Le théoricien génial qui, à l'aube du XVIIe siècle, transforma l'objet de la recherche astronomique continuait à réfléchir à l'aide des vieux savoirs ésotériques : il voyait dans la sphère le symbole de la Trinité, il croyait en une âme du Monde, il justifiait l'efficace des aspects astrologiques et il intégrait tout cela dans ses hypothèses. On s'est empressé d'oublier sa démarche pour ne retenir que ses résultats. Or de telles idées ne paraissaient pas folles à ses contemporains. Derrière les mêmes choses, on ne vise plus les mêmes objets intellectuels qu'eux. On ne peut saisir quelles liaisons rationnelles présidaient aux inférences d'un Kepler si on ne se demande pas selon quelles catégories il conceptualisait son expérience. Un modèle théorique exprime toujours une idée datée du plausible. En remettant en question une vision trop étroitement positiviste de la démarche scientifique, le livre de Gérard Simon aide à comprendre avec quoi rompt la pensée classique et oblige à tenir l'enracinement culturel des sciences exactes pour une dimension incontournable de leur histoire.
Nombre de pages
496
Date de parution
23/01/1979
Poids
580g
Largeur
142mm
Plus d'informations
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EAN
9782070299713
Titre
Kepler, astronome, astrologue
Auteur
Simon Gérard
Editeur
GALLIMARD
Largeur
142
Poids
580
Date de parution
19790123
Nombre de pages
496,00 €
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Connu pour ses travaux sur Kepler dont il est un éminent spécialiste comme pour ses études classiques sur l'optique antique et médiévale, Gérard Simon reconsidère l'ensemble de ses recherches, leurs apports et la méthode qu'il a adoptée, en développant une réflexion à la fois personnelle et générale sur les sciences dans leur rapport à l'histoire. Il revient ainsi sur la constitution du savoir scientifique en insistant sur sa dépendance à l'égard du contexte où il naît mais aussi sur le caractère d'événement créatif, singulier et somme toute aléatoire de toute découverte marquante, qu'elle soit le résultat d'une innovation d'ordre spéculatif, théorique, technique ou social. En rendant de la sorte à la pensée scientifique son caractère événementiel, il poursuit sur l'histoire en général la réflexion qui l'a fait passer d'une vision déterministe à une perception contingente de son déroulement. Ce qui le conduit à une meilleure appréciation de ce que l'on peut attendre des sciences à partir de leur genèse et de leur portée, mais aussi à des vues nouvelles sur le tableau des savoirs contemporains, la place qu'y tient l'histoire et le lieu d'une philosophie vivante.
Diplomate de carrière, l'auteur de cet ouvrage s'emploie à mettre en exergue certaines pesanteurs et insuffisances organisationnelles passées dont la survivance routinière serait susceptible, si tel était le cas, de perpétuer les failles constatées en matière de protection du secret. Mais, il n'a aucunement l'intention de ternir l'aura prestigieuse du Quai d'Orsay. Homme de terrain au caractère bien trempé, il a connu des expériences peu communes au cours de sa carrière accomplie, en ce milieu si convenu, en raison de sa démarche souvent solitaire et insolite. De sorte que, fort de situations particulières auxquelles il a été confronté, il en est venu à porter des jugements motivés et pertinents sur : la flexibilité des convictions de notre personnel politique ; le fonctionnement de nos services publics ; les dérives comportementales de certains membres du corps des enseignants. De même que, à l'issue des cinq années d'un séjour en Algérie, il a été conduit à nourrir un avis objectif sur l'incompatibilité existentielle entre la démocratie et l'Islam. De sorte qu'il en déduit que pour réussir une intégration harmonieuse il faut être deux à le vouloir. "L'un qui la favorise et l'autre qui la souhaite" ! Le contenu et la forme de ce livre tranchent, singulièrement, sur les nombreux ouvrages consacrés, jusqu'ici, aux coulisses de la diplomatie de notre pays.
Brodsky Joseph ; Aucouturier Michel ; Bordier Jean
L'oeuvre de Joseph Brodsky (1940-1996), lauréat du prix Nobel de littérature en 1987, a été en partie occultée en France par le destin du poète, symbole de la dissidence du régime soviétique. Pour rendre compte de sa poésie d'une extraordinaire virtuosité formelle, liant l'intime à l'épique, au mythologique, et à de constantes préoccupations métaphysiques, André Markowicz a composé un volume qui réunit les poèmes publiés dans la collection "Du monde entier" en 1987 et 1993, replacés ici dans leur ordre chronologique, auxquels s'ajoute une sélection de poèmes inédits en français.
Ce n'était pas un monde perdu dont je me souvenais, ces mois que nous avions passés ensemble dans les années quatre-vingt. C'était le même temps qui avait continué sa course, et avait fini par nous rattraper." De prime abord, la vie du narrateur semble terminée. Le diagnostic de maladie de Parkinson a d'abord été posé, puis sa femme l'a quitté. Mais un jour, au milieu d'un parc de Copenhague, il croise Anna, son amour de jeunesse, une femme libre qu'il a tant aimée autrefois. Aujourd'hui, elle ne se soucie pas de ce diagnostic, et elle l'entraîne dans le drame de sa propre vie, une histoire emblématique de notre temps, remplie d'abus de pouvoir et de trahisons. Jens Christian Grøndahl écrit une partition subtile où au milieu des souvenirs sont exposées les problématiques les plus actuelles - qui vont de la maladie à l'égarement politique, du fossé entre les générations aux violences faites aux femmes. Une fois encore, Jens Christian Grøndahl nous éblouit par sa capacité à saisir l'esprit du temps et à montrer comment l'on peut choisir de se relever après avoir subi une chute et faire le choix de la vie.
Il y a dans Les Mystères de Paris une énergie sauvage: celle d'une cohorte de personnages maléfiques, malfrats hideux comme la Chouette, Tortillard - un anti-Gavroche -, le Maître d'école ou Bras-Rouge, criminels du grand monde comme le comte de Saint-Remy, monstres hypocrites comme le notaire Jacques Ferrand. Eugène Sue n'est pas avare de noirceur. Mais il y a aussi une sauvagerie du Bien, celle de Rodolphe, prince mélancolique venu à Paris à la recherche de sa fille perdue, impitoyable avec les méchants qu'il punit au mépris des lois. On doit à sa cruauté quelques-unes des scènes les plus stupéfiantes du roman: le châtiment du Maître d'école, ou le supplice de luxure imposé à Jacques Ferrand. Cette cruauté contraste avec la pureté morale de Fleur-de-Marie, comme avec la face solaire de Rodolphe, providence de tous les malheureux honnêtes dont il croise le chemin. Le roman exprime dans son ensemble une quête assoiffée de régénération morale de la société, par l'amélioration des mécanismes préventifs et répressifs (c'est le sens de l'engagement de Sue en faveur dans l'encellulement des criminels) ainsi que par l'invention de mécanismes d'incitation au Bien, police ou tribunal de la Vertu, qui doivent récompenser publiquement les actions exemplaires." Judith Lyon-Caen.