L'appel des entités fragiles. Enquêter avec les modes d'existence de Bruno Latour
Thoreau François ; D'Hoop Ariane ; Hennion Antoine
PULG
15,00 €
Epuisé
EAN :9782875621542
Ce livre relaie plusieurs situations d'enquête. On y croise, pêle-mêle, des projets défendus par des architectes, un lieu de soins psychiatriques en réaménagement, la conception d'un dispositif algorithmique de surveillance, le terrain d'une lutte opposant les mineurs britanniques aux forces de police, un viticulteur aux prises avec les conséquences de l'insaisissable dérèglement climatique, ou encore une artiste cherchant à rendre compte de la fabrique d'images comme pièces à conviction lors d'un procès pour génocide. Toutes ces enquêtes ont pour point commun d'être traversées par des incertitudes sur les entités qui y sont mobilisées. Quels sont leurs gradients de réalité ? Comment qualifier leur qualité d'existence ? En quoi ces entités importent-elles dans tel cas précis et quelle différence y font-elles ? Que la situation mette en jeu des processus d'apprentissages automatisés par des machines, les aménagements d'un lieu qui le rendent propice au soin, ou encore l'avènement progressif de formes architecturales, l'enquête s'enrichit à être attentive à de telles entités et à leurs existences fragiles. Pour aborder ces questions vitales, le présent ouvrage s'appuie sur la proposition d'enquête formulée par Bruno Latour dans l'Enquête sur les modes d'existence. Les modes d'existence permettent toutes sortes d'explorations inattendues. Ils amènent à discerner progressivement certaines des puissances d'agir en jeu, qui pourraient si facilement être négligées. Chaque contribution propose, de façon expérimentale, des manières de qualifier les enjeux qui comptent dans chaque situation. Chemin faisant, il s'agit de se rendre attentifs à ne pas piétiner la façon dont ces entités peuplent leurs mondes respectifs et contribuent à en faire des lieux habitables.
Nombre de pages
186
Date de parution
05/03/2018
Poids
400g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782875621542
Auteur
Thoreau François ; D'Hoop Ariane ; Hennion Antoine
Editeur
PULG
Largeur
160
Date de parution
20180305
Nombre de pages
186,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Les humanités médicales constituent un champ de recherches et de pratiques en plein essor. Elles interrogent les savoirs et les pratiques en médecine en mobilisant l'histoire, la philosophie, les sciences sociales et les arts. Les humanités médicales ne viennent pas, tels des compléments ou des suppléments, « humaniser » les savoirs et les pratiques de la médecine, ni simplement en éclairer les aspects politiques, sociaux ou éthiques ; plus fondamentalement, elles analysent comment ces savoirs et ces pratiques sont des constructions politiques et sociales, intellectuelles et morales. Les humanités médicales contribuent ainsi à renouveler les objets et les pratiques de la médecine, en mettant en oeuvre avec elle des collaborations informées et critiques. Ce livre est le premier ouvrage de référence en langue française dans ce domaine. Il fait le point sur l'histoire et l'actualité des humanités médicales. Au fil des 29 chapitres qui le composent, l'ouvrage rend compte de recherches menées par des acteurs reconnus internationalement, mais aussi d'initiatives de médecins, de patients, de citoyens et d'enseignants en facultés de médecine visant à accroître la puissance d'agir des acteurs du soin. Par son approche multidisciplinaire, il investit des problématiques qui font appréhender autrement les questions de santé et de soin, notamment : la culture médicale, le management à l'hôpital, la place de l'industrie pharmaceutique dans les sciences et la formation médicales, les apports et limites de la « santé globale », les relations entre les milieux et les maladies, les enjeux de la narration en médecine, l'introduction des humanités dans la formation médicale, etc. Cet ouvrage intéressera non seulement les chercheurs, enseignants et étudiants en humanités médicales et en médecine, mais aussi l'ensemble des acteurs de santé, professionnels, patients et usagers.
