Le Sacristain romantique de Ranö est l'histoire d'un jeune homme pauvre, natif d'une petite ville côtière, qui monte à Stockholm pour apprendre la musique. Prodigieusement doué, il passe les épreuves, la chance lui sourit et tout augure d'un bel avenir? Mais il gâche tout et sera obligé d'interrompre ses études et de retourner chez lui. La responsable, c'est la « folle du logis », son imagination débordante qui l'entraîne sans cesse hors de la réalité vers le rêve, le fantasme, les châteaux en Espagne? ce qui ne manque pas de le mettre dans les situations les plus embarrassantes. Peu à peu, les chimères deviennent plus vraies que la réalité qui échappe à son emprise. Rêve et réalité se mêlent inextricablement, et la folie est au rendez-vous. Ou serait-ce un songe... Strindberg laisse subsister le doute jusqu'à la fin du récit, et fait montre d'une virtuosité et d'une pénétration psychologique exceptionnelle pour décrire cet état à la frontière de la démence. Le Sacristain romantique ? une des ?uvres de Strindberg les plus lues en Suède ? était resté mystérieusement inédit en Français, comme Le Bouc émissaire! Ce récit en 8 chapitres a été composé en 1888, année très productive pour Strindberg (Mademoiselle Julie, Camarades?). Le foudroyant succès de librairie du roman rural, Les Gens de Hemsö (l'histoire d'une sorte de Rastignac paysan), poussa l'éditeur à demander une suite à Strindberg qui s'exécuta à contrec?ur. Ce fut un recueil de nouvelles La Vie dans l'archipel, avec, au centre du volume, Le Sacristain romantique de Ranö qui fut d'abord publié à part. Bien qu'il s'agît d'une « commande », Strindberg en vint à considérer Le Sacristain comme « une de (ses) meilleures choses ». En effet, ce récit naturaliste préfigure l'écriture symboliste du Strindberg d'après Inferno (récit autobiographique que Strindberg écrivit en français en 1897 et où il décrit la crise morale et spirituelle qu'il traversa au cours des années 1895-1897, au sortir de son second mariage. Le récit commence le jour où sa femme quitte Paris, où ils habitaient, et le laisse seul à ses recherches occultistes et chimiques. Il devint alors victime d'une véritable folie de la persécution). --Ce texte fait référence à l'édition Broché. Quatrième de couverture « Après la mort de la mère ? elle aurait été assassinée ?, personne ne fit plus la cuisine; les frères partirent, et Alrik resta seul avec son père qui n'ouvrait plus la bouche. C'est à cette époque qu'il avait appris à jouer sans jouets, sans camarades, et sans connaître les jeux. La mer, l'air gris et l'eau grise, l'air bleu et l'eau bleue, les harles et les macreuses durent satisfaire son besoin de découvrir et de combiner; quand cela devint insuffisant, son ?il puisa dans ses propres ressources pour combler ce manque; son oreille avide, qui ne connaissait que le rugissement ou le murmure du vent, le clapotis ou le grondement des vagues, se nourrit de sa propre substance, et, exacerbée par cette autarcie, finit par distinguer des sons là où il n'y en avait pas, entendre la circulation du sang, la tension des nerfs, le déchirement des tissus, puis les sons enfin, qui, au fil des mois, se rassemblaient, s'ordonnaient, s'unissaient pour en engendrer d'autres. » Alrik Lundstedt est ce jeune homme pauvre monté à Stockholm pour apprendre la musique. Prodigieusement doué, il passe les épreuves, tout augure d'un bel avenir? Mais la « folle du logis » l'entraîne sans cesse hors du chemin? Rêve et réalité se mêlent inextricablement... Ce Sacristain romantique, était resté inédit en Français, comme Le Bouc émissaire publié en 1997 aux éditions Viviane Hamy. Cette publication intervient au moment où l'on fête le 150e anniversaire de la naissance d'August Strindberg, un très grand écrivain méconnu en France. --Ce texte fait référence à l'édition Broché.
- Pouvez-vous vous figurer cela, lui dit-elle un soir, ils prétendent que je vous aime. - Ils disent cela de tous les gens de sexes différents, qui sont amis. - Croyez-vous qu'il puisse y avoir de l'amitié entre un homme et une femme ... - Oui, j'en suis sûr, répondit-il. - Merci, dit-elle en lui tendant la main. Comment moi, qui ai le double de votre âge, qui suis laide et malade, pourrais-je être amoureuse de vous ? et de plus je suis fiancée !
Les nouvelles de ce recueil se situent à différentes époques de l'histoire de la Suède, mais il n'est pas nécessaire de bien connaître cette histoire pour en goûter la saveur. Comme beaucoup d'écrivains, Strindberg a choisi pour exposer ses idées un cadre historique lui permettant de styliser ses récits, mais à l'intérieur de ce cadre, son imagination se donne libre cours, alliant avec verve réalisme et discussion des idées pour aboutir à la merveilleuse satire de L'Ile des bienheureux. Ces nouvelles, qui sont ici présentées au public français pour la première fois, ont été écrites durant une période qui va de 1882 à 1889: on peut à travers elles suivre l'évolution de Strindberg, depuis le réalisme clair de Fruit de culture jusqu'aux teintes plus sombres d'Une sorcière.
