Sélectionné par John Yau pour la prestigieuse National Poetry Series, le livre La Cosmopolite (The Cosmopolitan) de la poète Donna Stonecipher réinvente la figure classique du flâneur baudelairien. Alors que le flâneur du XIXe siècle arpentait les boulevards de sa ville, la "cosmopolite" de Stonecipher fait du monde entier son terrain d'observation et de jeu(x), interrogeant l'expérience du voyage et de l'errance à l'ère des recompositions urbaines et politiques de l'après guerre froide. Ces poèmes en prose si finement ciselés sont conçus comme des récits de voyage miniatures, chargés d'intrigues philosophiques, faisant voyager le lecteur de Hong Kong à Leipzig en passant par Detroit et Téhéran. Chaque poème est intitulé "Incrustation" ("Inlay"), comme celle que l'on peut trouver à la surface d'un meuble marqueté : Donna Stonecipher insère dans ses textes des fragments de récits et des citations d'écrivain·es, intellectuel·les, artistes, architectes comme Walter Benjamin, Kafka, Susan Sontag ou Zaha Hadid. L'autrice utilise ce procédé pour refléter le rapport de sa génération au collage et à la citation comme outils de complication et compréhension du réel. Le livre est nourri par une fascination pour la miniature - globes de neige, souvenirs et maquettes architecturales - qui sont autant de métaphores d'une mondialisation réductrice : celle qui vise à maîtriser l'immensité et la diversité du monde en réduisant ce dernier à de simples objets de collection qui tiennent dans la paume de la main. Au-delà des jeux d'illusion du langage, derrière la collection d'objets qui défilent sous nos yeux, se déploie une critique subtile du tourisme culturel et des structures de l'impérialisme. L'autrice interroge la position du voyageur et de la voyageuse occidentaux face aux inégalités mondiales et à la logique du capitalisme : même nos objets de consommation les plus anodins ont des histoires et des conséquences "globales" . Par un langage qui oscille entre opacité joueuse et ironie mordante, Stonecipher invite ses lecteurs et lectrices à réfléchir à ce monde que nous habitons, où la nostalgie n'est plus qu'une "mémoire décomposée en sucre" . Donna Stonecipher est poète et traductrice, titulaire d'un MFA (Master de Creative Writing) de l'Iowa Writers' Workshop. Elle est l'autrice de sept recueils de poésie, dont Ruins of Nostalgia, The Reservoir, The Cosmopolitan, Model City et Transaction Histories, que le New York Times a classé parmi les dix meilleurs recueils de 2018. Ses poèmes ont été publiés dans de nombreuses revues, dont The Paris Review. En 2018, elle a remporté une bourse d'écriture d'un an décernée par le Sénat de Berlin. Traductrice, elle traduit de la littérature de langue allemande : sa traduction des études de la poète autrichienne Friederike Mayrocker, pour laquelle elle a reçu une bourse du National Endowment for the Arts, a été publiée en 2020. Elle vit à Berlin. Les éditions joca seria ont publié Cité modèle dans la traduction de Jérémy Victor Robert en 2021.
Nombre de pages
150
Date de parution
12/10/2026
Poids
500g
Largeur
105mm
Plus d'informations
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EAN
9782848094007
ISBN
2848094001
Auteur
Stonecipher Donna ; Robert Jérémy Victor
Editeur
JOCA SERIA
Largeur
105
Date de parution
20261012
Nombre de pages
150,00 €
Disponibilité
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Donna Stonecipher sonde l'étrangeté si familière de la ville postmoderne pour tenter de répondre, en deux cent quatre-vingt-huit strophes, à la question : « Comment c'était ? » De l'architecture « pure, propre, correcte et saine » de Le Corbusier aux arabesques de l'Alhambra, de l'origine de l'ersatz à la duplicité du construit, du factice victorien au baroque socialiste, des soubassements philosophiques de l'urbanisme aux défaillances des modèles de cité modèle, elle traque, dans la disparition des idoles idéologiques et d'un certain idéalisme européen, les sens mouvants du chez-soi. Recueil obstiné et fractal, Cité modèle déploie les lignes d'erre et de fuite du flâneur contemporain, et dessine, entre strates et passages, un atlas de l'impermanence.
Il s´agit ici d´une édition critique de l´Autoportrait dans un miroir convexe qui révèle John Ashbery au grand public en 1975 : le livre reçoit simultanément les trois plus prestigieux prix littéraires américains, le Pulitzer Prize for Poetry, le National Book Award for Poetry et le National Book Critics Circle Award for Poetry. L´Autoportrait dans un miroir convexe tire son nom d´un long poème, méditation métaphysique de l´auteur sur l´autoportrait réalisé en 1524 par le peintre italien Parmigianino. Il s´agit, comme dans les autres poèmes du livre, d´une partie de cache-cache du poète avec ses images, ses ombres et ses formes. Ce jeu sérieux et drôle mène parfois, au détour d´un vers, au sourire mélancolique du poète qui invite le lecteur à se regarder lui aussi dans le miroir du poème. Cette nouvelle traduction est suivie d´essais d´écrivains et universitaires qui ont côtoyé John Ashbery et ont contribué à le faire connaître en France.
Une réinterprétation poétique d'une légende millénaire Le livre puise sa source dans la légende de la cité maudite d'Herbauges, engloutie au IVe siècle par les eaux du lac de Grand-Lieu. Milène Tournier s'empare de la figure de la "femme de Romain" , condamnée à devenir pierre pour s'être retournée vers la ville en train de sombrer, malgré l'interdiction divine. A travers elle, l'autrice explore le geste du regard en arrière, celui qui transforme et fige. Le mouvement interdit : l'obsession du "se retourner" L'ouvrage est une méditation profonde sur la volte-face. L'autrice tisse des liens entre le destin de la Femme d'Herbauges et d'autres figures célèbres comme Orphée et Eurydice. Elle interroge ce besoin humain de "revoir, revenir, recommencer" . De la nuque qui se vrille aux boomerangs, du retour chariot des machines à écrire au mouvement des tracteurs dans les champs, Milène Tournier traque la poésie du contre-mouvement. Un ancrage territorial fort Ecrit dans le cadre d'une résidence d'auteur à Saint-Aignan-de-Grand-Lieu, le livre est intimement lié à la Loire-Atlantique. Il rend hommage au paysage mouvant du lac de Grand-Lieu, où l'eau dicte sa loi et force les promeneurs à reculer, imposant elle-même une forme naturelle de volte-face. Une écriture fragmentée et sensorielle Fidèle à son style de poétesse et dramaturge, Milène Tournier propose une écriture très visuelle, évoquant ses célèbres vidéo-poèmes. Le texte oscille entre récit légendaire, souvenirs d'enfance et observations du quotidien, créant une oeuvre hybride où chaque page est un nouveau départ.