Tang Zhen (1630-1704) est l'un des philosophes et écrivains éminents du XVIIe siècle chinois. Sa jeunesse coïncida avec une des périodes les plus sombres et les plus dramatiques de l'histoire chinoise : l'effondrement de la dynastie Ming et la venue au pouvoir des Mandchous. Après une brève carrière officielle (il est sous-préfet au Shanxi en 1671), il redevient simple particulier et vit jusqu'à sa mort dans la misère ; il n'entretient de contacts qu'avec de rares savants de l'époque. En revanche, dans son isolement, il consacre trente ans à la rédaction d'un seul grand ouvrage, le Qianshu, ou Ecrits d'un sage encore inconnu, qui comprend deux groupes d'essais : sur la sagesse, et sur la mise en ordre du monde. Il y rassemble et y condense, dans un style remarquable, les pensées, jugements et réflexions de toute une vie axée sur le perfectionnement moral, l'aspiration à la vérité et à la sérénité. Tempérament entier et intègre, soucieux d'application pratique, il aborde tous les sujets fondamentaux de l'éthique, de la politique, de la philosophie. Longtemps ignoré dans son pays, il n'a été redécouvert qu'au milieu de ce siècle, et sa critique violente de l'absolutisme l'a rendu célèbre. Ses pages passionnées, où la réflexion abstraite se mêle à d'innombrables exemples réalistes, sont attachantes, émouvantes : on y voit un esprit à l'?uvre face au monde ; comme il le dit " l'esprit est une chose merveilleuse ", et le sien, éclairé et souvent proche de celui de nos philosophes des Lumières, travaille pour lui-même, avec fécondité, avec bonheur. L'?uvre de Tang Zhen est traduite (avec tous les éclaircissements nécessaires) pour la première fois dans une langue occidentale. Traduite, dirons-nous, fraternellement, par un esprit proche du sien, à la fois exigeant, sobre, et tolérant : celui du maître de la sinologie française, Jacques Gernet, qui nous propose ici une découverte majeure.
Nombre de pages
346
Date de parution
23/01/1992
Poids
392g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782070724406
Titre
Ecrits d'un sage encore inconnu
Auteur
Tang Zhen
Editeur
GALLIMARD
Largeur
140
Poids
392
Date de parution
19920123
Nombre de pages
346,00 €
Disponibilité
Epuisé
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La dynastie Tang a duré près de trois siècles : elle fut l'une des plus longues de l'histoire de la Chine. Tang Taizong, son deuxième empereur, était un dirigeant exceptionnel, dont le règne demeure synonyme d'âge d'or de la civilisation chinoise. Ses entretiens avec ses ministres sont devenus un classique sur l'art de gouverner ; sa pensée est aujourd'hui étudiée par les dirigeants et hommes d'affaires de toute l'Asie. La voici enfin accessible en français. Les extraits ici réunis et commentés s'adressent à toute personne en situation de leadership, formant un manuel de management atypique, qui renouvelle notre regard sur nombre de questions : pourquoi est-il important de bien se connaître pour bien diriger ? Comment exercer son autorité ? Comment évaluer les autres ? Comment recruter au mieux et user intelligemment de ses ressources humaines ? Que nous enseigne l'art de la guerre pour diriger une entreprise ?... Les secrets qui ont fait le succès de la dynastie Tang sont les mêmes qui font aujourd'hui la prospérité et la longévité des gouvernements et des organisations.
Cet ouvrage plonge le lecteur au c'ur de l'histoire méconnue de l'alcool en Chine ancienne à travers la traduction intégrale, en regard du texte original, et l'étude d'un texte exceptionnel : le Beishan jiujing (« Classique de l'alcool de la Montagne du Nord »), rédigé au xiie siècle par Zhu Gong, un lettré de la dynastie Song. À la croisée de l'histoire des techniques, de la culture matérielle et de la littérature, celui-ci explore le façonnement par l'alcool de siècles de pratiques sociales, de rituels sacrés et de créations littéraires.Le Beishan jiujing se distingue par son ambition encyclopédique. Rédigé vers la fin des Song du Nord (960-1127), période marquée par l'essor urbain et la démocratisation de l'usage de l'alcool, il synthétise des savoirs techniques hérités de textes anciens, de traditions régionales et de l'expérience directe de Zhu Gong auprès des artisans de Hangzhou, grand centre de commerce du Sud de la Chine.En s'appuyant sur la traduction intégrale du traité de Zhu Gong et en élargissant son enquête à un corpus de textes anciens, TANG Mi retrace l'évolution des méthodes de fabrication depuis le néolithique jusqu'à l'époque Song et s'applique à décrypter les multiples visages de l'alcool : objet de culte, outil politique, source d'inspiration poétique et enjeu économique, nous dévoilant ainsi un pan entier de l'histoire de la Chine.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.