En octobre 1962 s'ouvrait à Saint-Pierre de Rome le deuxième Concile du Vatican (1962-1965) dont on a pu dire qu'il fut l'un des événements majeurs du XXe siècle. Il nous faut remercier ici Mgr Tharcisse Tshibangu, qui y participa comme jeune expert, de nous en rappeler les étapes. Il y eut d'abord un important travail préconciliaire auquel se joignit la Société Africaine de Culture en la personne d'Alioune Diop, son fondateur. S'ensuivit le long travail des Pères du Concile. Dès la première session, les évêques africains eurent à coeur de se regrouper dans un Secrétariat général qui fut confié, pour les anglophones, à Mgr Blomjous, évêque de Mwanza (Tanganyika), et pour les francophones, à Mgr Zoa, archevêque de Yaoundé. A partir de 1966, vint le temps de la mise en application du Concile. En 1969, à Kampala, face aux évêques rassemblés pour la première fois dans le cadre du Symposium des Conférences Episcopales de l'Afrique et de Madagascar, le pape Paul VI déclarait : "Vous pouvez et vous devez avoir un christianisme africain." En 1977, au cours d'un colloque tenu à Abidjan, à l'initiative d'Alioune Diop, fut posée la question d'un Concile Africain et, lors du voyage du pape Jean-Paul II à Kinshasa en mai 1980, le Cardinal Malula en souligna l'opportunité. Dans les années qui suivirent, l'idée fit son chemin et finalement, le 6 janvier 1989, le pape convoqua un Synode africain des Evêques (Rome, avril-mai 1994). Ce premier Synode sera suivi d'un second en 2009. En dépit des lacunes des textes adoptés successivement, en tenant compte des avancées et des reculs dans la pratique, cet ouvrage vient nous rappeler ce qui s'est fait au cours des dernières décennies. Pour ne parler que de l'Eglise de Kinshasa en RDC, elle vit apparaître un rite "zaïrois" de la liturgie eucharistique, une restructuration de l'Eglise locale en communautés ecclésiales de base (CEB), la naissance de laïcs placés à la tête de paroisses, un Synode diocésain postconciliaire qui durera deux longues années (1986-1988). Verra-t-on un jour un troisième Synode ou mieux encore un Concile africain ? Il n'est pas trop tôt pour en prendre conscience et s'y préparer. L'ouvrage de Mgr T. Tshibangu nous offre les prémisses du travail à entreprendre.
Nombre de pages
154
Date de parution
23/11/2012
Poids
269g
Largeur
160mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782811107840
Titre
CONCILE VATICAN II ET L'EGLISE AFRICAINE. MISE EN OEUVRE DU CONCILE DANS L'EGLISE D'AFRIQUE (1960-20
Le développement socio-économique et le calme politique au coeur de l'Afrique sont des moteurs du décollage de ce continent. La République Démocratique du Congo a une très grande responsabilité, car elle est au coeur et est le coeur de l'Union Africaine. Elle est le pont naturel et incontournable entre le nord et le sud, entre l'Océan Ethiopien et l'Océan Indu. On saisit la raison pour laquelle l'Afrique s'est inclinée devant son Héros Historique. En se sacrifiant pour le Congo, Tshisekedi wa Mulumba s'est sacrifié pour l'Avenir de l'Afrique et de l'Union Africaine.
Matangila Musadila Léon ; Tshibangu Tshishiku Thar
La pandémie de la Covid-19 pose, de la manière la plus ardue, le problème du sens de l'existence du sujet, de la validité des affaires et des institutions humaines. La question se pose avec plus d'acuité en sol africain, car elle nous renvoie à la remise en cause de nos organisations sociétales, incapables de répondre à la mise en oeuvre des mesures barrières à cause de modèles de gestion sociopolitique et économique inadaptés. L'Afrique, un continent pourtant riche, est paradoxalement ancrée dans les méandres du sous-développement, où se posent encore des questions de démocratie, d'Etat de droit et de paix. Dès lors, la lutte contre la Covid-19 illustre les limites d'un mimétisme aveugle et de la reproduction à l'identique des modèles venus d'ailleurs. Comment dès lors valoriser les savoirs endogènes africains ? Le vaccin soulève des inquiétudes : où, comment et auprès de qui faire les expérimentations ? Quel est le protocole éthique requis ? Les mesures barrières telles qu'encouragées doivent être communiquées et comprises par tous. Comment mettre à contribution nos langues locales et nos pratiques singulières pour une communication efficace ? Quelles organisations sociopolitiques et économiques pour promouvoir des politiques sanitaires préventives ? Quelles leçons tirer de la longue histoire des pandémies en sol africain ? Au-delà d'une pandémie universelle, il faut davantage mener des réflexions et proposer des réponses contextuelles et africaines surtout, valorisant les savoirs endogènes, ouverts cependant aux recherches et découvertes concluantes d'ailleurs.
