Le 7 décembre 2022, le Parlement péruvien a démis Pedro Castillo de ses fonctions de président de la République. Immédiatement après, les parlementaires qui avaient poussé à l'éviction de Castillo ont fait prêter serment à la vice-présidente de l'époque, Dina Boluarte, en tant que présidente. La classe politique et les groupes de pouvoir économique ont célébré la reprise en main de l'exécutif sans imaginer la réponse que leurs agissements allaient déclencher dans une partie de la population du pays, en particulier dans les Andes. Dans les heures qui ont suivi la destitution de Castillo, des centaines de milliers de Péruviens et de Péruviennes ont entamé le cycle de protestation le plus important depuis des décennies. Paysans, peuples indigènes, enseignants, commerçants, cultivateurs de coca, vendeuses sur les marchés, étudiants et membres d'autres secteurs ont fait irruption sur la place publique, menant une mobilisation qui, par son étendue territoriale, son ampleur et sa combativité, a constitué un véritable soulèvement. Depuis 2016, l'effondrement du système politique s'est traduit par l'enchaînement de cinq présidents en six ans, dont seulement deux élus au suffrage universel, et par des scandales de corruption qui accroissent la désaffection des citoyens. Le modèle économique néolibéral s'est révélé incapable de résoudre les problèmes de pauvreté et d'inégalités. Lassés d'une classe politique qui les condamne à l'exclusion, en 2021, les secteurs populaires ont voté pour Pedro Castillo, parce qu'il proposait des changements de fond et qu'il était l'un des leurs. Mais dès le début, leur vote a été méprisé. La voie de la représentation électorale étant fermée, le peuple a emprunté celle de la protestation. Ce livre, s'il analyse le cycle de mobilisation compris entre le 7?décembre 2022 et la mi-mars 2023, s'ouvre en rappelant l'héritage colonial qui a systématiquement exclu la population indigène et paysanne, générant des inégalités qui se renouvellent avec l'imposition du néolibéralisme. Il étudie ensuite la crise actuelle du régime, exacerbée par l'élection de Pedro Castillo à la présidence et la politisation de secteurs sociaux exclus qui passent de la conflictualité sociale à l'antagonisme politique. Enfin, le soulèvement qui a commencé le 7 décembre 2022 et s'est poursuivi jusqu'en mars 2023 est évoqué en détail. Ce soulèvement s'inscrit dans la longue lutte des secteurs exclus du pouvoir, en particulier des peuples autochtones, pour obtenir la pleine reconnaissance de leur statut de citoyens. Depuis le début de la République, leurs droits en tant que Péruviens ont été niés par des élites profondément classistes et racistes. Aujourd'hui, ce Pérou plébéien est mobilisé et prêt à jouer un rôle politique central, défiant même la répression sanglante du gouvernement, qui s'est déjà soldée par plus de soixante morts et des centaines de blessés.
Nombre de pages
117
Date de parution
02/01/2026
Poids
130g
Largeur
116mm
Plus d'informations
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EAN
9791039903127
Auteur
Durand Guevara Anahí ; Delgado Hoch Emmanuel
Editeur
SYLLEPSE
Largeur
116
Date de parution
20260102
Nombre de pages
117,00 €
Disponibilité
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La coopération technologique, le lien ressources-performance, le rôle du réseau dans l'accès au financement, les modalités de changement, la prise en compte du langage, tels sont quelques-uns des thèmes abordés dans cet ouvrage. L'environnement des entreprises évolue, il n'est donc pas surprenant d'assister à un profond renouvellement des manières de penser et de conduire la stratégie. Chaque année l'Association Internationale de Management Stratégique (AIMS) organise une conférence qui à la fois rend compte et contribue au mouvement des idées et des pratiques dans ce domaine. Près de cent vingt communications ont été présentées à la Ville Conférence de PANS qui s'est déroulée en mai 1999 à l'Ecole Centrale Paris sur le campus de Châtenay-Malabry. Le présent ouvrage n'en retient qu'une dizaine particulièrement illustratives de la diversité et de la richesse de la recherche actuelle en management stratégique.
