A la pluralité des péchés affichée par son titre, A Multitude of Sins de Richard Ford préfère l'exploration obsessionnelle de la seule infidélité - infidélité aux autres mais aussi à soi-même -, qu'il décline en autant de micro-tragédies, nouées dans le mensonge, la lâcheté et les défaillances de la conscience. Figure privilégiée, l'adultère, avec sa cohorte de rendez-vous clandestins, ses chambres d'hôtel et ses ruptures sans affect, opère ici comme un miroir tendu aux vicissitudes des personnages, révélant fêlures intimes mais aussi désirs d'ailleurs ou quêtes d'oubli. Sur fond d'une Amérique désenchantée et confusément déchéante, l'auteur anatomise l'amour déceptif, l'usure des sentiments, les leurres et impasses de la passion. La chute qui menace sans cesse les corps semble aussi guetter l'âme du pays tout entier, à l'image terrible et terminale du Grand Canyon qui clôt magistralement ce recueil. En l'espace de dix nouvelles, Richard Ford déploie avec force un univers à la fois proche et insensiblement inquiétant, où un échantillon d'humanité ordinaire et vulnérable, en proie aux fantasmes comme aux remords, s'arrange tant bien que mal avec sa conscience. Écriture du désir comme du désarroi, A Multitude of Sins cerne au plus juste la variété de ces tensions qui travaillent le rapport à l'autre, qui agissent les couples, les régénèrent ou les détruisent. La présente monographie approche ces thèmes et motifs, en s'efforçant de rendre justice à une écriture de l'intime, toute en sobriété et en efficacité. Synthèses transversales et analyses individuelles des textes s'y succèdent afin d'explorer au mieux les dimensions d'une ?uvre extrêmement cohérente, que scellent renvois et échos internes.
Nombre de pages
443
Date de parution
04/09/2008
Poids
690g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782753505018
Titre
Lectures de Richard Ford. A Multitude of Sins
Auteur
Tréguer Florian ; Henry François
Editeur
PU RENNES
Largeur
155
Poids
690
Date de parution
20080904
Nombre de pages
443,00 €
Disponibilité
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Ce n'était plus une rue mais un monde, un espace-temps de cendres qui tombaient et de presque nuit". Un homme hagard, blessé et couvert de poussière, portant à la main un attaché-case, émerge des décombres de la tour sud du World Trade Center et avance tel un automate dans les rues méconnaissables de Manhattan. A partir de cette image initiale, Don DeLillo se propose d'écrire ce que fut le 11 septembre 2001, non pas tant comme un drame de l'histoire aux ramifications complexes, que comme un événement éminemment subjectif, vécu à hauteur d'hommes et de femmes, et dont le sens est en permanent devenir sur la distance du roman. Falling Man inscrit ainsi son action dans un après-coup traumatique, chroniquant tout particulièrement (intimité de conscience d'un couple de quadragénaires, Keith et Lianne, que ce désastre inaugural a de nouveau rapproché. En un savant agencement de vignettes, le roman enregistre sur un mode stéréoscopique la dérive hantée de ces personnages et de leurs proches, s'attachant à la convalescence des corps meurtris comme à celle des psychismes fracturés. A travers l'impossible reconstruction des identités, c'est bien aussi une redéfinition de l'Amérique d'après la chute que propose Falling Man, opposant à la logique de la terreur un contre-récit polyphonique, foncièrement empathique et démocratique.
D’Americana (1971), au titre si programmatique, au Silence (2020), la fiction de Don DeLillo affiche depuis un demi-siècle l’invariable ambition de radiographier la culture américaine. Si la paranoïa ressortit d’abord à l’intrigue des romans, elle informe aussi une lecture presciente de la complexité du réel contemporain et une écriture du soupçon radical. En quoi, l’ambition dernière de cette écriture est bien d’introduire le jeu du doute entre le texte et le monde.
Avec l'il critique d'un océanographe, Paul Tréguer revisite le monde marin de Jules Verne. Il nous embarque dans les aventures des héros d'une trilogie marine : l'Ecossais Edward Glenarvan des Enfants du Capitaine Grant, l'Américain Cyrus Smith de L'Ile Mystérieuse et l'Indien Dakkar, alias capitaine Nemo de Vingt mille lieues sous les mers. Jules Verne envisage l'exploitation des immenses richesses de la mer. Prévoyant l'épuisement des ressources d'énergie fossile, il préconise l'électrolyse de l'eau pour la production d'hydrogène, base de l'énergie du futur. Quelles nouvelles aventures proposerait Jules Verne aujourd'hui ? Partirions-nous à la découverte des ressources marines profondes ...
