La mobilité est un élément constitutif de la mission chrétienne, en tant que mouvement mondialisé. L'orientation nord-sud la caractérise tant que l'Occident se répand dans le monde pour diffuser le message chrétien. Depuis le milieu du XXe siècle, de nouvelles mobilités missionnaires apparaissent, au moment où les pays du sud entrent dans un processus d'indépendance politique. Un mouvement d'inversion de la mission paraît alors s'esquisser, mais d'autres types de mobilités missionnaires transnationales apparaissent. L'objectif de cet ouvrage consiste à les recenser en les plongeant dans l'histoire globale. Le premier d'entre eux remet le continent européen en état de mission, lui qui s'est perçu pendant un millénaire et demi comme chrétien. La sécularisation et la décolonisation obligent, ensuite, à repenser les modèles et les stratégies missionnaires traditionnels. Les Eglises du sud étant désormais en mesure de donner après avoir reçu, entrent alors dans le mouvement avec la perspective d' "une mission de partout vers partout" . Mais les échanges qui mondialisent désormais la mission obéissent à des motivations diverses, portés par des mouvements de populations dont l'immigration sud-nord n'est qu'un aspect parmi d'autres. L'ouvrage se termine sur l'examen de mobilités missionnaires liées à des crises mondiales : guerres, dénis culturels, exodes continentaux, exils intercontinentaux, ouvrant ainsi la réflexion sur le lien entre mission et détresses humaines.
Comment définir la religion dans notre époque postmoderne ... La notion moderne de religion a émergé dans le contexte des Lumières. Elle a en quelque sorte fait asseoir la « vraie religion » (le christianisme) auprès des autres traditions, tout en le promouvant implicitement comme modèle. Aujourd'hui, est-il encore légitime de présenter les traditions religieuses dans la catégorie moderne et cryptochrétienne de la religion ... Dans un contexte qui accorde une estime plus marquée aux cultures et traditions extraeuropéennes, ne faut-il pas déseuropéaniser la réalité cachée derrière le terme « religion » pour laisser place à plus de diversité ... Plusieurs voies s'ouvrent alors, à commencer par celle de la théologie. Mais la théologie n'est-elle pas l'apanage des « confessants » et des religieux, plus prompts à justifier leurs propres croyances, qu'à les remettre en question dans une démarche scientifique ? Une autre voie consiste à penser les « religions » par un détour, en les considérant dans leur rapport au monde postmoderne, fragmenté, multiculturel, à la fois néolibéral et identitaire, mondialisé et localisé, marqué par le « wokisme », mais aussi par la crise écologique et le développement de l'intelligence artificielle. Le présent ouvrage explore cette seconde voie et fait entrer en dialogue la théologie, la sociologie des religions, la littérature et l'histoire, pour ouvrir un nouveau champ de réflexion autour de la notion de « postreligion ». Ont contribué à cet ouvrage : Jean-Claude Angoula, Ghaleb Bencheikh, Michel Fourcade, Xavier Gué, Jérémy Ianni, Elio Jaillet, Hans Joas, Driss Khechaf, Jacques Lucciardi, Catherine Marin, Philippe Portier, Guilhem Pousson, Olivier Roy, Jean-Louis Souletie, Ysé Tardan-Masquelier, Henri Tedongmo Teko et Corinne Valasik.
Voici Martin et Victor en route vers de nouvelles aventures... A travers la forêt, ils vont partir à la recherche des hirondelles... Pourquoi ont-elles disparu ? ...
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.