De Gaulle avant de Gaulle. La construction d'un homme
Tauriac Michel
PLON
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EAN :9782259216579
L'enfant déroutant Il suffit de monter la rue du Fort-de-Croy pour apercevoir, au sommet, son faîtage, nez pointé au-dessus de la rue Saint-Maurice. C'est la villa Saint-Patrick, la maison de sa tante et marraine, Lucie Maillot, à Wimereux, à quelques kilomètres de Boulogne-sur-Mer, sur la Côte d'Opale. Six pièces, deux étages, un garage, une écurie, un jardin d'agrément, un potager. Charles a l'habitude d'y passer ses vacances d'été avec ses cousins Maillot ou de Corbie. Il y habite une chambre mansardée, ce qui lui permet d'avoir vue sur la plage de la Digue. Le soir, avant de s'endormir, il entend, tout en bas, la mer au travail et, plus près, au bout de la rue Saint-Maurice, où fume la gare, le chuintement de vapeur du dernier express de la Compagnie des chemins de fer du Nord arrivant de Paris, essoufflé, après trois heures et demie de voyage. Un train toujours bondé en raison de l'engouement de la gent touristique à l'égard de cette station balnéaire fondée par Napoléon en 1806 pour les vétérans de la Grande Armée, et surnommée par la suite la «Nice du Nord». En ce matin de la fin septembre 1909, les vacances d'été sur le point d'être terminées, délaissant, comme de coutume, la maison engourdie dans sa torpeur, Charles est allé se baigner à l'heure où la brume traîne ses ultimes lambeaux le long de la plage encore déserte. Plongeon, quelques brasses et, vite, la terre ferme. Brrr! Même les oiseaux ont l'air transi. Grelottent le vanneau huppé et le busard, comme frissonne le haut feuillage de l'oyat, cette sorte de roseau qui freine le vent et retient le sable des dunes. Mais, depuis son enfance, les rigueurs du climat ne l'ont jamais affecté, surtout quand il s'agit de profiter des beautés de la nature. Et il aime la mer, ses humeurs et ses douceurs, aussi bien que la faune et la flore qui la bordent. Il faut voir, d'ailleurs, le nombre de fois où son flux et son reflux ornent les métaphores dont abondera son style. Après la baignade, marche accélérée aux confins de la course sur le rivage semé de coques et d'oursins. Aujourd'hui, il n'ira pas jusqu'au cap Gris-Nez. Trop loin. Il se contentera de quelques kilomètres avant de rebrousser chemin. Il ignore pourtant la bonne nouvelle que le facteur vient tout juste de glisser sous la porte de la villa Saint-Patrick. Ignore qu'il va sauter de joie. C'est fait. Décachetée, l'enveloppe livre son secret. Son père lui annonce qu'il est reçu au concours d'entrée de l'École spéciale militaire de Saint-Cyr dont il vient de passer l'oral au cours de l'été. Son rang - 119e sur 221 - pourrait paraître très modeste si l'on ne savait qu'il a été admis après une seule année de préparation et que la majorité des quelque huit cents candidats n'est parvenue à réussir qu'après deux ou trois tentatives. Fini les bains de mer, les matchs de tennis et les promenades dans le sureau et les ajoncs. Il rentre à Paris, gonflé d'espérance. A dix-huit ans et demi, le métier des armes lui ouvre grand les bras. Le 7 octobre, après avoir contracté, pour quatre ans, un engagement volontaire, il rejoindra, conformément au nouveau règlement de Saint-Cyr, le 33e régiment d'infanterie cantonné à Arras où il sera incorporé le 10. Et à peine aura-t-il revêtu l'uniforme du «bidasse» de deuxième classe qu'il écrira à son père ces mots pénétrés de reconnaissance: «Vous avez été le premier à ajouter à mon nom le titre de Saint-Cyrien. Ceci est dans l'ordre, car n'est-ce pas à vous d'abord que je dois, pour une foule de raisons, la réussite à cet examen?» (...)
