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23 000
Sorokine Vladimir ; Kreise Bernard
OLIVIER
23,00 €
Épuisé
EAN :9782823600513
La chair en effervescenceL'orange était toujours sous le buffet.Le garçon se coucha par terre, glissa la main sous le meuble et la tendit vers l'orange. Mais il ne parvint pas à l'attraper. Ses doigts palpèrent de la poussière et un noyau de cerise desséché.- Chachien! bougonna-t-il d'une voix dépitée vers l'espace obscur sous le buffet.Il repoussa le noyau et menaça l'orange avec son poing. Il se redressa, se mit à genoux et resta assis par terre en farfouillant dans son nez. U se leva, regarda autour de lui. Sur le dessus du buffet, à côté du sucrier, d'une bouteille de ketchup et d'un pot de café soluble, maman avait oublié son poudrier rose aux reflets argentés. Le garçon le prit, le tourna dans ses mains et l'ouvrit. Dans le miroir rond, il découvrit un visage avec de grands yeux bleu clair légèrement écarquillés, de grandes oreilles décollées, un petit nez retroussé, une petite bouche humide et interrogative, le visage d'un garçon blond oligophrénique qui le regardait.- Bonjour, Mickey Rourke, fit-il avant de fermer le poudrier et de le reposer.Il ouvrit un tiroir du buffet. Il contenait les couverts. Le garçon attrapa une cuillère, s'allongea par terre et essaya d'atteindre l'orange. En vain.- Je vais t'arrêtater, espèce de Tchétchène! grogna le gamin en s'adressant au lino poussiéreux qu'il percuta avec la cuillère. C'mone! C'mone! C'mone!L'inaccessible orange se terrait dans la pénombre. Le garçon s'assit par terre. Il examina la cuillère. Il la cogna contre le buffet. Il se remit debout et heurta légèrement le tiroir ouvert.- Hm-m-m! Chachien... ronchonna-t-il en se frottant la tête avant de flanquer la cuillère dans le tiroir.Il prit un couteau. Il le tripota. Il le compara à la cuillère.- Espèce de chachien, toi aussi!Il jeta le couteau dans le tiroir. Repoussa le tiroir. S'approcha des plaques électriques. Au-dessus, une passoire, une fourchette à deux dents, une écumoire, une louche et un rouleau à pâtisserie étaient accrochés au mur. Le garçon porta son regard sur le rouleau.- Voilà!Il se hissa sur la pointe des pieds et tendit la main vers le rouleau. Il réussit à peine à en effleurer le bois rêche de l'extrémité de ses doigts. Le rouleau oscilla. Le garçon l'examina. Il approcha alors une chaise de la cuisinière, grimpa dessus. Il se cambra. Saisit le rouleau. Mais l'autre extrémité percée d'un trou par où passait une ficelle était encore loin de sa main.- Tu vas voir, chachien... grommela-t-il sans relâcher le rouleau, et il leva son pied gauche qui était nu et le posa sur une plaque de la cuisinière.Il tenta de tirer le rouleau. Mais la petite boucle de ficelle ne voulait pas s'échapper du crampon en bois. Le garçon commença alors à relever le pied droit en ahanant. Ce n'était pas commode. Il saisit plus fermement le rouleau en prenant appui sur son pied gauche.- Apgréïde, la grosse...Il repoussa la chaise avec son pied et se redressa brusquement de toute sa hauteur sur la cuisinière, mais il chancela en s'efforçant de retrouver son équilibre, et il empoigna le rouleau de ses deux mains. La boucle de ficelle se tendit et se détacha du crampon. Le garçon péta. Puis il bascula en arrière en agrippant le rouleau.- Et hop!... fit quelqu'un dont les mains puissantes le recueillirent en douceur.Et le déposèrent aussitôt sur la chaise.Le garçon se retourna. C'était un inconnu.- Micha, voyons... dit l'homme en hochant la tête d'un air désapprobateur. Ce ne sont pas des choses à faire!