Guy Durand eut très tôt la conviction que son destin était sur une autre planète. A 4 ans déjà, il voulait être "aviateur" . Pour y parvenir, la voie royale exigeait, pour les mathématiques, une passion qu'il fut toujours très loin de nourrir. L'aviation militaire aurait pu être le plan "B" . Une succession d'échecs et de mauvais choix en décidèrent autrement. Après avoir travaillé dans l'enseignement puis dans le milieu bancaire, il put enfin atteindre son Graal. Le métier de pilote professionnel lui offrit tout ce qu'il avait osé imaginer. Ses audaces, ses folies et ses erreurs aussi allaient le convaincre de l'existence de son ange gardien qu'il baptisa Baraka. Grâce à cet ami fidèle, venu lui aussi d'une autre planète, l'auteur eut souvent l'impression d'être immortel.
Le premier âge du capitalisme, c'est celui qui, du XVe au milieu du XVIIIe siècle, voit l'Europe occidentale partir à l'assaut des continents américain, africain et asiatique. Dans ce premier tome, Alain Bihr se penche sur cette expansion en détail. Il montre comment, par le biais du commerce forcé et déloyal, de l'échange inégal ou, plus directement encore, par la réduction au servage ou à l'esclavage de leurs populations, les sociétés qu'elle a affectées ont vu leurs propres circuits d'échange perturbés, leurs structures productives altérées, leurs pouvoirs politiques traditionnels instrumentalisés ou détruits. Avec pour principal résultat de soutenir la dynamique de formation du capitalisme en Europe même. Loin de verser dans le misérabilisme, l'auteur insiste cependant sur la résistance que ces sociétés ont su opposer aux Européens. Résistance inégale, fonction de leur développement historique antérieur, auquel l'ouvrage prête à chaque fois une grande attention, en fournissant de la sorte un panorama du monde à l'aube des temps modernes. En dernier lieu, l'auteur souligne les divergences entre les Etats européens qui vont se lancer dans cette aventure, les rivalités et conflits qui vont les opposer et redistribuer les cartes entre eux à différentes reprises, les bénéfices fort inégaux qu'ils vont en retirer. Autant de points dont la pleine explication est renvoyée aux deux tomes suivants de l'ouvrage.
Que peut-il bien y avoir de commun entre Mai 68 et le mouvement des Gilets jaunes ? Cinquante ans après, l'"événement" parle encore, et les objectifs portés par les mouvements de contestation trouvent un écho avec les Gilets jaunes ? : les salaires, la reconnaissance sociale, la démocratie. La recherche d'une démocratie active, réelle et à tous les échelons de la société trace un fil entre les deux moments. Ce livre propose de retisser une analyse replaçant le mouvement des Gilets jaunes dans la longue chaîne de mouvements populaires porteurs d'aspirations démocratiques radicales qui se sont manifestés à l'échelle internationale depuis les années 1960. De longue date, la protestation sociale est porteuse des préoccupations écologiques, de la demande de transformation radicale du travail, d'une volonté d'organisation démocratique et collective des entreprises et des services publics, ainsi que d'une démocratie sous le contrôle direct du plus grand nombre pour développer ce qui peut et doit être commun. Ce que disent les mouvements populaires et les contestations radicales compose une sorte de projet, un espoir autant qu'un programme qui reste à écrire ? : Mai 68 est un arbre de la liberté comme le furent ceux plantés en 1793 en France. Pour renouer ce fil, l'auteur étudie avec précision ce qui s'est passé, dans les entreprises, les services, les villes et les universités, ce qu'ont fait les divers partis et organisations afin de tenter d'élucider pourquoi il s'agissait alors d'une "révolution sans révolution". Un livre qui permet de comprendre comment nous en sommes arrivés à la situation actuelle qui appelle à reconstruire un espoir en confrontant ces réflexions aux questions posées par les Gilets jaunes.
Rudder Véronique de ; Cognet Marguerite ; Eberhard
Le racisme et les discriminations sont un système. Véronique De Rudder nous en dévoile ici les mécanismes et passe au crible les relations inter-ethniques qui en découlent. Elle explore la place de l'immigration et de sa descendance dans la société française. Ses textes s'avèrent d'une étonnante actualité, alors même que les enfants d'immigrés, désormais adultes, sont porteurs de revendications d'égalité. Elle nous propose une analyse critique du républicanisme français dont l'universalisme, inscrit en lettres d'or dans les textes constitutionnels, coïncide en pratique avec un système de discriminations tolérées, voire, à l'occasion, codifiées. Les victimes du racisme sont massivement les immigrés originaires des anciennes colonies et leurs enfants, citoyens français de plein droit, et pourtant de seconde zone, renvoyés à leurs origines comme à une marque d'indignité. Se réclamant d'un universalisme en actes, l'auteure souligne la nécessité de changer les politiques qui malmènent les valeurs démocratiques.