Guerre, politique et violence de masse en Anatolie orientale
Sigálas Níkos
KARTHALA
Nouveauté
33,00 €
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EAN :9782384093762
Durant la Grande Guerre, le gouvernement ottoman déplace de la côte méridionale de la mer Noire plusieurs dizaines de milliers de chrétiens orthodoxes, dont très peu survivent. Restées dans l'ombre du génocide des Arméniens, ces violences de masse sont encore mal connues de nos jours. Pour les représentants des descendants des victimes, elles constituent la première étape d'un génocide, dont ils ont obtenu la reconnaissance de la Grèce dès 1994, de la Suède en 2010, de l'Arménie en 2015. Sans surprise, la plupart des histo-riens turcs contestent cette qualification. Le prisme génocidaire, en l'occurrence, ne semble pas pertinent. La perspective de l'histoire connectée à l'échelle des sociétés locales de la mer Noire orientale, l'analyse de leurs hiérarchies et de leurs relations interreligieuses, la restitution de la façon dont elles sont rompues par la violence ou parviennent au contraire à la contenir dans leur interaction avec un Etat "jeune turc" aussi brutal que faible et divisé, la prise en considération de l'entrelacement dialectique des nationa-lismes turc et grec et du jeu diplomatique des belligérants permettent de mieux comprendre comment la guerre contemporaine transforme la politique, dans la mesure où elle modifie le rapport du pouvoir au territoire. Le front, l'arrière-front et le territoire occupé par l'ennemi donnent lieu à des politiques différentes ou contradictoires qui sont tributaires des aléas de la guerre et du sort des armes. En s'y penchant, ce livre propose une nouvelle façon d'envisager les rapports entre la guerre, la politique et la violence de masse, mais aussi plus largement entre l'histoire et le droit. Menée de main de maître par le meilleur historien de la Première Guerre mondiale en Anatolie, cette réflexion rigoureuse en renouvelle notre intelligence et notre connaissance du régime du Comité Union et progrès, mais pose aussi les fondements d'un meilleur usage du paradigme génocidaire, aujourd'hui mobilisé à tort et à travers, de façon polémique et anhistorique.
Nombre de pages
516
Date de parution
24/09/2026
Poids
590g
Largeur
135mm
Plus d'informations
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EAN
9782384093762
Auteur
Sigálas Níkos
Editeur
KARTHALA
Largeur
135
Date de parution
20260924
Nombre de pages
516,00 €
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Comment le roman français a-t-il dépeint la Seconde Guerre mondiale dans les années qui suivirent le conflit ? Que nous dit le roman que ne nous disent pas ses discours concurrents, qu’ils soient politiques, journalistiques ou testimoniaux ?La Guerre manquée met en lumière un corpus romanesque opposé à la vision héroïque répandue après-guerre. Cet ouvrage analyse une vingtaine de romans dont la particularité a été de donner à voir une guerre irréelle, un combat à la fois fantomatique et violent qui a pu constituer pour bien des Français une expérience commune. Il montre comment les fictions ont très tôt dénoncé le mythe d’une France tout entière unie dans la lutte et ont incarné la mauvaise conscience nationale. Bien avant les historiens ou la génération 68, le roman a ainsi usé des moyens qui lui sont propres pour explorer les zones d’ombre de la guerre.
A la croisée de la psychanalyse et de l'anthropologie, cet ouvrage propose une lecture structurale de l'histoire ottomane et républicaine de la Turquie. D'Osman à Kemal, de la chute de Constantinople au mouvement protestataire du parc de Gezi (2013), sont retracées les transformations du "discours" social organisé par quatre places qu'occupent différentiellement le sultan, l'Etat, les assujettis et le territoire. Au "discours d'Empire" des premiers Ottomans succède au XVIIe siècle un "discours d'en pire" dont émerge, au XIXe siècle, celui "de la paranoïa" à la logique génocidaire. De cette matrice naît celui de la République, toujours actuel depuis cent ans : le "discours de l'hainamoration" dont Erdo?an est depuis vingt ans le sujet principal. Ces transformations successives ont pour enjeu, avec une étrange constance, le champ de l'altérité : le lieu de la différence.
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