Folie et littérature dans l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles
Tropé Hélène
L'HARMATTAN
32,50 €
Sur commande en 6-8 jours
EAN :9782336007212
A l'aube du XVe siècle, la même année (1410), furent fondées en Europe deux institutions pionnières : l'hôpital des fous de Bedlam à Londres et l'hôpital des Innocents à Valence (Espagne). Bientôt la Péninsule se couvrit d'un réseau serré d'asiles. Les temps avaient changé : désormais on n'expulsait plus les fous hors de la cité, on les intégrait à l'intérieur de ses murs mais dans des espaces de ségrégation. Parallèlement, dans les systèmes de représentation, les médiévales nefs de fous de Brant, Bade et Bosch, dérivant vers Narragonia, l'île des insensés, cédèrent la place, en Espagne d'abord, puis en Italie et en France, à la "littérature de l'hôpital des insensés", propice à la satire des péchés, des travers et des vices. C'est l'époque où la folie s'immobilise et où la représentation cinétique des fous, favorisée par le thème de la nef, est relayée par d'autres images, statiques, que le présent essai s'attache à faire connaître. On y verra le parti comique, moral, philosophique ou didactique que les auteurs espagnols ont su tirer de ces étranges et fascinants microcosmes. L'ouvrage inclut notamment une édition critique de Maison des fous d'amour (Casa de locos de amor), parue en 1627 dans une édition des Songes (Suefios) de Quevedo, et une adaptation en français de la pièce du grand dramaturge espagnol Lope de Vega, Les fous de Valence (Los locos de Valencia), jamais traduite auparavant dans cette langue, bien que certains auteurs français de l'époque s'en soient très probablement inspirés. A l'heure où la découverte récente, à Amsterdam, d'une traduction espagnole datant du XVIIe siècle de l'Eloge de la folie d'Erasme, mis à l'Index dès 1559 en Espagne, relance l'intérêt pour cet ouvrage, on aura plaisir à découvrir les visages que les Espagnols d'alors prêtaient à la folie, cette énigme qui est de tous les temps, sur la définition de laquelle on peine tant à s'accorder, et qui est en permanente mutation au coeur de l'être humain.
Nombre de pages
290
Date de parution
24/01/2014
Poids
360g
Largeur
135mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782336007212
Titre
Folie et littérature dans l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles
Auteur
Tropé Hélène
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
135
Poids
360
Date de parution
20140124
Nombre de pages
290,00 €
Disponibilité
Sur commande en 6-8 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Au début du XVIe siècle, en Espagne comme dans d'autres cours européennes, un nouveau et puissant personnage apparaît aux côtés du monarque qui lui délègue nombre de tâches de gouvernement: le favori, appelé privado ou vaYido. Sous les règnes de Philippe III (1598-1621) et de Philippe IV (1621-1665) en particulier, deux grandes figures de favoris se distinguent à la tête de la très puissante monarchie espagnole: le duc de Lerma et le comte-duc d'Olivares. Ils inaugurent un système politique à deux têtes composé du roi et de son ministre. Comment donc un personnage de second rang parvint-il à s'imposer au sommet de l'Etat dans une monarchie dite absolue et de droit divin? Comment fut négocié, pensé et représenté ce partage du pouvoir? Et lorsque ces favoris, en particulier Lerma et ses affidés, confondant affaires publiques et privées, commencèrent à susciter certaines oppositions dans "l'opinion publique" naissante, quels moyens mirent-ils en oeuvre pour tenter de se maintenir au pouvoir? Quelles relations s'instituèrent entre ces favoris et les artistes ou les écrivains chargés de les représenter? Quelles images du privado trouve-t-on notamment dans les oeuvres politiques et les pamphlets du célèbre écrivain Francisco de Quevedo? Quelles images enfin en offrent les peintures et gravures de l'époque? Telles sont les questions traitées par les auteurs du présent volume, consacré à l'étude des systèmes de représentation littéraires et iconographiques des favoris sous Philippe III et Philippe IV. Les études ici réunies, par la richesse et la diversité des angles d'approche retenus, passionneront toute personne intéressée par cette première période du règne des favoris espagnols, une des pages les plus paradoxales de l'Histoire des Habsbourg d'Espagne, tout à la fois de déclin sur l'échiquier politique international et d'apogée sur le plan artistique et littéraire.
Le présent volume est consacré à l'étude des diverses formes d'opposition dans l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles. Son originalité réside dans l'approche résolument pluridisciplinaire des phénomènes envisagés. L'opposition y est analysée non seulement d'un point de vue historique, mais aussi par le biais des représentations littéraires, artistiques et anthropologiques. C'est donc un portrait de l'Espagne conflictuelle et "résistante" des Habsbourg que le lecteur trouvera dans cet ouvrage qui commence par l'étude de la critique de l'exercice du pouvoir royal à la fin du règne de Philippe II, questionne la contestation politique sous les règnes de Philippe III, Philippe IV et Charles II et s'achève par l'examen de l'opposition politique à travers des textes poétiques et dans les livres de proverbes de la même époque, contribuant ainsi à ouvrir de nouvelles perspectives non seulement pour la recherche appliquée au Siècle d'Or espagnol, mais aussi pour celle de l'époque classique dans les pays de l'Europe occidentale.