Paul Claudel l'affirme : il pèse sur Angkor, comme sur les tombes des pharaons, une terrible malédiction. Paul Blanchard n'y croit pas. Il prend pour une simple coïncidence le fait de revivre certains événements vécus par son père. Diplomate au Cambodge, celui-ci a été assassiné, peu de temps après sa maîtresse, devant le temple d'Angkor Vat. Un jour, pourtant, Blanchard tombe amoureux d'une belle Cambodgienne, mariée à un homme maniaque des armes et fou de jalousie. Envoûté à son tour par Angkor, dont il découvre les splendeurs, il veut arracher à la forêt une statue d'apsara qui ressemble à la femme aimée... Échappera-t-il au sort funeste qui frappa son père ? À la goule tueuse qui attire les étrangers dans les ruines ? Ici, le Cambodge qui fascina André Malraux, Pierre Loti et tant d'autres aventuriers, revit avec ses trésors, ses légendes, ses génies et ses dieux. Un peuple englouti sort de la forêt. Un siècle d'histoire du site fabuleux l'accompagne, avec ceux qui défrichèrent les temples, ceux qui les restaurèrent, ceux qui en célèbrent la beauté et le mystère.
Il faudrait de l'amour dans tout dictionnaire, mais pour la musique plus encore. En France, tout le monde adore la musique, mais personne ne l'aime, disait Berlioz. On ne l'aime pas, puisqu'on ne cherche pas à mieux la connaître. Combien de beaux livres où on peut mieux voir la peinture! La musique, on ne peut pas. Elle n'offre pas d'images, et elle passe. Les savants, ceux qui l'ont étudiée, la savent. Les autres la laissent passer (c'est sa nature), avec délices certes, mais sans pouvoir la retenir. La mémoire ne fixe pas si facilement ce qui passe dans l'instant même, même si cela plaît. D'où l'utilité extrême, pour la musique, d'un guide. Le meilleur en l'occurrence, André Tubeuf, qui se fait avec ce dictionnaire amoureux le mécène de nos futures écoutes. Un amoureux assidu, qui a pris le temps d'écouter pour le plaisir, et qui sait maintenant comment le partager. Il a su apprécier Mozart, Schubert, Bach mais Verdi et Wagner aussi. Il a les clés pour les rendre plus proches, les faire connaître dans leur mystère musical et dans leur individualité d'hommes. Surtout il a pris le temps d'apprendre à en parler en familier, qui trouve les bonnes images. La musique est donc une affaire de c'ur autant que d'oreilles. Il faut savoir se mettre à son écoute, c'est-à-dire se disposer à la recevoir. Combien de mots, de noms communs que la musique s'est appropriés, nous les rendant du coup mystérieux: la mélodie, le rythme, la tonalité, le timbre, même le silence! On en retrouve le sens, un sens qu'on puisse comprendre. Alors on fait plus qu'adorer la musique: l'aimer, la goûter comme un mystère accessible et permis.
Une nouvelle enquête du célèbre héros du Moyen-Age, Guilhem d'Ussel, chevalier troubadour. 1209. L'armée des croisés vient de prendre Béziers et d'y massacrer tous ses habitants, hérétiques ou non. Terreur, pillage et violences vont désormais régner dans le Toulousain. C'est ce que redoute le chevalier Guilhem d'Ussel, dont le château a déjà été ravagé par ses ennemis. Il décide donc d'abandonner son fief et de traverser le royaume de France avec ses gens afin de les mettre à l'abri, un voyage qu'il sait périlleux à cause des brigands, des seigneurs rapaces et des bandes de croisés qui gagnent le midi. Parmi ces derniers, il n'imaginait pas reconnaître des chevaliers allemands qu'il a vaincus quelque quinze ans plus tôt et qui veulent leur revanche. Quand il partira pour le château de Warburg en Thuringe afin de revoir son ami, le minnesinger Wolfram, d'Eschenbach, ses ennemis se lanceront à ses trousses. Mais il découvrira que ses pires adversaires ne sont pas ces chevaliers qui complotent pour l'empereur Othon, ni la neige et les bandes de loups affamés, mais les sorcières de Goslar qui se rassemblent pour la nuit de Walpurgis et dont la plus redoutable a sacrifié sa belle-fille Blancheflor à cause de sa beauté.
Tavares Carlos ; Bayart Berthille ; Seux Dominique
Le parcours incroyable d'un des plus grands patrons automobiles du monde. De Renault à la tête de Stellantis (PSA-Fiat-Chrysler), en passant par PSA qu'il a redressé, Carlos Tavares a enchaîné les incroyables succès tout en essuyant de nombreuses critiques. Il se livre aujourd'hui dans un récit poignant sur sa vie personnelle et sa carrière qu'il a menée aux plus aux sommets.
