Les Indiens de la Caraïbe. Tome 2, Croissance démographique et intégration économique des Indiens de
SINGARAVELOU PIERRE
L'HARMATTAN
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EAN :9782858028047
Les Indiens, minoritaires jusqu'à la Deuxième Guerre mondiale, n'ont cessé de croitre numériquement pour devenir aujourd'hui majoritaires dans les Guyanes et à Trinidad. Une forte natalité caractérise cette population qui reste essentiellement rurale, alors que les Créoles vivent en plus grand nombre dans les villes. La riziculture est l'activité économique caractéristique des Indiens dans les Guyanes et à Trinidad. Culture vivrière et culture commerciale, elle est aussi une culture de civilisation, contribuant à la formation d'une des rares paysanneries autonomes de l'économie de plantation, dans la Caraïbe. Population essentiellement agricole, les Indiens ont réussi récemment une percée importante dans le secteur tertiaire grâce aux progrès de la scolarisation. En Guyana, leur sous-représentation dans la fonction publique est due à l'ostracisme du pouvoir créole.
Nombre de pages
253
Date de parution
17/09/1991
Poids
470g
Largeur
155mm
Plus d'informations
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EAN
9782858028047
Titre
Les Indiens de la Caraïbe. Tome 2, Croissance démographique et intégration économique des Indiens de
ISBN
2858028044
Auteur
SINGARAVELOU PIERRE
Editeur
L'HARMATTAN
Largeur
155
Poids
470
Date de parution
19910917
Nombre de pages
253,00 €
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La géographie est souvent considérée comme la "science coloniale" par excellence. L'exploration puis la colonisation des espaces africains et asiatiques aux XIXe et XXe siècles ont suscité un immense travail de description topographique, de classification ethnique et d'analyse socio-économique à la fois sur le terrain colonial et en métropole. Le savoir géographique devait permettre de conquérir puis de gouverner de vastes étendues avec un minimum d'administrateurs et de "mettre en valeur" les colonies de façon rationnelle. Les colonies ont pu en outre constituer un laboratoire de la modernité géographique, lieux d'expérimentation de nouvelles pratiques de gestion et d'aménagement de l'espace, susceptibles d'être ensuite importées en métropole. Des premières missions d'exploration africaines aux études géographiques sur les sociétés post-coloniales, cet ouvrage éclaire à la fois la dimension spatiale du fait colonial et la matrice coloniale de la discipline géographique.
Dans le mouvement de l'expansion coloniale, de jeunes savants français participent en Extrême-Orient, souvent au prix de leur vie, à la fondation des sciences humaines - philologie, archéologie, ethnologie. La création de l'EFEO en 1898 vient consacrer l'action accomplie et institutionnaliser les sciences indochinoises. Des chaires sont instaurées qui constituent autant de débouchés pour les membres de l'Ecole.
Plus d'un demi-million d'immigrants indiens ont débarqué dans les colonies européennes de la Caraïbe, de 1838 à 1917, afin de fournir une main-d'oeuvre abondante et bon marché à l'économie sucrière de plantation mise à mal par l'abolition de l'esclavage. La grande majorité des immigrants provenait de la plaine gangétique et une minorité d'entre eux était d'origine tamoule. Hindous pour la plupart et appartenant à une palette de castes variée, les travailleurs contractuels étaient partis dans l'espoir de retourner en Inde ; mais la plupart d'entre eux sont restés dans les colonies. Les conditions de vie et de travail des Coulis dans les plantations étaient très dures, surtout dans les Antilles françaises. Dans les Guyanes et à Trinidad un grand nombre d'ouvriers agricoles, à l'expiration de leur contrat, ont quitté les plantations pour s'installer dans des villages homogènes qui furent les noyaux de la renaissance indienne au XXe siècle.
Ce volume analyse l'adaptation sociale et culturelle des Indiens aux milieux créole et occidental, variable selon les pays. Dans ces échanges entre la tradition indienne coupée de ses sources et la réalité caribbéenne, les Indiens ont perdu certaines caractéristiques socioculturelles et en ont acquis d'autres. Le système des castes a disparu mais les castes subsistent et la solidarité ethnique indienne tend à l'emporter face au bloc créole. La religion hindoue reste de loin le bastion culturel le plus solide de l'indianité. Les cultes populaires de Kâlimaï et de Mâriamman sont les plus vivaces et attirent de nombreux Créoles. Les cultes brahmaniques sont liés à une renaissance culturelle datant de l'entre-deux-guerres. Dans les petites Antilles et en Jamaïque, les minorités indiennes subissent les effets de la créolisation et sont quasi totalement christianisés. La confrontation ethno-culturelle, la compétition économique, la croissance numérique différenciée ont conduit à une lutte sans merci pour le pouvoir politique entre Indiens et Créoles, surtout dans les Guyanes et à Trinidad.