Comment sortir du manque ? Du Kafka ? Je demande au dernier : du Kafka, du Joyce ?... Du Tolstoï, il dit. C'est quoi, je demande. De la bombe, il me dit. J'en prends. D'abord, rien de bien spécial. Un peu comme du Dickens, ou du Flaubert avec du Thackeray, et puis... bon... bon... vraiment du bon, un kif vraiment fort, large, une putain de puissance, mais alors après... après, vraiment l'horreur ! L'horreur ! (Il fait une grimace). Même Simone de Beauvoir m'a pas fait autant de mal que Tolstoï. (...)
Résumé : Une jeune championne de tir au pistolet qui ne se prive pas d'exercer son talent ; un jeune garçon qui s'émancipe de ses parents au point de prendre part à leur assassinat ; un vieux qui, tout en participant au gigantesque jeu de massacre, assure que l'innocence et la morale ne lui sont pas étrangères ; et le chef, solide, peu loquace, doué d'une volonté de fer qui conduit le groupe à la réussite d'une mission mystérieuse... Tout dans ce roman est parodique et déroutant. Parodique, au premier chef, car cette abracadabrante histoire tient à la fois du roman d'espionnage et du roman socialiste. Déroutant, car cette parodie est détournée de toutes les façons par l'absurdité et que le mystère général qui entoure les personnages, leur mission, leurs actes, génère une impression d'irréel, une sorte d'implosion de la réalité.
Né en 1955, Vladimir Sorokine vit à Moscou. Il est l'auteur sulfureux de plusieurs romans qui rencontrent un vif succès en Europe. La Voie de Bro est le deuxième volet d'une trilogie romanesque, initiée par La Glace, disponible en Points.
Sorokine Vladimir ; Coldefy-Faucard Anne ; Dudoign
Les espaces de la RussieJournal littéraire Michel CrépuEtudes, reportages, réflexions: Martin de Viry Un moment nuJean-Paul Clément: Le concile lu par les Deux Mondes IIChronique diplomatique: Françaois Bujon de l'Estang La politique étrangère russe et ses démonsLes espaces de la Russie: Vladimir Sorokine: Les rêves de l'oursThomas Gonart: Fragile colosse d'un monde multipolaireAnnick Steta: la puissance en trompe l'oeil de l'économie russeStéphane A. Dudoignon: Un kaléidoscope d'espaces confessionnelsAurélie Julia: Une tache blanche dans l'espace rougeLuba Jurgenson: Paysages du désastreHélène Mondon: Le Grand Nord des dékoulakisésAnne Coldefy-Faucard: Géographie du mytheNikolaï Gogol: Inédit De la géographie (enseignée aux enfants)Critiques: Jean-Philippe Rossignol: Eclise de TolstoïIsabelle Danto: Roland Petit: "La ronde des artistes"Mihaï de Brancovan: Bayreuth, entre sagesse et folieJean-Luc Macia: Greif, compositeur énigmatique et fascinantNotes de lecture: Eugène-Victor de Voguë par Aurélie Julia, Bernard Quiriny par Juliette Joste.
Tu n'es plus drôle, Guélao. Terrible sentence. Si je n'étais pas drôle, à quoi employer mes jours ? ". A huit ans, Guélao découvre qu'il a un don : celui de faire rire les autres. Plus tard, il décide de devenir humoriste. Mais est-ce vraiment un métier ? Et que faire quand les lumières s'éteignent et que la solitude s'invite sans demander votre avis ?
Percival Everett reprend les personnages et l’aventure épique du chef d’œuvre de Mark Twain « Les aventures d’Huckleberry Finn », mais retourne les rôles et fait de Jim (qui choisira de s’appeler James), l’esclave, le personnage principal. Une œuvre romanesque remplie d’humanité qui nous plonge au cœur de l’Amérique du XIXème siècle et de la guerre de Sécession, et qui dresse le portrait émouvant d’un homme qui sait la puissance des mots.
