Les rapports de l'art avec l'histoire ne sauraient être simples. Mais aucune révolution n'aura entretenu de relations aussi compliquées avec ses images, ses représentations et ses artistes, que la Commune de Paris - dès 1871 et jusqu'à la veille de la Grande Guerre. Qu'il s'agisse de peintures et de sculptures, de photographies et de gravures de presse ou encore de caricatures - toutes représentations étudiées dans ce livre - l'image produite en regard de la Commune paraît en permanence échouer à représenter les événements du printemps 1871 - sur le vif comme à retardement, au plus fort de l'événement comme dans sa mémoire.La Commune semble toujours parvenir à se soustraire à sa représentation, tant chez les artistes favorables à sa cause (le sculpteur Jules Dalou et les peintres Gustave Courbet, Édouard Manet ou Maximilien Luce), que chez ceux qui en furent des ennemis déclarés (les peintres Ernest Meissonier, Jean-Paul Laurens, Jean-Baptiste Carpeaux?).Les tentatives des artistes furent souvent vaines et restèrent lettre morte. Dans les rares ?uvres consacrées à la Commune de Paris, les dispositifs et les visions portent la marque de cet échec, successivement frappés par les interdits de la censure institutionnelle, les tabous de l'autocensure que s'imposèrent les artistes et l'oubli posé comme condition nécessaire à l'amnistie de 1881, assourdissante et aveuglante.Rejetées de l'art, par le statut des représentations considérées comme inabouties ou triviales et par le sort infligé à la plupart des artistes condamnés, inquiétés ou censurés, tout autant que durablement expulsées de la mémoire de la France républicaine, les images de la Commune furent marginalisées dans les milieux militants anarchistes, socialistes révolutionnaires et communistes.Entre histoire politique, histoire culturelle et histoire de l'art, cet ouvrage passionnant tente d'expliquer les raisons de cette entreprise d'occultation.
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Date de parution
01/03/2004
Poids
816g
Largeur
155mm
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EAN
9782876733909
Titre
LA COMMUNE DE PARIS REVOLUTION SANS IMAGES ?
Auteur
TILLIER BERTRAND
Editeur
CHAMP VALLON
Largeur
155
Poids
816
Date de parution
20040301
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Depuis la Renaissance, les peintres ont pratiqué la caricature, d'abord comme un jeu d'atelier, puis comme une intervention politique et sociale à destination de l'opinion publique, à la faveur des Lumières et de la Révolution française. Tout au long d'un XIXe siècle attaché aux normes, aux genres et aux hiérarchies, qui a été le siècle de la reproductibilité technique des images et de la densification de leur circulation, le champ artistique s'est trouvé confronté à l'inflation des images satiriques. Grimaçante et expressive, la caricature a connu une expansion inédite, qui a d'abord été perçue comme une menace pour la peinture, d'autant que Hogarth, Goya, David, Delacroix ou Daumier s'y adonnaient. Progressivement, cet objet partisan et utilitaire, doté d'une faible légitimité artistique et culturelle, considéré comme ingrat et régressif, quand il ne passait pour vulgaire, a pourtant été disjoint de ses intentions initiales - le comique, la polémique et la critique -, pour devenir un langage formel. De la sorte, les procédés usuels de l'image satirique - la déformation, l'exagération, l'altération ou la condensation - se sont institués en moyens plastiques, selon un double processus de translation et de déterritorialisation qui caractérise aussi la modernité de Courbet, Cézanne ou Ensor. Cet essai analyse comment, dans l'historiographie, la critique d'art et la pratique même des artistes, la caricature et son arsenal de dérèglements sont devenus, jusqu'au XXe siècle, le lieu d'invention du caricatural, comme en témoignent les oeuvres de Rouault, Klee, Grosz, Picasso, Erro, Basquiat ou Combas.
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