Gina est fille de général. Elle vit à Budapest et connait la vie d'une jeune fille choyée qui a toute liberté pour se divertir et sortir. Lorsque son père l'envoie à Árkod, au Nord-Est de la Hongrie, dans un pensionnat de filles très strict, elle est désespérée. A son arrivée, on lui enlève toutes ses affaires personnelles et on lui interdit de communiquer librement avec ses proches. Peu à peu, elle est initiée aux étranges traditions entretenues par les pensionnaires, comme celle de confier ses soucis à une statue représentant une femme que toutes appelle Abigaël. Mais Gina se rebelle et révèle aux adultes un de ces secrets bien gardés. Elle devient alors la bête noire des pensionnaires qui l'exclut sans pitié. Mais Gina n'a d'autre choix que de s'intégrer? Elle décide alors de demander de l'aide à Abigaël. Mais qui peut bien se cacher derrière ce (ou cette) mystérieux ami(e) qui leur veut du bien ? Gina parviendra-t-elle a quitté cet endroit et cette ville qu'elle déteste ? Une chose est sûre, cette expérience bouleversera sa vie à jamais.
Tuân a quarante ans. Malgré le froid de l'hiver, il se promène dans la forêt de Chantilly avec l'espoir d'assister à la floraison des premières jonquilles. Lentement, il se laisse envahir par les souvenirs enfouis de son enfance indochinoise... S'il reste persuadé d'avoir été " presque parfaitement heureux jusque l'âge de douze ans ", Tuân a cependant été très tôt confronté au mystère effroyable de la mort. Ses parents sont tués une nuit par des voleurs, qui ont eux-mêmes été jugés et sauvagement pendus en présence de l'enfant de sept ans. Recueilli par son grand-père qu'il adore, le petit garçon va développer un goût pour la poésie et un amour immodéré pour la langue française : " En classe, les leçons étaient données en qu?c ng? et en français. " Mais l'aïeul, lui aussi, décède. Il est alors recueilli par l'une de ses tantes, Cô Anh. Et en 1954, il assistera, impuissant, au départ de sa tante et de ses enfants ? notamment Tiên, sa jeune cousine tant aimée ?, contraints de suivre leur mari et père, qui a décidé de rejoindre l'armée populaire. Si l'emploi de la langue des " colonisateurs " fait de lui, aux yeux de son oncle, un " traître à la patrie ", ils signent aussi sûrement son destin : son amour de la langue française et de la poésie de Gérard de Nerval sera son viatique, son talisman. Elle le soutiendra, elle sera son refuge, au coeur des pires atrocités qu'il vivra et rencontrera en traversant son pays déchiré par la guerre, puis par la partition d'un Viêt Nam exsangue. Hoai Huong Nguyen nous fait les témoins de la renaissance lumineuse de Tuân, grâce à la force éphémère des fleurs, les résonnances d'une langue avec ce qu'il y a de plus intime chez l'être humain, la vertu de la poésie, même la plus sombre. Avec une perpétuelle oscillation entre le passé et le présent, évoquant l'enfance comme les pires horreurs de la guerre, serti de haïkus, Sous le ciel qui brûle, qui convoque les plus subtils parfums du Viêt Nam, est une ode bouleversante à la langue française et à la puissance vitale et régénératrice des mots.
Tes allers-retours entre la vie et la mort tu vas les faire encore longtemps ? Le temps qu'il faudra. Pourquoi ? Tu te fais du souci pour moi ? Tu es juive, n'est-ce pas ? C'est insensé, tu sais ce qu'ils te feront s'ils te prennent ? Je n'ai pas peur. A Copenhague, je suis chez moi. Ce sont eux les envahisseurs. Danemark 1943, Niels Rasmussen rencontre Sarah à la rousse chevelure. Il rejoint alors la Résistance et devient le saboteur de génie qui remodèle la ville occupée à coups d'explosifs. Quand le conflit mondial s'achève, Sarah attend un enfant et les héros sont prêts à recueillir leurs lauriers. Pourtant, une page du Parisien Libéré glissée dans un courrier anonyme va infléchir le destin. Dans la rubrique "Epuration" Niels lit : C'est le 7 mai que le dramaturge Jean-François Canonnier, actuellement détenu à Fresnes, passera devant la Cour de justice de la Seine. Il sera défendu par maître Bianchi. Eperdu d'incompréhension et pour sauver son "frère de coeur", il entreprend une odyssée qui fera vaciller toutes ses certitudes quant à l'héroïsme, la lâcheté, la Résistance et la collaboration. Roman d'aventures, enquête introspective, Niels fait fi des genres littéraires et nous soumet à la question : Et vous, qu'auriez-vous fait ...
