Extrait de l'introduction généraleEn mars 2010 des salariés d'Emmaüs se sont mis en grève pour dénoncer leurs conditions de travail, grève qui a été largement médiatisée et qui a donné une certaine visibilité dans l'espace public à ces travailleurs associatifs. Un mois plus tard naissait ASSO, Action des salariés du secteur associatif, le premier syndicat de salariés associatifs regroupés sur la base de leur appartenance commune aux organisations relevant de la loi de 1901, au-delà de leurs différences sectorielles.Le monde associatif n'est plus ce qu'il était diront les uns! À tout le moins ne peut-il être uniquement pensé et a fortiori analysé comme un monde d'engagement et de citoyenneté. Fort d'un million et demi de salariés, soit l'équivalent de la fonction publique territoriale, le monde associatif est aussi un marché du travail, aux formes d'emplois et aux conditions de travail pour le moins variées. Si l'on y ajoute les 14 millions de bénévoles recensés par Viviane Tchernonog, aujourd'hui rejoints par nombre de volontaires aux «statuts d'engagement» pour le moins diversifiés, et plus ou moins dérogatoires au droit du travail, il peut être aussi analysé comme un monde du travail invisible dans lesquelles les frontières entre travail et engagement ne sont ni totalement stabilisées ni forcément les mêmes pour toute(s). Intéressant à analyser en «interne», le travail associatif mérite aussi d'être étudié à ses frontières, dans le commerce qu'il entretient avec l'État et la fourniture de service public comme dans les rapprochements qu'il construit et développe de façon croissante avec le monde de l'entreprise.C'est par ces trois entrées, qui composent les trois parties de l'ouvrage, que les textes ici réunis se proposent d'analyser le travail associatif.La première partie s'intéresse, en effet, aux travailleurs du monde associatif, qu'ils se situent dans l'emploi salarié, au-delà ou en deçà de ce statut. Les salariés stables et précaires, en CDD et en CDI qui travaillent dans les associations seront ainsi analysés mais aussi les bénévoles, les stagiaires ou les volontaires qui s'y engagent et contribuent, de façon plus ou moins visible, à ce travail associatif.Le travail associatif peut être appréhendé de diverses manières en fonction des représentations de l'activité productive que l'on mobilise, des méthodes déployées pour le saisir empiriquement et enfin du registre d'écriture utilisé. Les auteurs conviés dans ce chapitre illustrent parfaitement cette pluralité des regards analytiques. Ainsi, pour Mathieu Narcy, qui adopte une approche économétrique, le travail associatif pose problème à l'économiste qui envisage l'activité productive comme «désutilité», c'est-à-dire comme effort impliquant une dépense d'énergie. En effet, le salarié associatif, bien que significativement moins rémunéré «toutes choses égales par ailleurs» par rapport à son homologue du secteur marchand, fournit un effort comparable. La seule incitation monétaire ne permet donc pas d'expliquer l'intensité de son implication au travail. Francis Lebon et Emmanuel de Lescure mobilisent également l'outil statistique à des fins descriptives de deux groupes professionnels, dont les membres sont fréquemment employés par des organisations associatives. En dépit de l'existence de conventions collectives spécifiques, les auteurs montrent que les métiers qui y sont affiliés ne sont pas pour autant à l'abri de la précarité salariale. Précarité qui caractérise également la condition des stagiaires telle qu'elle a pu être «démasquée» par Julien Bayou et Fanny Castel, membres du collectif Génération précaire. Les associations usent (et parfois abusent) de ces travailleurs non pleinement reconnus comme tels, souvent employés dans le cadre des nombreuses formations universitaires labellisées «économie sociale et solidaire». Rebecca Taylor, enfin, est l'auteure qui aborde le plus frontalement la problématique transversale à l'ensemble des contributions: travailler dans le monde associatif fait-il l'objet d'un choix libre et réfléchi ou d'une contrainte intériorisée? En mobilisant la notion d'habitus forgé par Bourdieu, la sociologue anglaise fait apparaître que le travail bénévole n'est pas indépendant des rapports de genre et de classe.
Nombre de pages
300
Date de parution
01/02/2013
Poids
310g
Largeur
150mm
Plus d'informations
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EAN
9782840161240
Titre
Le travail associatif
Auteur
Simonet Maud ; Hély Matthieu
Editeur
PARIS OUEST
Largeur
150
Poids
310
Date de parution
20130201
Nombre de pages
300,00 €
Disponibilité
Epuisé
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Dirigée par Bernard Friot, la collection "Travail et salariat" analyse le travail en acte et les perspectives qu'ouvrent les institutions du salariat en matière de statut social des personnes et de production de la richesse. Une nouvelle loi sur le service civique. 14 millions de bénévoles en France...: bénévolat et le volontariat s développent et se diversifient. Mais dans l'expérience des bénévoles, les politiques publiques et les pratiques associatives n'est-il question que d'engagement et de citoyenneté? Ne faut-il pas aussi. et peut-être avant tout voir là du travail? Le travail bénévole: travail libre et idéal pour les uns. et tremplin obligatoire vers l'emploi pour les autres? Le nouveau statut du volontariat: engagement citoyen pour tous ou sous-emploi pour certains? Cet ouvrage analyse le travail bénévole et ses enjeux sociaux et politiques. en s'appuyant sur plusieurs enquêtes de terrain sur le bénévolat et le volontariat en France et aux Etats-Unis. Il s'intéresse aux usages de ce travail invisible de la part des acteurs qui s'y engagent. des pouvoirs publics qui les soutiennent et des organisations dans lesquelles il s'exerce. En articulant ces différentes échelles d'analyse. il met en lumière le rapport ambivalent que le travail bénévole entretient avec le travail salarié. Ce portrait du bénévole en travailleur. qui nous interroge sur les contradictions de l'engagement. et sa capacité à produire de la précarité. ainsi que l'analyse de la "bénévolisation du travail" auquel il aboutit. s'adresse à tous ceux qui fort vivre et analysent le monde associatif. mais aussi à ceux qui souhaitent réfléchir aux transformations du travail aujourd'hui.
