Suzanne GINESTET-DELBREIL examine dans ce livre les pathologies addictives et les phénomènes psycho-somatiques. Elle réinterroge sur ce sujet les théories de FREUD, FERENCZI, LACAN, DOLTO, MONTRELAY mais aussi celles de SAUSSURE et BENVENISTE. De nombreux exemples, des notations sur la conduite de la cure particulière à ces pathologies, illustrent et soutiennent l'élaboration de cet ouvrage dans lequel la théorie est directement issue de la clinique. C'est par l'effet de traumas de générations antérieures sur l'appareil psychique de langage qu'elle explique la difficulté à transformer les sensations, perceptions, affects en représentations langagières. L'écoute du langage de ses patients l'a conduite à repérer comment, lorsque les fonctions signifiantes de la langue sont en souffrance, le symptôme se révèle être alors nécessité et non jouissance. Suzanne GINESTET-DELBREIL met en cause les conceptions classiques de la jouissance et formule l'hypothèse que cette atteinte de « l'appareil formel de la langue » doit être prise en compte dans la genèse de la psychose. Ces observations cliniques l'entraînent à déployer aussi ses interrogations dans le champ du social et à étudier le phénomène nazi, dans le un par un des « hommes ordinaires » comme un processus de désubjectivation-déshumanisation, non des déportés, mais des nazis eux-mêmes. Sa réflexion sur les divers conditionnements par la manipulation de la langue dans tout discours totalitaire, est d'une radicale actualité. Cypris Kophidès
Nombre de pages
224
Date de parution
11/07/2002
Poids
510g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782911438011
Auteur
Suzanne Ginestet-Delbreil
Editeur
DIABASE
Largeur
140
Date de parution
20020711
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dans ce troisième ouvrage, Suzanne GINESTET-DELBREIL approfondit ses recherches sur les pathologies qui ne relèvent ni de la problématique des névroses ni de celle des psychoses. Interroger leur rapport au langage, défini par la référence à Saussure, lui permet d'analyser ainsi leurs "manières de parler". Ces fondements théoriques la conduisent à repérer ces analysants comme " non-dupes du signifiant " et à mettre au jour le fil rouge de leur structuration : une organisation psychique régie par un désaveu de la filiation paternelle qui les laisse dans l'errance. La perversion, souvent proche, peut alors être appréhendée comme "sinthome" dont la fonction consiste à bloquer l'errance et permettre, du même geste, l'émergence du sujet. L'écriture, par ailleurs, peut aussi jouer un rôle semblable même si la sublimation, elle, ne met pas à coup sûr le sujet à l'abri du destin d'être happé dans le champ de l'Autre, comme le montre l'étude, sur ce point, de la vie et de l'?uvre de Sartre, Duras ou Jung. Des exemples précis et détaillés, fournis par l'expérience clinique, viennent en outre illustrer et confirmer l'élaboration théorique novatrice et, pour ainsi dire, lui donner chair.
Résumé : Une psychanalyse consiste à s'adresser à un autre pour se découvrir autre, à dénouer et nouer des mots et des phrases, à faire circuler différents signifiants et lettres de sa langue, à éprouver leurs marques sur le corps, à lever des refoulements et à en recréer... Une psychanalyse a à voir avec l'histoire, l'histoire familiale et générationnelle du sujet qui s'y engage et la grande Histoire qui secoue diversement les sociétés. Et comme cette histoire s'est transformée en mémoire, consciente et inconsciente, on peut dire qu'une psychanalyse permet à un sujet non seulement d'établir un nouveau rapport à son passé, mais aussi de le remodeler. Un analyste ne peut faire fi de l'histoire de sa discipline. Chaque analyste établit en effet un rapport spécifique à Freud, à ses textes fondateurs, à leurs traductions, à leurs lectures, commentaires et développements. Et chaque analyste est concerné par la question de la transmission de la psychanalyse. Cette articulation entre clinique et Histoire constitue un des axes essentiels de la pensée de Suzanne Ginestet-Delbreil. Dans cet ouvrage, au travers d'entretiens récents et d'une relecture de ses anciens textes, elle revient sur son parcours de vie et de psychanalyste, sur sa participation à différentes institutions analytiques et sur sa théorisation des problématiques psychiques entre névrose et psychose, chez des sujets qu'elle définit, à la suite de Lacan, comme "non-dupes du signifiant". Les écrits et le parcours de Suzanne Ginestet-Delbreil nous conduisent à une lecture critique de certains acquis théoriques de la psychanalyse et comme dans la cure, ils nous mettent sur la voie de la création et de l'émergence d'une pensée personnelle.
