Walter Benjamin (1892-1940) est un témoin précoce du basculement du monde vers le règne des machines et l'effacement de la magie. Son matérialisme historique inspiré de Marx, doublé d'une vision quasi mystique puisée dans la théologie juive, le conduit à explorer l'envers des objets et des villes, dans lesquelles il promène son regard de flâneur en exil. Il y pressent le caractère démesuré du XXe siècle, traversé par des champs de forces aussi puissantes que des entités cosmiques. Formulée dans les "sombres temps" de l'entre-deux-guerres, son oeuvre contient aussi des ferments d'utopie et de résistance à la grande accélération qui s'annonce : le refus de l'utile, la possibilité permanente de renverser le cours des choses, l'émancipation des classes opprimées, les instants d'intensité arrachés à l'uniformisation du monde. Sa philosophie s'apparente à une constellation de pensée, un arrêt de l'histoire, un mode d'expérience du monde qui permettent de retrouver l'ici et maintenant, par-delà la catastrophe et la démesure des forces industrielles.
Nombre de pages
101
Date de parution
15/11/2016
Poids
97g
Largeur
110mm
Plus d'informations
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EAN
9782369350644
Titre
Walter Benjamin face à la tempête du progrès
Auteur
Sinaï Agnès
Editeur
CLANDESTIN
Largeur
110
Poids
97
Date de parution
20161115
Nombre de pages
101,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Depuis les débuts de l'époque industrielle, il y a deux cents ans, les activités humaines ont profondément modifié les cycles de la nature, d'où le terme d'Anthropocène pour qualifier la période contemporaine. Alors que les stocks de combustible s'épuisent, la dissipation exubérante d'énergie liée aux économies fondées sur la croissance touche à sa fin. Quelles en seront les répercussions politiques, économiques et sociales sur un système fondé sur une soif sans limites de ressources naturelles ? Ere d'accélération, l'Anthropocène brille de ses derniers feux. Le XXe siècle sera celui de la " descente énergétique ". Face à cette rupture profonde dans l'histoire des temps, adopter un autre modèle que le productivisme s'impose d'urgence.
Devenue le socle de la culture collective, l'économie de croissance qui veut que chaque individu s'inscrive dans une spirale de production-consommation, connaît ses limites en raison de son incapacité à répondre à l'ambition qui la rendait "socialement" acceptable : maintenir une société du plein-emploi. Nonobstant cela, le vieux modèle de croissance se défend face à la pénurie de matières premières cruciales (métaux critiques et pétrole conventionnel) en proposant de nouvelles mythologies telles que la recherche éperdue de l'efficacité énergétique, le découplage qui cherche à émanciper la croissance de toute limite matérielle ou le PIB, indicateur obsolète d'une croissance essoufflée dans les vieux pays industriels et asphyxiante dans les pays émergents. Penser l'économie au-delà de la croissance, dont l'envers est une formidable dette vis-à-vis de la nature et des générations futures. Innover et dessiner de nouveaux horizons, voilà ce que propose cet ouvrage.
Age de l'épuisement des ressources, du bouleversement des cycles naturels, l'Anthropocène s'illustre par la rapidité des transformations thermo-industrielles du système-Terre. En dépit de cette accélération sans analogue, les sociétés contemporaines continuent de se nourrir de valeurs obsolètes. La croissance est l'une d'elles. D'où l'impératif de déconstruire un imaginaire productiviste qui ignore la nature et les contenus de la production ; de penser des politiques de l'Anthropocène qui se fondent sur l'acceptation de seuils et de limites. Envisagée ici comme un projet égalitaire plutôt que comme une injonction à diminuer le produit intérieur brut, la société décroissante cherche à éviter le délitement des liens, à maintenir les conditions d'habitabilité de la Terre dans une décence commune. Cette réédition de la trilogie des Politiques de l'Anthropocène entend y contribuer.
Ier décembre 1944, camp de Thiaroye, en périphérie de Dakar. Des tirailleurs sénégalais, faits prisonniers par les Allemands lors de la guerre et récemment rapatriés, réclament le paiement de leur solde. Un droit qui leur était promis depuis des mois. La réponse est sanglante et d'une violence inouïe : des centaines d'entre eux sont rassemblés sur une esplanade du camp, froidement mitraillés puis jetés dans des fosses communes. Pourtant, dès le lendemain, les autorités coloniales et militaires prétexteront une rébellion armée des tirailleurs et feront état de trente-cinq morts. Entre mensonge d'Etat et fraude scientifique, l'historienne Armelle Mabon mène depuis dix ans un véritable combat pour réhabiliter ces hommes et les faire reconnaître comme victimes d'un crime d'Etat. A l'heure des commémorations pour les quatre-vingts ans de ce massacre, ce livre est d'autant plus nécessaire que la France s'obstine à refuser de regarder en face de l'héritage raciste de la colonisation.
Méga-bassines, entrepôts logistiques, fermes-usines... Si les projets d'infrastructures polluantes se multiplient, nombreuses sont aussi les luttes qui s'y opposent en dénonçant leurs conséquences nocives. Contre des aménageurs guidés par la logique du profit, le recours au droit s'avère nécessaire et efficace. Mais l'outil juridique effraie et s'en saisir est complexe. Aussi, en suivant le déroulé typique d'un recours juridique, ce manuel illustré explore tous les cas possibles, présente les différents acteurs et les étapes clés afin que chacune et chacun, au sein d'un collectif ou non, puisse défendre un territoire menacé. Un livre illustré par Elsa Lecarpentier.
Comment se pose la " question migratoire " pour le peuple qui compte le plus grand nombre de réfugiés dans le monde ? Ce titre se concentre sur l'exil syrien, en premier lieu vers le Liban. La Syrie est le pays qui a le plus de réfugiés internationaux au monde ; en 2016, 5,5 millions de personnes avaient fui le pays. Ce que nous appelons en Europe " crise des réfugiés " est, au Liban, une crise nationale. En décrivant une réalité très différente de la situation européenne par son intensité et ses enjeux, ce livre permet de renouveler notre compréhension de la prétendue crise à laquelle nous serions confrontés. Il revient sur les liens entre Libanais et Syriens ; il étudie aussi des parcours jusqu'en Turquie, en Allemagne et en France. Le qualificatif et le statut de " réfugié " occultent souvent la diversité des profils, des expériences ; face aux discours qui nous parlent des migrants dans leur ensemble, ce livre nous invite à considérer chaque cas comme une histoire unique.