De tous les livres en prose de Sinisgalli, Horror Vacui, par sa forme rompue et la variété de ses thèmes, est l'un de ceux qui donne le mieux à percevoir son attachante personnalité. Il rassemble avec une telle intensité les traits caractéristiques de son univers mental qu'il peut passer pour une sorte d'autoportrait spirituel. On y trouve tous les thèmes qui, dans d'étonnants petits traités comme Furor mathematicus, mais aussi dans ses écrits sur la peinture et dans ses poèmes, ont reçu des développements originaux qui assignent à cet auteur une place bien à part dans les lettres italiennes. Peu d'auteurs donnent autant que Sinisgalli cette impression de rencontre avec un contemporain de toujours, avec une voix saisie dans le tremblement de sa présence singulière. L'émotion naît tout particulièrement dans Horror Vacui de ce que les souvenirs de l'enfance et de la jeunesse, le bonheur de l'esprit livré aux rêveries mathématiques, la curiosité pour tout ce qui est humain - forces et faiblesses, plénitudes et manques - sont rassemblés sous le signe des heures les plus noires de l'histoire italienne. Certains aphorismes d'Horror Vacui disent bien le vide qui partout nous guette, et cette présence incontournable du néant à nos côtés, pour ne pas dire au-dedans de nous. C'est ici l'oeuvre d'un homme qui a appris que « les guerres viennent mettre un frein à l'imagination des hommes » quand elles n'anéantissent pas entièrement leurs espoirs. C'est pourquoi ce livre peut être aussi regardé comme un viatique - la tentative d'un homme qui rassemble ses forces pour continuer sur le chemin du poème, quand l'avenir semble incertain. Il doit son mystère au fait d'avoir été écrit, au plus intime de ses désarrois, par un homme qui a déjà « pesé sur sa vie de tout le poids de son coeur ».
Date de parution
17/01/1996
Poids
236g
Largeur
162mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9782908825404
Titre
Horror vacui
Auteur
Sinisgalli Leonardo
Editeur
ARFUYEN
Largeur
162
Poids
236
Date de parution
19960117
Nombre de pages
0,00 €
Disponibilité
Sur commande en 2-4 jours
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison dès 3,90 €
Facile et sans fraisRetrait gratuiten magasin
Disponibilité et écouteContactez-nous sur WhatsApp
Publié en 1943 chez Mondadori, J'ai vu les Muses a imposé Leonardo Sinisgalli (1908-1981) comme l'un des grands poètes italiens de l'après-guerre. L'été 1935, Sinisgalli retourne dans sa terre natale, cette Lucanie - appelée aujourd'hui Basilicate - qui fut la patrie d'Horace. L'automne venu, " quasi décidé à ne plus retourner en ville ", il compose les 18 poésies qui formeront le c?ur de son recueil. Il y trouve soudain son ton véritable, détaché des influences d'Ungaretti et de Quasimodo, perceptibles dans ses premiers poèmes. Une personnalité se dessine, en marge de l'" hermétisme " naissant auquel il lui arrivera - notamment à Montale - de reprocher une excessive obscurité. La réflexion sur les convergences entre poésie et sciences, la méditation des conséquences pour l'homme des progrès de la technique, une vive attention aux arts plastiques - lui-même dessine et peint - constitueront les axes majeurs d'une pensée inlassablement tournée vers le présent, mais revenant toujours à ses grandes références : Léonard de Vinci, Descartes, Pascal. Rétif à toute pose esthétique, Sinisgalli met en ?uvre une poétique de la confidence, solidaire d'une éthique de la confiance et du partage. Privilégiant les rythmes brefs et impairs, les textes de J'ai vu les Muses affirment les traits majeurs qui caractériseront cette poésie : le refus de l'éloquence, le goût du détail incongru, l'éloge des choses de la vie quotidienne. Rarement poésie aura su faire voir avec autant de justesse et de tendre ironie un monde saisi dans son essentielle fragilité. " Jai vu les Muses " : cette affirmation, qui peut sembler orgueilleuse, il faut l'entendre comme portée par un souffle ténu et aussitôt mise à distance par un sourire gentiment moqueur, car les Muses ne sont ici que de vieilles créatures au statut indéfini qui " jacassent " dans un arbre... Dans sa subtilité, son humour et sa discrétion revendiquée, l'?uvre de Sinisgalli nous apparaît aujourd'hui comme l'une des plus puissamment personnelles de ce temps.
Ce huitième ouvrage de Maître Eckhart aux Éditions Arfuyen aborde l'oeuvre latine avec un court traité, le Commentaire du Notre Père, traduit ici pour la première fois. Son intérêt est double : d'une part, c'est une réflexion sur un texte fondamental et connu de tous, le Notre Père, et qui s'adresse donc à un public plus large ; d'autre part, le Commentaire mobilise l'ensemble de la culture d'Eckhart et permet de mieux comprendre ses sources, de Cassien et Augustin à Jean Chrysostome et Maxime le Confesseur. Quant à la magnifique Prière de Maître Eckhart, elle est ici publiée pour la première fois en édition bilingue (trad. Gérard Pfister) et en traduction intégrale. Le Commentaire du Notre Père apparaît dans deux manuscrits, dont le célèbre manuscrit de Cues de 1444. L'attribution du Commentaire à Eckhart est néanmoins certaine, du fait de nombreuses similitudes avec d'autres oeuvres eckhartiennes. Eckhart y fait lui-même expressément allusion dans son Commentaire sur l'évangile de Jean. Le Commentaire du Notre Père propose une méditation sur la prière chrétienne. Prier, c'est s'adresser à Dieu et lui parler. Eckhart insiste également ici sur le caractère communautaire et ecclésial de la prière. Enfin, la prière du Notre Père n'est pas seulement un modèle pour les hommes, elle est aussi et surtout la prière du Christ lui-même. Prier, c'est donc entrer dans la prière du Christ, se conformer à lui, et devenir Fils du Père. Le rapprochement entre l'oeuvre latine et l'oeuvre allemande permet ainsi de montrer que les expressions les plus audacieuses d'Eckhart trouvent en réalité leur fondement dans la tradition la plus classique. Éric Mangin, prêtre diocésain, est chargé de cours à la faculté de philosophie de l'université catholique de Lyon et membre de l'équipe de recherche sur les mystiques rhénans. Marie-Anne Vannier, professeur à la faculté de théologie de l'université de Metz, a déjà préfacé trois ouvrages d'Eckhart parus dans la même collection.
Après Maître Eckhart et Thérèse d'Avila, ce livre est le 3e de la collection "Ainsi parlait". Pourquoi Sénèque ? "Sénèque fascine ; Sénèque irrite, écrit Louis Gehres. Déjà Néron supportait mal ce trop sage précepteur ; et la postérité n'a pas fini de s'en agacer. La gloire, la richesse, le pouvoir, tout lui a été donné. Mais il se pique de ne se soucier que de sagesse." Le destin de Sénèque ne fut pourtant pas dépourvu d'épreuves : le bannissement en Corse, la mort de son fils, mais surtout le suicide en 65, sur ordre de Néron. Tacite a donné des derniers instants de Sénèque un récit dont la grandeur évoque, bien sûr, la mort de Socrate. Son oeuvre acquiert là une signature de vérité qui en change la lecture.