C'est à six ans que Fernando Pessoa (1888-1935) inventa le chevalier de Pas, son premier hétéronyme. "Par ce geste fondateur il avait exprimé une grande partie d'un destin" voué à l'écriture de la vie psychique, au rêve et à l'errance qu'Eugène Green nous donne à (re) découvrir : "C'est un regard personnel, émerveillé, fraternel, sur la vie d'un homme qui a laissé au monde l'un des oeuvres les plus étranges et les plus riches de toute l'histoire de la littérature européenne. On peut donc envisager ce texte comme une interrogation sur la poésie. Toutefois, je ne prétends rien éclaircir, car jeter sur la vie d'un autre un regard poétique, c'est contempler un mystère." L'ouvrage est suivi de la traduction par Eugène Green de quelques poèmes de Fernando Pessoa et de sa pièce Le Marin. En hommage supplémentaire, Eugène Green nous offre le scénario d'"Une petite pessoade cinématographique" à l'ironie décapante.
1834 : Fernando de Cordoue, marchand d'étoffes, et Cristiano de Santa Fe, amis de longue date, partent en voyage vers Samarcande, en Asie centrale. Vont les accompagner, le Père Pablo et Théophile, son jeune disciple, Manuel Bruno, l'agnostique, Alexandre et Jean, les psalmistes, Gaspard et Guillaume, commerçants d'épices, Giovanni le sicilien, et Ahmet le guide. Les rejoignent un frère dominicain, des commerçants Sabbatéens et juifs, Théodose l'ermite... Pour eux : "Rien ne comptait plus, sinon de s'enfoncer corps et âme dans cet Orient embaumé qui leur paraissait être une terre magique au fin fond de la planète, sinon d'avancer sans but précis, sans projet, sans devoir rendre compte à qui que ce soit de l'aventure unique qui prenait place sous leurs pieds. N'exclure personne, ne pas se sentir exclu, former un ensemble qui se laisse mener par la seule volonté du large, parle désir d'habiter l'espace inconnu comme si rien ni personne n'existait en dehors d'eux". Tous ces personnages partagent leurs interrogations dans des dialogues vivifiants, teintés d'humour et épicés des saveurs et des couleurs orientales.
1939. Une "drôle de guerre" où les nerfs s'épuisent dans l'attente et la promiscuité. Lucien, jeune villageois, y est plongé brutalement. Passionné de musique, il emporte son violon. Lorsque les ordres aboyés se taisent, il songe à son père et à l'affaire d'horlogerie qu'il doit reprendre, songe à la voix cristalline de Berthe, à Petit Pierrot leur enfant tout juste né. Au milieu des cris, des rires gras, du bourdonnement d'hélices d'avions, des déflagrations de bombes au loin, il arrive que Lucien sorte son violon et joue. Joue, rêve et décide. Décide qu'il ne sera pas horloger... Mais Lucien reviendra-t-il ? Isabelle Blondet-Hamon réussit à faire surgir l'étouffement de la guerre, son absurdité, et à en transformer l'écho si lointain en une résonance proche. Un livre fort, grave et tendre.
Eté 1940. Une mère, Louise, et Pilou, son fils de 8 ans, prennent le dernier train de l'exode à Paris pour se réfugier en Bretagne. Pilou nous raconte ce voyage initiatique, à la découverte de la réalité du monde des adultes dans une période bouleversée. Sa mère, divorcée, bretonne de la banlieue ouvrière de Paris, en subit les contraintes et assume ses désirs sans se soumettre aux convenances morales. Gérard Prémel écrit un récit libre et émouvant. Il réussit à nous faire partager rencontres et situations avec la fraîcheur du regard de l'enfant, et nous touche, comme un conteur, en nous menant jusque dans l'intimité de son histoire.