Contester au Mali. Formes de la mobilisation et de la critique à Bamako
Siméant Johanna
KARTHALA
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EAN :9782811111663
Avant que le putsch du 22 mars 2012 ne fasse voler en éclats cette image, le Mali était ce pays considéré comme exemplaire du fait de ses institutions démocratiques et d'une société civile perçue comme ayant contribué à la chute du régime autoritaire en 1991. C'était aussi ce pays où la protestation était désignée depuis lors comme quelque chose d'exceptionnel et de résiduel, comme si, au Mali du consensus, seules les rébellions touarègues au Nord avaient contesté l'ordre des choses. À rebours de cette image, le livre revient sur les années antérieures au basculement des années 2012-2013, qui virent successivement une rébellion armée, un putsch, une intervention militaire internationale et des élections de transition se déployer sur le territoire malien. Il saisit les formes de la mobilisation et de la protestation à Bamako, les milieux qu'elles impliquent, en essayant de ne pas s'arrêter à l'image de consensus qui fut souvent accolée au pays. Il montre un monde de contestation et de mobilisations qui passent par les marches mais aussi par l'émeute, et les inscrit dans une histoire plus longue du recours à la rue. Mais comprendre les mobilisations, qui ne sont pas toutes protestataires, c'est aussi comprendre leurs possibilités concrètes et symboliques. Loin des idées naïves sur les vertus de la « société civile », loin aussi de la dénonciation tout aussi caricaturale de l'opportunisme de qui chercherait à faire carrière à l'international par les ONG, ce livre examine les rapports ambivalents à l'engagement, aux institutions maliennes et au nationalisme de celles et ceux qui peuplent le petit monde de la société civile malienne et de la sphère altermondialiste, et dont beaucoup accueillirent avec bienveillance le putsch de 2012. Prendre au sérieux ces formes du dissentiment politique, ce qu'elles disent du rapport à un État malien en crise, permet assurément de comprendre comment ces discours, déjà là et disponibles, même s'ils étaient parfois portés par des intellectuels minoritaires, ont participé au processus très rapide de délégitimation du régime et du président ATT, que les échecs face à la rébellion avaient déjà fortement affaibli, puis au ralliement au capitaine Sanogo. Au-delà du cas malien, l'ouvrage, appuyé sur une enquête de terrain qui s'est déroulée sur plusieurs années, entend revisiter les façons routinisées de penser la mobilisation, la protestation, le dissentiment et leurs conditions matérielles et morales.
Nombre de pages
257
Date de parution
02/06/2014
Poids
350g
Largeur
140mm
Plus d'informations
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EAN
9782811111663
Auteur
Siméant Johanna
Editeur
KARTHALA
Largeur
140
Date de parution
20140602
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257,00 €
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Guerre, diaspora, ONG... Les objets, espaces et discours de l'international bouleversent les approches et appellent à des méthodes d'enquête spécifiques. C'est le propos de ce guide, outil pour chercheurs et étudiants qui voudraient s'aventurer en sociologie de l'international. Un ouvrage didactique et accessible, à la manière du Métier de sociologue de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, combinant textes théoriques des grands auteurs et mise en perspective d'extraits couvrant tel aspect ou exemple précis de la démarche d'enquête. Compétition pour la suprématie culturelle des élites intellectuelles, marché des savoirs et de l'expertise, circulations des biens culturels, foires et salons internationaux... Autant de thèmes traités dans cet ouvrage, qui invite à adapter les sciences sociales aux défis du monde globalisé.
Les acteurs dont il est question ici sont d'une part des protagonistes de l'aide internationale (ONG humanitaires et de solidarité, agents du Ministère français de la coopération...), d'autre part des associations envisagées de façon plus générale, en tant qu'elles revendiquent le label d'ONG, qu'elles tentent de s'approprier celui d'ONG humanitaire, ou enfin qu'elles appartiennent à des coalitions d'ONG. Ce livre se concentre sur les représentations que ces acteurs projettent dans l'espace public. Quatre aspects sont particulièrement étudiés : comment la prise de parole et le témoignage humanitaire se fabriquent-ils au concret ? La représentation de la victime humanitaire est-elle condamnée au misérabilisme du fait des contraintes de collecte de fonds ? ; parler d'engagement au loin veut-il dire que la frontière soit si nette entre "militants désintéressés" et salariés des administrations d'aide ? ; qu'en est-il des rapports complexes que les ONG entretiennent avec les organisations internationales, des enjeux de définition des ONG... et de l'humanitaire lui-même ...
Depuis 2006, de jeunes Africains partent en pirogue pour tenter d'atteindre l'Europe, dans un contexte où les politiques migratoires européennes contribuent à faire de la Méditerranée un cimetière. Cet ouvrage adopte le point de vue de la mobilisation féminine contre l'émigration au Sénégal, en analysant comment des femmes ont pris en charge le deuil et la perte d'un fils, en saisissant ce que les conditions de félicité de cette mobilisation devaient au monde du développement, aux formats médiatiques internationaux, au fait de se positionner contre l'émigration. L'enquête est d'ampleur avec près de 300 entretiens, 15 mois de terrain sur place, la constitution de différentes bases de données. L'articulation de la sociologie des mobilisations, du genre, du clientélisme, du Sénégal et du développement démontre que se mobiliser n'équivaut pas à protester, et que s'enfermer dans une telle conception légitimiste de la "bonne" mobilisation et du "bon" mouvement social tend mécaniquement à invisibiliser des formes de revendications et de prise en charge du malheur social particulièrement investies par les femmes.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
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