Qui est digne d'avoir une Vie, rédigée, recopiée, interprétée, illustrée ? Les biographies à l'aube de l'époque moderne concernent d'abord les "illustres" , avant de s'intéresser aux auteurs et aux artistes. Avant l'apparition des récits de vie isolés ou en recueils, les indications biographiques se glissent dans le paratexte, les types d'approche historiques et apologétiques se mêlent et la valeur esthétique de ces textes est sous-estimée. L'aptitude de la narration à se constituer en fables et en symboles rend souvent illusoire la présence du vrai. Pour donner aux Vies une visée apologétique ou didactique, le récit cherche à donner aux vies particulières un cadre typique, qui satisfasse à des valeurs morales ou nationales et puisse proposer des canons ou modèles. Pour simuler la référence particulière, c'est à l'oeuvre qu'on demande d'apporter les éléments biographiques qui, réécrits, fusionnent la persona affichée par l'auteur, lue comme réellement vécue, son tempérament supposé, et le jugement qu'en offre le biographe-critique.
Cet ouvrage entend réfuter les thèses de l'impossibilité de la tragédie dans l'Espagne du Siècle d'or, de son extinction après une série d'expérimentations à la fin du XVIe siècle, ou encore de la singularité du théâtre espagnol comme expression d'un génie national rétif au tragique. En plaçant le théâtre espagnol dans son contexte européen, les études ici rassemblées permettent aussi d'interroger à nouveaux frais tout un pan de l'histoire du théâtre occidental antérieur au néoclassicisme à la française, passablement tardif, auquel on continue de rapporter trop vite toute la tragédie moderne. Marginalisés a posteriori par une pensée critique qui privilégiait la règle, le précepte et la classification, un autre théâtre et une autre tragédie ont bien été possibles en Europe: tragédie de l'excès, du mauvais goût, de la violence; tragédie, surtout, marquée du sceau de l'impureté et de l'hybridité génériques, que l'on retrouve, dans des proportions variables et avec des ingrédients divers, dans les textes de théâtre ici évoqués, qu'il s'agisse des premières expérimentations italiennes, des essais en portugais (Castro), du théâtre de l'échafaud ou de celui que l'on appelle baroque en France, ou, enfin, de la variante tragique de la Comedia nueva espagnole pratiquée par des auteurs comme Virués, Lope de Vega ou Calderón.Christophe Couderc est Professeur de littérature et civilisation de l'Espagne du Siècle d'or à l'Université de Paris Ouest Nanterre La Défense, où il a fondé le Groupe de Recherche sur l'Espagne de l'Age classique (GREAC, EA 369 «Études Romanes»). Il est l'auteur de nombreuses études et de plusieurs ouvrages sur le théâtre espagnol: Galanesy damas en la Comedia Nueva (2006), Le théâtre espagnol du Siècle d'Or (1580-1680) (2007), Le théâtre tragique en Espagne au Siècle d'Or. Cristóbalde Virués, Lope de Vega, Calderón (2012).Hélène Tropé est Maître de Conférences Habilitée à l'Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, membre du «Centre de Recherche sur l'Espagne des XVIe et XVIIe siècles» (CRES-LECEMO) et du TC/12 Consolider consacré à l'étude du Patrimoine théâtral espagnol classique. Elle collabore également au projet international Les Idées du théâtre (édition en ligne des paratextes). Postérieurement à la publication de sa thèse intitulée Folie et société â Valence aux XVe-XVIIe siècles, elle a fait paraître une édition critique de Los locos de Valencia, de Lope de Vega, et La formation des orphelins à Valence (XVe-XVIIe siècles). Elle a aussi édité des ouvrages collectifs: La représentation du favori dans l'Espagne de Philippe III et de Philippe IV et, en codirection. Écrire des Vies (Espagne, France, Italie XVIe-XVIIIe siècles).Fondateur: Augustin REDONDODirecteur: Pierre CIVIL
L'année 2010 marquera, pour de nombreux pays africains surtout francophones, 50 ans d'indépendance, donc de gestion du pouvoir entre les mains des élites dirigeantes africaines. Seulement, un demi-siècle plus tard, un constat se dégage de l'ensemble des Etats africains : le développement semble s'éloigner de l'Afrique au fur et à mesure que les années passent. Pourquoi l'Afrique demeure-t-elle à la traîne malgré toutes les richesses qu'elle possède ? Le continent noir peut-il se sortir du piège de l'aide pour son développement si la bonne gouvernance s'installe effectivement et si les mentalités changent radicalement ? Compte tenu de l'apport remarquable des diasporas intellectuelles notamment chinoise et indienne pour l'émergence de la Chine et de l'Inde, la diaspora intellectuelle africaine, avec l'élection du fils d'Afrique Barack Obama à la Maison Blanche, ne constitue-t-elle pas le meilleur pilier de l'Afrique pour sortir du labyrinthe de la néguentropie ? Dans le cadre de mes recherches de plus d'une décennie, je présente également ce que l'on pourrait assimiler à une nouvelle théorie des relations Nord-Sud. Ce sont ces réflexions et interrogations auxquelles nous essayons de trouver des solutions pour l'avenir de l'Afrique avec quelques brillants intellectuels de la diaspora africaine d'Europe et d'Amérique du Nord.
Avant la conquête française, la plus grande partie de la moitié orientale du Burkina Faso actuel était occupée par les Mossis. On appelle également "mossis" les représentants de l'ordre aristocratique qui dirige ce territoire, souvent qualifié à tort d'empire, un ordre dont les institutions se sont maintenues durant les six décennies de domination coloniale. Pourquoi et comment ce système a-t-il été préservé alors même que la société toute entière vit de grands bouleversements ? Au moment de la conquête, les chefs précoloniaux n'auraient-ils pas dû être renversés et leur système aboli ? Et lorsqu'on s'approche de la décolonisation, c'est-à-dire d'une indépendance accordée à une élite "moderne" formée à l'école coloniale, la question de l'abolition des organisations traditionnelles n'aurait-elle pas dû être de nouveau soulevée ? Comment les structures politiques mossis ont-elles su se maintenir durant la période coloniale ? Selon quelles modalités ...