Oscar, vingt-cinq ans, travaille comme livreur d'électroménager pour une grande enseigne. Les journées se succèdent : zones périphériques qui se ressemblent toutes, trajets en camion, clients plus ou moins aimables, musique partagée et cafés trop serrés. Puis viennent les soirées à refaire le monde, la fatigue et les lendemains brumeux. Autour de lui, il y a Kamel, le collègue danseur, Toutac et Sanders, les potes d'enfance. En miroir, il y a Clément, le frère modèle, celui qui avance pendant qu'Oscar stagne, moteur allumé mais itinéraire inconnu. Quand Chloé, un visage du passé, réapparaît par hasard, une fissure s'ouvre dans la routine et ravive chez Oscar le besoin de reprendre la main sur sa vie. Pilote automatique raconte la lente usure du quotidien et du travail, les fidélités qui sauvent et le désir têtu de recommencer. Eliot Ruffel déploie une langue à la fois orale et poétique, capable de saisir la beauté des gestes ordinaires.
Kiev, printemps 1919. Vingt-huit soldats de l'Armée rouge ont mystérieusement disparu aux bains municipaux. N'ont été retrouvés que leurs vêtements laissés au vestiaire. Ont-ils déserté ? Ont-ils été assassinés ? Et par qui ? Des brigands, des agents de la contre-révolution ? Samson mène l'enquête. Il arpente les rues de Kiev, met à profit les rudiments de formation qu'il a reçus, et progresse dans l'art d'interroger témoins et suspects. Méthodiquement, il remonte la trace des disparus, utilisant les pouvoirs de son oreille coupée. Au fil de ses investigations, il explore les fausses pistes et met à jour d'autres affaires d'importance, dont celles d'une curieuse contrebande de caviar et d'un non moins inquiétant trafic de cocaïne auquel semble étroitement mêlé l'escroc belge Jacobson - rencontré dans L'Oreille de Kiev - qu'entre-temps la Tchéka a recruté comme agent. Mais c'est grâce au talent d'un poète des rues et à l'obstination d'un cheval orphelin qu'il réussira enfin à résoudre l'affaire et à arrêter les coupables. Le roman s'achève sur un coup de théâtre qui laisse entrevoir toute la noirceur mais aussi la complexité du tchékiste Abiazov...
Ce roman pulvérise toutes nos attentes, Maria Stepanova s'y révèle être une véritable artiste". Berliner Zeitung M. est écrivaine. Quelques années plus tôt, son pays a déclaré la guerre à l'un de ses voisins. Désormais en exil, elle s'applique à recréer un nouveau chez-soi, tout en se sentant peu à peu coupée de sa langue : celle qu'elle a parlée toute sa vie, dans laquelle elle a écrit ses livres, celle dont elle tente, aujourd'hui, de se détacher. Alors qu'elle se trouve dans un train en partance pour un festival littéraire à l'étranger, une grève perturbe le programme. Le voyage s'achève dans un village perdu où M. ne connaît personne et son téléphone portable est déchargé. Et si, comme par magie, elle disparaissait ? L'Art de disparaître est un grand roman sur l'exil, la perte de repères et le réenchantement du quotidien par l'écriture. Traduit du russe par Anne Coldefy-Faucard
2022, Moscou. Depuis une fenêtre, David ajuste le viseur de son arme. Il se tient prêt à tirer sur sa cible. Quatre ans après avoir retrouvé son père qui avait trempé dans de sombres affaires d'espionnage, David Kapovitch doit replonger dans le grand bain des secrets. Le jour de son anniversaire, un inconnu répondant au nom de Sergueï lui propose son aide pour libérer son père, retenu en Russie. En contrepartie, David lui confierait des informations sensibles dont seule sa mère a connaissance. Peut-il vraiment faire confiance à Sergueï ? David n'en a aucune idée, mais il choisit de saisir la chance de sauver son père des griffes du numéro un, quitte à y laisser la vie. Ce roman de politique-fiction habilement tourné est digne d'un film d'action où chaque nouvel élément vient interroger la véracité du précédent. Conservant le suspense jusqu'à la toute dernière ligne, Opération combinée nous emporte, sur un rythme haletant, au coeur du pouvoir russe.