Pourquoi établir des liens entre des images de films radicalement différents, au-delà des auteurs, des pays et des époques ? Parce que ces images convoquent des motifs visuels qui hantent le cinéma depuis ses origines : la fenêtre, la nuque, l'escalier, le miroir, le labyrinthe, le téléphone, le chat, le cri, et tant d'autres... Ces motifs ont des affinités profondes avec le langage et le récit cinématographiques. Ils sont de ce fait universels, pluriels, ambigus, et chaque cinéaste est incité à les adopter, les transformer et les réinterpréter. Les motifs de cinéma ont une grande agilité à se mouvoir : migrer d'un film à l'autre, d'un cinéaste à l'autre, d'une époque à une autre. Par le jeu des reprises et des différences, ils imprègnent la mémoire émotionnelle du spectateur et ouvrent une nouvelle perspective à l'histoire du cinéma. Les soixante motifs analysés et le millier de films cités donnent la mesure de l'impact visuel et narratif de ces images séminales, souvent reliées à la tradition picturale. Ce livre établit des liens comparatifs entre des créateurs qui ont confronté leur art à un même motif, permettant ainsi d'identifier leur singularité, leur rapport intime et personnel à ce motif, et leur rapport à l'histoire commune des images cinématographiques. Une des ambitions principales de cette riche collection de textes, adossés à des photogrammes choisis par les auteurs eux-mêmes, est de susciter l'émergence d'une possible théorie du motif en cinéma.
La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre Hirsch4e de couverture : La guerre et l'occupation de 1914-1918 ont-elles vraiment été une catastrophe économique pour le Nord ...A travers l'étude de la région lilloise, l'auteur soumet à la critique historique la mémoire victimaire qui, depuis cent ans, oppose les territoires "envahis" et "sinistrés" à une France "libre" et enrichie par la guerre. En centrant l'analyse sur la place et non plus sur le territoire, il montre la dualité de patrons à la fois victimes et profiteurs de guerre.Ce livre interroge le rapport des capitaux au territoire. Revisitant l'occupation et dépassant la dichotomie collaboration/résistance, il montre la résilience de la place à travers le maintien d'une activité économique et l'incessante concertation des industriels, des banquiers et des négociants. En même temps, le repli d'une bonne partie des capitaux en "France libre" et le dédoublement de la place à Paris permettent de participer activement, avec les multinationales implantées à l'étranger, à la mobilisation économique et aux bénéfices de guerre.A plus long terme, la relocalisation très partielle montre que la guerre a été l'occasion d'une expansion durable. Ce livre montre aussi les bénéfices de la rhétorique victimaire assénée à l'Etat par un dense réseau d'organisations patronales et de puissantes associations de "sinistrés" : le "statut des sinistrés" est financièrement très favorable, et la "reconstitution" industrielle rapide ; la place reste puissante.Certes, tous n'ont pas également bénéficié de la guerre, mais dans le concert victimaire, les voix dissonantes sont inaudibles.Avec une préface de Jean-Pierre HirschNotes Biographiques : Jean-Luc Mastin est maître de conférences en histoire économique et sociale contemporaine à l'université Paris 8.
Le Bon Marché, les Galeries Lafayette, le Printemps, Le Bazar de l'Hôtel de Ville : ces enseignes aux noms évocateurs désignent des grands magasins. Temples de la consommation et symboles d'une société qu'ils ont contribué à produire, ils attirent depuis la fin du XIXe siècle des clients à la recherche d'affaires, parfois, et de distinction, souvent. Mais les grands magasins sont aussi des lieux de travail. Or, de ses travailleuses, on connaît peu le quotidien, sauf à se contenter des observations faites il y a plus de cent trente ans par Emile Zola dans Au Bonheur des Dames. A partir d'une longue enquête de terrain par entretiens et observation participante, cet ouvrage invite le lecteur dans les rayons d'un grand magasin prestigieux, que l'on appellera le Bazar de l'Opéra, afin d'y découvrir le travail de la vente (ses techniques, ses contraintes, mais aussi ses réjouissances) et les trajectoires de celles qui l'effectuent. Son objectif est de contribuer à la compréhension d'un travail, celui de la vente, et d'un ensemble de la société française, celui des employés de commerce.
Epiphénomènes d'une mutation sociétale, fruit de l'économie numérique, les tiers-lieux interpellent les décideurs publics territoriaux sur l'attitude à adopter, de l'intérêt bienveillant à une tutelle complète. L'ouvrage réunissant une équipe pluridisciplinaire de chercheurs présente un matériau empirique original sur cette réalité émergente, encore mal connue : celle de la multiplication des tiers-lieux dans les villes et hors des centres métropolitains. Il pose de nouvelles questions, encore peu traitées dans la littérature, en s'intéressant à la trajectoire sociale des fondateurs d'espaces de coworking, aux nouvelles manières des jeunes générations de travailleurs du numérique de conjuguer leurs aspirations de liberté et d'épanouissement dans les domaines professionnel et privé, ainsi qu'à leurs nouveaux rapports à la collaboration, au travail, au territoire, à la mobilité et aux questions écologiques.