Lorsqu'il meurt prématurément à quarante-quatre ans, Henry David Thoreau (1817-1862) n'est parvenu à faire paraître que deux ouvrages, A Week on the Concord and Merrimack Rivers (1849) et Walden (1854), mais outre le journal qu'il tient régulièrement depuis 1837, il laisse un grand nombre de textes soit en préparation soit publiés dans des revues ou prononcés lors de conférences dans sa ville de Concord ou à Boston. Les trois essais regroupés par sa sueur Sophia et, publiés en 1864 sous le titre The Maine Woods, relatent ses trois voyages (en 1846, 1853 et 1857) dans les profondeurs de l'État du Maine, où, quoique l'exploitation intensive en soit déjà bien avancée, subsistent encore de grands pans de forêt primaire. Dans ce pays presque désert, sombre, austère, à l'hydrographie incroyablement complexe, et riche d'une flore et d'une faune très diverses, il peut, plus fortement encore que durant ses promenades autour de Concord, être en contact avec le wilderness, la nature sauvage, intacte, exempte de toute influence humaine, et rencontrer une population - les Indiens - dont il se sent proche par la façon qu'elle a de vivre dans et avec la nature et non pas contre elle. Point d'angélisme, cependant, dans cette position, comme en témoigne le premier récit, « Le Ktaadn », ou Thoreau présente au contraire une nature parfaitement insensible à l'homme et qui ne lui accorde a priori aucune place particulière. C'est dans a Le Chesuncook », le plus lyrique des trois, que le sentiment de fusion avec la nature et la conviction de Thoreau que l'homme ne se sauvera qu'avec elle s'expriment avec le plus d'intensité. Quant à "L'Allegash", c'est avant tout le portrait extrêmement concret, précis et chaleureux d'un Indien, celui qui a été son guide tout au long du troisième voyage, Joseph Polis.
Voir, et aimer : les couleurs, les arbres de la forêt, les feuilles tombées - ne va pas de soi. Bien au contraire : "La beauté et la vraie richesse sont toujours (...) bon marché et méprisées", puisque "le paradis pourrait être défini comme l'endroit que les hommes évitent". Tel est l'arrière-plan de "Couleurs d'automne", resté jusqu'ici inédit en français. A l'origine, fasciné par la "maturité" du feuillage - contrairement à celle des fruits, elle ne s'adresse "qu'à notre goût pour la beauté" -, l'auteur de Walden avait voulu reproduire dans un cahier la couleur exacte des feuilles, au moment où elles montrent les nuances flamboyantes propres à l'Est américain. Le projet ne vit jamais le jour sous cette forme, mais fournit la matière d'une sorte d'apologie des sens, aiguillonnés par la saison, ses rougeurs, et la beauté des herbes sauvages. Une illustration de la recommandation que Thoreau notait quelque dix ans plus tôt dans son Journal : "Il faut voir non pas avec les yeux de la science, qui est stérile, ni avec ceux de la poésie juvénile, qui est impuissante (...). Je voudrais que les faits soient exprimés selon des vues plus profondes (...) de telle façon que l'auditeur ou le lecteur ne puisse les reconnaître ou appréhender leur signification sans être lui-même translaté, transporté..."
Des dictionnaires de mots-valises, il en existe déjà. Le procédé, peu connu par son nom, est exploité dans les domaines les plus divers, pour son humour ou son efficacité. Le présent ouvrage offre en ouverture une série de réflexions sur le concept avant d'en explorer un maximum de possibilités.
Avec J.-P. Coutard, D. Cliquet propose ici un volume consacré aux environnements des occupations humaines pléistocènes en Normandie et à leur chronologie. À l'échelle régionale, les données contextuelles sont rassemblées, par disciplines, pour offrir un vaste panorama, non pas des occupations humaines elles-mêmes et des matériaux archéologiques qui leur sont associés ? nul article consacré au débitage et à l'outillage en silex ici, ni à la grande faune chassée ? mais de leurs environnements. L'ouvrage s'ouvre sur l'historique de la recherche en Préhistoire dans la région, il se clôt sur une synthèse consacrée aux hommes et à leurs milieux (au pluriel), entre les deux, une série de contributions donnent l'état de la connaissance des reliefs, roches, végétaux, micro-organismes, etc. C'est donc tout le cadre de vie des hommes durant le Pléistocène qui est reconstitué ici, pour la Normandie, résultat des travaux entrepris par les auteurs et leurs prédécesseurs depuis plusieurs décennies.