Les nouvelles de ce recueil se situent à différentes époques de l'histoire de la Suède, mais il n'est pas nécessaire de bien connaître cette histoire pour en goûter la saveur. Comme beaucoup d'écrivains, Strindberg a choisi pour exposer ses idées un cadre historique lui permettant de styliser ses récits, mais à l'intérieur de ce cadre, son imagination se donne libre cours, alliant avec verve réalisme et discussion des idées pour aboutir à la merveilleuse satire de L'Ile des bienheureux. Ces nouvelles, qui sont ici présentées au public français pour la première fois, ont été écrites durant une période qui va de 1882 à 1889: on peut à travers elles suivre l'évolution de Strindberg, depuis le réalisme clair de Fruit de culture jusqu'aux teintes plus sombres d'Une sorcière.
Nombre de pages
424
Date de parution
08/01/1992
Poids
589g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782080648181
Titre
Destins et visages. Nouvelles historiques
Auteur
Strindberg August
Editeur
FLAMMARION
Largeur
135
Poids
589
Date de parution
19920108
Nombre de pages
424,00 €
Disponibilité
Epuisé
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- Pouvez-vous vous figurer cela, lui dit-elle un soir, ils prétendent que je vous aime. - Ils disent cela de tous les gens de sexes différents, qui sont amis. - Croyez-vous qu'il puisse y avoir de l'amitié entre un homme et une femme ... - Oui, j'en suis sûr, répondit-il. - Merci, dit-elle en lui tendant la main. Comment moi, qui ai le double de votre âge, qui suis laide et malade, pourrais-je être amoureuse de vous ? et de plus je suis fiancée !
« Tout ce que je touche me fait mal, et, enragé des supplices que je veux attribuer à des puissances inconnues qui me persécutent et entravent mes efforts depuis tant d'années, j'évite les hommes, néglige les réunions, décommande les invitations, et éloigne les amis. Il se fait autour de moi du silence et de la solitude: c'est le calme du désert, solennel, horrible, où par bravade je provoque l'inconnu, luttant corps à corps, âme à âme. Je me sens sublime, flottant sur la surface de quelque mer: j'ai levé l'ancre et je n'ai nulle voilure. »
Qu'est-ce que la nostalgie sinon une mélancolie humaine rendue possible par la conscience de quelque chose d'autre, d'un ailleurs, d'un contraste entre passé et présent ? Et cette nostalgie n'est-elle pas aussi provoquée essentiellement par l'irréversibilité du temps ? Car on ne saurait remonter le cours du temps, tel est l'obstacle insurmontable qu'il oppose à nos entreprises. C'est notre impuissance devant cette impossibilité qui fait toute l'amertume de la nostalgie et l'absurdité des chimères du rajeunissement. La nostalgie n'est pas le mal du retour : on peut toujours revenir à son point de départ, à son lieu natal (l'espace se prête docilement à toutes nos allées et venues) mais il est impossible de redevenir celui qu'on était au moment du départ. Mais si le temps s'oppose irréductiblement à la rétrogradation il ouvre devant nous une carrière infinie à la liberté. L'homme peut s'ouvrir à l'idée du futur et confirmer ce que le temps affirme. Se servant d'exemples tirés de la vie quotidienne aussi bien que d'oeuvres poétiques, philosophiques ou musicales, Vladimir Jankélévitch démontre en fin de compte que l'irréversible n'admet qu'un seul remède : le consentement joyeux de l'homme à l'avenir, au futur.