Ca commence comme une belle histoire d'amour. Du genre... à l'eau de rose. D'ailleurs, le roman débute par une rose déposée sur le palier d'Alice, trentenaire rongée par la solitude. Il y a du mystère également, car la dite Alice ignore qui lui envoie des fleurs et, lui offre de belles déclarations. Une situation romantique à souhait mais qui peut également paraitre... quelque peu inquiétante. Tout prend donc la forme d'une comédie romantique pleine d'humour et... de doutes. Entre les copines du travail, heureuses de voir Alice ainsi courtisée, et son directeur, pressé de la licencier, Alice passe par des émotions contrastées qui la rendent tour à tour heureuse, désespérée, charmée, affolée. Tant de bouleversements dans une vie monotone sont fantastiques et perturbants à la fois. Ne sont-elles pas nombreuses, les âmes seules qui rêveraient d'être emportées par un mystère aussi romantique ? Jusqu'au jour où... ça dérape. Où le rêve devient cauchemar. Où, comme dans les cauchemars, le pire ne se révèle jamais sous la forme attendue.
Enfin la biographie que ce géant méritait "Robert PaxtonS'appuyant sur une très large masse d'archives et de mémoires, Julian Jackson explore toutes les dimensions du mystère de Gaulle, sans chercher à lui donner une excessive cohérence. Personne n'avait décrit ses paradoxes et ses ambiguïtés, son talent politique et sa passion pour la tactique, son pragmatisme et son sens du possible, avec autant d'acuité et d'esprit. Des citations abondantes, éblouissantes d'intelligence, de drôlerie, de méchanceté parfois, restituent la parole de De Gaulle mais aussi les commentaires de Churchill et de tous ceux qui ont appris à le connaître, à se méfier de lui ou à s'exaspérer de son caractère vindicatif, de son ingratitude ou de ses provocations...Aucun détail inutile ici et aucun des défauts de ces biographies-fleuves où l'on se perd, mais une narration toujours tendue, attachée aux situations politiques, intellectuelles, sociales et aux configurations géopolitiques qui éclairent une action et son moment.Julian Jackson relit cette existence politique hors norme et son rapport à la France à la lumière des questions du passé, qu'il restitue de manière extraordinairement vivace, et de celles qui nous occupent aujourd'hui ? et notamment l'histoire coloniale et l'Europe, la place de la France dans le monde, mais aussi évidemment les institutions de la Ve République. En ce sens, c'est une biographie pour notre temps.C'est aussi une biographie à distance, par un observateur décalé qui mieux qu'aucun autre fait ressortir le caractère extravagant d'un personnage singulier à tout point de vue, extraordinairement romanesque dans ses audaces comme dans ses parts d'ombre, et dont l'héritage ne cesse de hanter la mémoire des Français.Spécialiste de l'histoire de la France au XXe siècle, Julian Jackson est professeur d'Histoire à Queen Mary, University of London. Sur toutes les listes des meilleurs livres de l'année en Grande-Bretagne, sa biographie de De Gaulle a été couronnée du très prestigieux Duff Cooper Prize.
16 décembre 1944. Hitler, convaincu qu'une contre-offensive éclair pourra faire éclater la coalition anglo-américaine, envoie des forces militaires de grande ampleur sur le front tenu par les Américains dans les Ardennes belges. Froid glacial, pénurie de vivres, massacres de prisonniers, cadavres piégés, représailles contre les civils, combats rapprochés, amputations à la chaîne, snipers, 5e colonne : jusqu'au 4 février 1945, les Ardennes sont le théâtre d'une guerre totale. 80 000 soldats américains hors de combat, autant du côté allemand. Hitler a joué son va-tout et perdu. Une fois de plus, Antony Beevor excelle dans l'alternance des points de vue - politique, stratégique, tactique et individuel. Nourri d'une documentation impressionnante, il nous fait vivre cette lutte à mort avec l'empathie dépourvue de jugement moral qui est sa marque de fabrique. Le spécialiste de la Seconde Guerre mondiale rend à cette bataille sa juste place dans l'histoire terrible du conflit.