C'est vers 1930 qu'apparaît dans l'?uvre de Max Ernst, l'un des artistes surréalistes les plus spirituels et les plus éclectiques, une figure dominante, énigmatique qui prend la forme d'un oiseau et n'est pas sans présenter quelques traits de son créateur. Cet oiseau nommé Loplop est aussi bien le double de l'artiste qu'une résurgence, une réincarnation du vautour dont Freud crut lire l'image en filigrane d'un tableau de Léonard de Vinci, La Vierge, l'Enfant Jésus et sainte Anne et qui, au même moment, fascina André Breton. Loplop est susceptible de toutes les métamorphoses: passant du règne animal à celui des objets, tantôt coq ou serpent, il se mue souvent en chevalet de peintre pour donner à voir au spectacteur les collages les plus divers et les plus inattendus - jusqu'à présenter lui-même ses propres transformations, dans un vertigineux dédoublement.La série des collages et des "frottages" qui lui sont consacrés constitue le c'ur du présent ouvrage où Werner Spies retrace ainsi une étape essentielle dans la carrière de Max Ernst. L'auteur analyse la naissance et les mutations de Loplop comme points de convergence de questions nécessaires et obsédantes pour l'artiste. L'enjeu n'est pas des moindres: il s'agit de définir non seulement la place du surréalisme dans l'art du XXe siècle, mais aussi la signification de l'art même.
Nombre de pages
224
Date de parution
11/04/1997
Poids
484g
Largeur
160mm
Plus d'informations
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EAN
9782070731817
Titre
Max Ernst-Loplop. L'artiste et son double
Auteur
Spies Werner
Editeur
GALLIMARD
Largeur
160
Poids
484
Date de parution
19970411
Nombre de pages
224,00 €
Disponibilité
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Ce coffret en dix volumes des écrits de Werner Spiess sur l'art et la littérature est un "inventaire", qui couvre deux siècles d'histoire de l'art, de la fin du XVIII? siècle jusqu'aux créations les plus contemporaines. Assorti d'environ 1 500 illustrations, il constitue une monument incomparable, et nous fait comprendre, peut-être pour la première fois, tout ce qui s'est joué dans l'oeuvre de Picasso. Max Ernst - de son propre aveu - apprendra lui-même à mieux se connaître dans le reflet de cet oeil vif.
Cet ouvrage réunit une sélection d'articles parus dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung. Si leur contenu dépasse la simple description, c'est sans doute parce que le bénéfice des rencontres avec les artistes a profondément transformé l'auteur de ces essais. Chaque décennie apporte, sinon son style spécifique, du moins ses lamentations sur l'époque. La nôtre est confrontée à la confusion et à la précipitation qui caractérisent aujourd'hui le monde de l'art. La réception avide et hâtive de l'art contemporain joue pour les artistes le rôle d'un commanditaire dont l'approbation est aussi péremptoire que les réactions de rejet exprimées par son collègue du siècle dernier qui fait tant sourire. Il existe pourtant quelques artistes qui évoquent de manière critique l'illusion d'une croissance illimitée et de notre pouvoir incontrôlé. C'est d'eux qu'il est question ici, des précurseurs de l'audace et de l'inventivité comme George Grosz ou Max Ernst, mais aussi des représentants du Pop'Art, de l'art conceptuel ou des peintres tels que Cy Twombly, Gerhard Rickter, Anselm Kiefer ou Sigmar Polke.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.