Cet ouvrage nous invite à découvrir un parcours migratoire poignant. Chemin faisant, l'auteur se trouve profondément transformé. L'histoire de Jean-Jacques Tshibangu Dikangala révèle la corruption qui gangrène tous les corps de l'Etat. Cette dernière mène un jeune homme, fou de son désir de se rendre en Europe, à perdre son identité. Pas à pas, il mènera un combat de chaque instant – contre les autres mais avant tout contre lui-même –, pour tenter de la retrouver.
Après qu'on l'eut meurtri dans son coeur et dans sa chair, sans qu'il n'ait fait la moindre offense à personne, mais seulement après qu'on lui eut demandé pardon, il trouva les mots justes pour éveiller chez l'homme son aptitude au pardon, pour stimuler l'essence de la fraternité qui s'émoussait chaque jour davantage : " Si nous ne sommes pas capables de pardonner à nos frères qui nous ont causé du tort, consciemment ou pas, comment pouvons-nous espérer être pardonnés à notre tour ? Si l'homme est un loup pour l'homme, l'être a pour remède l'être. " Voici ce qu'il répondit. Enfin affranchi de toute haine, il fit un pas vers son tortionnaire et ils s'embrassèrent fraternellement, lui montrant en cela qu'il venait d'absoudre ses torts. Sommes-nous capables d'un exploit semblable ...
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
La question de l'évangélisation est au coeur de ce récit à caractère autobiographique. Prêtre du diocèse de Vannes, Bertrand Jégouzo a passé plusieurs années de sa vie comme missionnaire Fidei donum dans le diocèse de Riobamba, en Equateur. Plus précisément dans les Andes au milieu d'une population majoritairement indienne. Très vite, il s'est trouvé confronté à l'interrogation à la base de l'évangélisation : comment un missionnaire occidental, formé dans la théologie catholique du XXe siècle, peut-il transmettre - ou partager - la foi chrétienne à des paysans quechua vivant dans une culture plus que millénaire ? Comment composer avec les formes et les traditions d'un christianisme implanté au temps de la conquête espagnole ? A travers le récit d'histoires et d'aventures vécues au quotidien, l'auteur questionne la pratique missionnaire. Dans les sociétés latino-américaines, l'enjeu est d'assurer le droit à la différence dans les manières de vivre, de penser et d'élaborer ses propres conceptions culturelles et religieuses. Son témoignage aborde des questions essentielles et respire l'authenticité.
Cent ans ont passé depuis la fondation de la République de Turquie. Les différents partis politiques qui se sont succédé au pouvoir, au rythme des élections et des coups d'Etat, ont imposé leurs politiques mémorielles. Dans le même temps, on a assisté à la publication quasi ininterrompue de mémoires des chefs du Comité Union et Progrès qui prirent le pouvoir dans l'Empire ottoman à la veille du Premier conflit mondial et furent les principaux responsables du génocide des Arméniens. Aujourd'hui, plus que jamais, ces livres constituent des succès de librairie, et leurs auteurs sont largement considérés en Turquie comme des héros, pères fondateurs de la nation. Duygu Tasalp propose de considérer ces ouvrages comme supports de la construction d'une mémoire publique en Turquie. La mise en contexte des différentes vagues de publications au cours du XXe siècle, associée à une analyse de discours, permet de repérer trois tournants - dans les années 1920, 1940 et 1990 correspondant à l'avènement de trois grands régimes mémoriels : kémaliste, inönüiste et, enfin, islamiste, qui se succèdent et se superposent. Le rôle fondamental des mémoires d'unionistes dans l'élaboration du discours officiel sur le passé témoigne de la force et de la persistance du négationnisme au fil des décennies. Au-delà de la Turquie, ce livre apporte une réflexion de sciences sociales sur les notions de secret et de mensonge, comme sur les effets durables des violences exterminatrices sur leurs auteurs et leurs descendants.