses responsabilités gouvernementales.
Hautval Adélaïde ; Postel-Vinay Anise ; Hauptman G
Du moment que vous les défendez, vous partagerez leur sort ! " Et pour n'avoir jamais transigé avec qu'elle appelait les "valeurs premières", Adélaïde Hautval, dite Haïdi, va devoir traverser l'enfer et survivre à 37 mois d'emprisonnement et de déportation. En sa qualité de médecin, à Auschwitz, elle est affectée au Revier (l'infirmerie) où elle soulage et soigne avec ses maigres moyens. Dans les cas les plus graves, elle s'arrange pour maquiller le diagnostic et permet ainsi à nombre de ses patientes d'éviter la chambre à gaz. Elle doit aussi travailler au sinistre Block des expériences médicales sur la stérilisation. Elle réussit d'abord à ne faire que soulager les jeunes martyrisées, témoin des horreurs perpétrées par les médecins SS. Mais quand elle reçoit l'ordre de prêter la main aux actes criminels, elle refuse, s'opposant frontalement aux nazis.
Le négationnisme affirme que les Juifs ont inventé leur génocide afin de culpabiliser l'Occident et de permettre la création de l'Etat d'Israël. Cette nouvelle forme d'antisémitisme ne se contente pas de nier la réalité historique. Elle l'inverse. Dédouanant Vichy et le nazisme de leurs crimes, elle accuse les Juifs d'être de criminels "mystificateurs". Le négationnisme réactualise ainsi le mythe du "complot juif international". Ce discours, apparu en France en 1948, est diffusé à une plus large échelle par l'essor d'Internet depuis le début du XXIe siècle. Valérie Igounet en retrace l'histoire et en explore les multiples avatars, jusqu'aux plus récents, revenant sur les itinéraires de certains idéologues de ce qui n'est rien de moins qu'une propagande politique.
Dans sa première édition, en 1959, le Comité international d'Auschwitz présentait ainsi ce livre : "Rudolf Hoess a été pendu à Auschwitz en exécution du jugement du 4 avril 1947. C'est au cours de sa détention à la prison de Cracovie, et dans l'attente du procès, que l'ancien commandant du camp d'Auschwitz a rédigé cette autobiographie sur le conseil de ses avocats et des personnalités polonaises chargées de l'enquête sur les crimes de guerre nazis en Pologne. [...] "Conçu dans un but de justification personnelle, mais avec le souci d'atténuer la responsabilité de son auteur en colorant le mieux possible son comportement, celui de ses égaux et des grands chefs SS, ce document projette une lumière accablante sur la genèse et l'évolution de la "solution finale" et du système concentrationnaire. Ce "compte rendu sincère" représente l'un des actes d'accusation les plus écrasants qu'il nous ait été donné de connaître contre le régime dont se réclame l'accusé, et au nom duquel il a sacrifié, comme ses pairs et supérieurs, des millions d'êtres humains en abdiquant sa propre humanité."