Les héros d'Armande Gobry-Valle souffrent tous de l'absolue solitude, celle qui claquemure dans le mutisme, pousse vers la folie. Ainsi, la mercière anonyme lentement terrorisée par la jalousie d'Arthur, son chien, la femme liée à son mari par une haine farouche, unique possession qu'elle défend jusqu'au meurtre, ou le fonctionnaire qui, à quelques mois d'une retraite résignée, découvre, grâce à Aurore, une comédienne qui le remarque à peine, la jeunesse, l'amour, le désir, aspirent tous à se libérer de LA peur qui les tue plus sûrement que n'importe quelle maladie, n'importe quel accident. Et pourtant, à la lecture de ces histoires, ce n'est pas le désespoir qui nous empoigne, mais un formidable instinct vital, le refus de la mort, l'ivresse de vivre. Armande Gobry-Valle a été ces personnages terrifiés. Mais elle est passé du côté de la vie. C'est ce qui fait d'elle un écrivain.
La vie est nostalgie, la vie est regrets, la vie est un cétacé qu'on vient de hisser à terre dans le Hvalfjörður en 1970." Dans un parc londonien, un écrivain aperçoit l'idole de sa jeunesse : Paul McCartney. Il brûle de lui parler, mais il lui faut d'abord mettre de l'ordre dans ses souvenirs et reparcourir son enfance marquée par la perte de sa mère à l'âge de sept ans et, quelques mois plus tard, la séparation des Beatles. Ni son père, miné par l'alcool, ni la Bible ne parviendront à apaiser sa solitude. Seuls les fjords de l'Ouest lui offriront un peu de réconfort. Ce n'est que bien plus tard, grâce aux livres de la bibliothèque municipale, qu'il trouvera enfin une manière de donner un sens à sa vie : l'écriture. Avec Mon sous-marin jaune, son roman le plus autobiographique, le prodige des lettres islandaises nous invite à un audacieux voyage dans le temps peuplé de personnages hauts en couleur.
María sera la dernière femme de la vie de Flóki. Le soir du nouvel an, après onze ans de mariage, ce spécialiste de la théorie du chaos la quitte pour un homme. Sans son mari, María ne sait plus trop comment affronter le quotidien. Heureusement, dans la nuit de l'hiver polaire, Perla, charitable voisine, co-auteur de romans policiers, surgit à tout moment pour secourir la belle délaissée...Née en 1958 à Reykjavík, Audur Ava Ólafsdóttir est professeur d'histoire de l'art et directrice du musée de l'Université d'Islande. Ses romans Rosa candida et L'Embellie sont disponibles en Points.« Un roman qui mêle profondeur et fantaisie, hiver polaire et mets roboratifs, dans une ronde de personnages aussi décalés qu'attachants. »L'ExpressTraduit de l'islandais par Catherine Eyjólfsson
A quatre-vingt-seize ans, Doris vit seule à Stockholm. Elle n'a plus aucune famille si ce n'est une petite-nièce aux Etats-Unis. Son bien le plus précieux est un carnet qu'elle possède depuis 1928, qui contient le souvenir des gens qu'elle a rencontrés au fil de son existence et dont elle a rayé les noms à mesure qu'ils ont quitté ce monde. De l'excentrique bourgeoise pour qui elle a travaillé enfant à l'amour de sa vie rencontré à Paris, de la veuve qui lui a appris l'anglais sur le bateau l'emmenant à New York aux plus grands couturiers français qui l'ont vue défiler, de l'artiste suédois devenu son confident à sa propre soeur, au destin douloureux, l'existence de Doris est une épopée romantique, tragique et émouvante. D'une plume chaleureuse et élégante, Sofia Lundberg nous rappelle la valeur des relations humaines. Kulturbloggen. Un portrait de femme au destin inattendu. A découvrir pour notre plus grand bonheur. Juliette Jeanroy, librairie Cultura, Cormontreuil. Traduit du suédois par Caroline Berg.
Morten Perdersen Falck a vingt-six ans lorsqu'il arrive à Copenhague pour étudier la théologie. Il loge chez un imprimeur où il découvre la sensualité et l'attraction des corps au contact de la fille aînée de la famille. Passionné de dessin et d'anatomie, il suit également des cours de sciences naturelles jusqu'à son prêche d'examen qui lui permet d'obtenir son diplôme. Il est alors repéré par l'évêque du Groenland qui le pousse à accepter un poste de pasteur dans la colonie danoise. Il embarque finalement en 1787. La traversée est longue et éprouvante mais Morten Falck finit par rencontrer les habitants de Sukkertoppen, colons ou autochtones, dans cette petite station isolée de la côte ouest du Groenland. Les relations avec la couronne danoise et la mission évangélique sont tendues, surtout dans le fjord de l'Eternité où deux Groenlandais baptisés, Hababuk et sa femme, ont pris la tête d'une communauté dissidente. Les prophètes, adeptes d'un christianisme primitif, gênent autant qu'ils attirent Morten Falck... Alors que la maladie et les propres contradictions du pasteur le dévorent un peu plus chaque jour, il essaie de poursuivre sa mission quel qu'en soit le prix, guidé par son esprit humaniste et la lecture de Rousseau. Kim Leine nous plonge dans son quotidien, dans un monde où les peuples malmènent les institutions et la foi, où les colons échouent face à la nature. Il redessine avec subtilité ce Groenland qui a fasciné, pendant des siècles, nos plus grands explorateurs.