Devenir et rester ethnologue. Entretiens avec Anette Carayon
Tubiana Marie-José
L'HARMATTAN
13,00 €
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EAN :9782140497216
Mes années d'autodidacte entre dix et quinze ans et mes longs séjours dans la campagne de l'Anguille avaient inscrit en moi un besoin d'indépendance et de liberté et aussi la passion de l'interrogation. J'ai un jour clairement compris que je devais chercher du côté de l'ethnologie". Tout est là... Ce récit autobiographique n'est ni une biographie fiable, ni un essai de synthèse des travaux accomplis durant plus de soixante ans. Sur un tracé chronologique, les souvenirs apparaissent comme bon leur semble. Au fil des pages, le lecteur est témoin de ce que signifie devenir ethnologue, être ethnologue, vivre en ethnologue. Une fenêtre ouverte sur l'intimité d'un choix de vie.
Nombre de pages
114
Date de parution
25/07/2023
Poids
152g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782140497216
Titre
Devenir et rester ethnologue. Entretiens avec Anette Carayon
Auteur
Tubiana Marie-José
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
152
Date de parution
20230725
Nombre de pages
114,00 €
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Les forgerons, groupe héréditaire, strictement endogame, occupaient jusqu'à nos jours le plus bas degré de la hiérarchie sociale et leur contact était évité. Aujourd'hui, ils conservent leurs tâches spécifiques : la forge, la confection du charbon de bois, le travail du bois et celui du cuir, la chasse aux filets et aux pièges, ainsi que la musique avec un tambour qui leur est propre. Mais à travers l'école - publique ou coranique - ils peuvent maintenant échapper à leur condition inférieure.
Trente femmes ont participé à ces entretiens retraçant leur parcours sous forme d'autobiographie. Elles font partie de ce qu'il est convenu d'appeler l'élite : celles qui sont allées à l'école, au lycée puis à l'Université, ont fait de longues études le plus souvent à l'étranger et ont aujourd'hui des postes de responsabilité, dans la fonction publique, dans le secteur privé, dans la vie politique. Elles vivent dans la capitale mais appartiennent aux différentes sociétés qui composent le Tchad. Elles sont musulmanes ou chrétiennes, quelques-unes - rares - sans appartenance religieuse. Elles relèvent des classes sociales les plus élevées, les plus éduquées (parfois père et mère scolarisés) et souvent les plus politisées. Ce ne sont pas encore les enfants des paysans ; des éleveurs ou des classes sociales situées au bas de l'échelle qui peuvent avoir accès à une scolarisation de longue durée. Cette émergence des femmes tchadiennes, à travers la scolarisation, a démarré tardivement. Elle progresse lentement, à son rythme, sans mouvements violents mais apporte déjà de profonds changements dans les attitudes et les choix de vie. C'est ce vécu perceptible tout au long des récits que ce livre voudrait faire découvrir.
Je crois que je n'aurais jamais envisagé de publier ces carnets si la situation que connaît actuellement le Dar For ne m'avait pas paruaussi dramatique. Il m'a semblé qu'avec ces notations, faites quarante ans auparavant, je pouvais apporter un témoignage sur cespopulations actuellement décimées, sur la vie dans ces villages aujourd'hui détruits, sur les problèmes de coexistence qui se posaientalors et qui d'une manière ou d'un autre parvenaient à être réglés par des chefs dont l'autorité était reconnue. Je me suis sentie en dette de dire ce que mon mari et moi, nous avions vu et vécu, qui n'apparaissait pas toujours à travers les livres ou articles quenous avions publiés.