Qu'y a-t-il de commun entre une bénévole chargée des activités périscolaires dans une école, une allocataire de l'aide sociale qui nettoie les parcs de New York ou le rédacteur d'un blog en ligne ? Des milliers d'heures de travail exercées gratuitement pour faire fonctionner associations. services publics et entreprises. Que nous apprennent ces différentes formes "citoyennes" et "numériques" de travail gratuit ? A qui profitent-elles et qui y est assigné? En repartant des grandes leçons de l'analyse féministe du travail domestique, et en se fondant sur plusieurs enquêtes de terrain menées en France et aux Etats-Unis, Maud Simonet propose une approche critique du travail par sa face gratuite. Elle analyse ces formes d'exploitation qui se développent au nom de l'amour. de la passion ou de la citoyenneté et participent à la néolibéralisation du travail dans les mondes publics et privés.
Repenser le travail à partir du travail gratuit et invisible. " Travail ", " travailleur ", deux notions aujourd'hui construites à partir d'un sujet masculin, et associées automatiquement aux idées de " rémunération ", " emploi ", " productivité ". Mais si nous déplacions notre regard, comme nous y invite Maud Simonet ici, pour repenser ces notions au féminin, et apercevoir ainsi cet autre " travail " sur lequel repose aussi notre société, souvent réalisé par des femmes, mais pas seulement ? Travail domestique, soin des autres, bénévolat, travail associatif, engagement citoyen, mais aussi activités en ligne, stages, pratique artistique, etc. Toutes ces activités qui ne sont pas considérées come du travail, mais comme : de l'amour, de la passion, de la formation, de l'engagement, du loisir... A partir de là, c'est une autre perspective qui s'ouvre à nous. Une perspective qui oblige à penser ensemble travail rémunéré et travail gratuit, travail visible et travail invisible. Une perspective qui nous montre que, si tout n'est pas forcément " travail ", tout ou presque peut-être approprié comme tel par le capitalisme aujourd'hui, et qui nous invite à prendre le recul nécessaire à l'émancipation.
Critiquant l'idéalisation du discours officiel autour des JO de Paris 2024, la sociologue Maud Simonet révèle le travail dissimulé derrière l'image idyllique. À partir d'une enquête de 18 mois, elle explore les conflits liés au statut des 45 000 bénévoles et les mobilisations écologiques et syndicales qui en ont émergé. Elle met en lumière la dimension politique du bénévolat, souvent un travail invisibilisé.
L'organisation contemporaine du savoir est telle que la notion d'humanité y joue une position relativement ambigüe. D'un côté, le développement des sciences de l'homme depuis le milieu du XIXe siècle, fait de l'humanité un domaine épistémologique de premier ordre. D'un autre côté, les notions de "nature humaine", d'"humanité" voire d'"humanisme" font régulièrement l'objet d'attaques frontales : en témoignent les différentes formes de morale ou de politique "antihumaniste", le constat philosophique de la "mort de l'homme" ou l'annonce d'une ère historique "post- ou trans- humaniste". Or, ces différentes acceptions de la notion d'humanité ne se superposent pas. Le groupe de recherche "L'humain impensé" cherche à clarifier la nature des débats contemporains autour de cette notion. Les différentes contributions présentées dans cet ouvrage participent à cet effort, en interrogeant l'humain aux prismes des questions de la philosophie, du langage, de l'art, et de la technologie.
Il rentra dans sa patrie après vingt ans d'absence, seul, après avoir perdu tousses compagnons. Il ne fut reconnu de personne. Quand il s'approcha de sa demeure, il vit les prétendants qui demandaient la main de Pénélope en train de faire le siège du palais. Il se fit passer pour un étranger. (Fable 125) Ulysse, dans les Fables d'Hygin, côtoie Achille et Hector, mais aussi Orphée, Actéon ou le Minotaure. Rares sont les grands récits mythologiques grecs qui n'apparaissent pas sous le stylet d'Hygin. Cet esclave affranchi, qu'on suppose être l'auteur des Fables, écrit en latin, au début de l'ère chrétienne, plusieurs centaines de notices sur des épisodes mythologiques grecs. Ces histoires, rédigées dans une langue simple et accessible, sont autant de pitches invitant à l'écriture de scénarios plus élaborés. A travers ce florilège de Fables d'Hygin, le lecteur cheminera au milieu des figures mythologiques les plus connues, tout en découvrant le regard singulier de l'illustrateur Fredde Rotbart sur ces histoires de familles, d'amour, de pouvoir et d'animaux.