Sortant d'une assignation figée qu'imposent les catégories spatiales, l'approche par les différenciations territoriales permet d'explorer quatre dimensions essentielles à la meilleure compréhension des espaces et de leurs contrastes. Ménager, habiter et piloter le monde en reconnaissant sa diversité et les enjeux majeurs qui en découlent constitue un chantier inédit à bien des égards, qui associe une pluralité de parties prenantes, à la fois habitantes et gouvernantes. Cela implique une connaissance fine des mécanismes caractérisant chaque territoire local, celle de modes d'habiter de plus en plus individualisés certes, mais aussi jouant sur une grande pluralité de collectifs. In fine la compréhension des facteurs de distinction sociospatiale devient un point de départ incontournable pour les artisans de ce vaste chantier. Dans cette perspective, le terme de " différenciations territoriales " permet d'aborder à la fois la diversité des caractéristiques intrinsèques des territoires et les trajectoires liées à l'agentivité des parties prenantes locales. Sortant ainsi d'une assignation figée qu'imposent les catégories spatiales, l'approche par les différenciations territoriales permet d'explorer quatre dimensions essentielles à la meilleure compréhension des espaces et de leurs contrastes : l'épaisseur de chaque territoire ; les jeux d'échelles et de contraintes complexes dans lesquels chacun est imbriqué ; le rapport des individus à leur territoire et les circulations qui en découlent ; les trajectoires de développement local comme le résultat d'une série de positionnements et de stratégies territorialisées. Deux articles forment la partie varia de ce numéro, mais chacun pourrait constituer par sa singularité même un terrain au numéro thématique qui précède : le premier donne à voir des éléments de crise des vignobles et vins de Bordeaux ; le second croise les regards entre la France et l'Espagne sous l'angle des défis de la gestion des régions côtières à l'heure du réchauffement climatique.
Nombre de pages
180
Date de parution
09/12/2022
Poids
567g
Largeur
200mm
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EAN
9782810712243
Titre
Sud-Ouest Européen N° 52/2021 : Les différenciations territoriales : approches croisées. Entre diver
Cet ouvrage propose d'analyser les pratiques culturelles des jeunes comme ressort de bien vivre territorial dans une petite ville. La notion de bien vivre permet de questionner la qualité de ce qui est vécu, individuellement et collectivement, et les liens créés à la fois entre les habitants et à l'égard du territoire. Chef-lieu de l'Ariège, Foix se révèle être une étude de cas particulièrement intéressante par l'attention de longue date portée par les politiques publiques à la culture et à la jeunesse. Les Carnets de Territoires visent à révéler la diversité des territoires, des dynamiques d'acteurs et des enjeux de l'action publique locale, sous la forme de résultats de recherche ou d'études de terrain.
Dans un contexte de crise économique, de catastrophe climatique, de luttes altermondialistes et démocratiques, la première décennie du XXIe siècle a été le théâtre de contestations sociales marquées par un ancrage spatial des revendications et des conflits. Printemps arabes, Gilets jaunes, Blacks Lives Matter, #MeToo, marches pour le climat... Les mobilisations et les mouvements sociaux visant à la défense de causes spécifiques s'enchaînent, et la colère semble un puissant dénominateur commun de ces manifestations disparates. Ce numéro de Géographie et cultures ambitionne de questionner les traductions spatiales de ces colères. A la faveur d'un mouvement inédit en France difficile à comprendre et à décrypter avec des grilles classiques des sciences humaines et sociales, les différents articles analysant les logiques spatiales des Gilets jaunes traduisent un besoin de renouvellement des cadres de compréhension : les ronds-points périphériques deviennent des pôles de luttes et parfois de violences policières, la cartographie devient participative en demeurant un outil de combat, le périurbain n'est (toujours) pas une périphérie homogène. Des échos sont clairement identifiables dans d'autres colères issues de l'injustice de traitement : l'accès aux services publics, la violence faite aux femmes, aux Noirs (aux Etats-Unis). Ce numéro s'inscrit à différentes échelles : très locale quand il s'agit du fonctionnement quotidien d'un rond-point occupé ou des luttes contre les projets éoliens à celle, internationale, des violences terroristes.
Résumé : Souvent abordée par sa " micropolitique du désir ", l??uvre commune de Deleuze et Guattari est rarement sollicitée lorsqu'on s'interroge sur les problèmes classiques ou contemporains de la pensée politique : la forme-État, la souveraineté, le rapport de la violence et du droit, la guerre, le paradigme de la Nation et les recombinaisons qu'il a entraînées entre les idées de peuple, de citoyenneté et de minorité. En suivant la trajectoire conduisant du premier tome de Capitalisme et schizophrénie (1972) au second (1980), ce sont pourtant tous ces problèmes qui se trouvent réélaborés, au fil d'une conjoncture de transition historique marquée par la fin des guerres de décolonisation, la transformation du capitalisme mondial, les recompositions aussi profondes qu'incertaines des forces de résistance collective. Encore faut-il, pour mesurer les prises de la pensée guattaro-deleuzienne sur les bouleversements de son temps, la confronter à ce qui fut son interlocuteur principal, le marxisme, à son champ épistémique (le matérialisme historique), à son programme critique (la critique de l?économie politique) et à sa grammaire politique (la lutte des classes). De ces pourparlers, trois hypothèses nouvelles se dégagent : celle d'un " Urstaat ", incarnant un excès de la violence souveraine sur l'appareil d?État et sur ses investissements politiques ; celle d'une puissance de " machine de guerre ", que les États ne peuvent jamais s'approprier que partiellement, et à laquelle ils peuvent eux-mêmes se subordonner ; celle d'un excès du " destructivisme " de l'accumulation capitaliste sur son organisation productive. Dans ce triple excès, la pensée politique de Deleuze et Guattari trahit le spectre de l'entre-deux-guerres qui la hante, mais qui la fait aussi communiquer avec les penseurs actuels de l'impolitique. S'y donnent à lire non seulement une nouvelle théorie politique, mais aussi un tableau de la pluralité des voies d'ascension à l'extrême-violence susceptibles de détruire la politique même et auxquelles les luttes contemporaines ne peuvent s?épargner de faire face.
Quel est l'héritage du fascisme un siècle après son émergence en Italie ? A travers une approche internationale et pluridisciplinaire, cet ouvrage interroge la persistance de ses traces dans nos sociétés contemporaines, bien au-delà d'un simple phénomène nostalgique. Alors que le terme fascisme est fréquemment employé dans les médias, sa signification reste floue et variable selon les contextes et les pays. Dès lors, une question essentielle se pose : qu'entend-on réellement par fascisme aujourd'hui ? Pour y répondre, l'analyse porte sur plusieurs aspects : les espaces sociaux, la mémoire architecturale du régime, ainsi que les résonances idéologiques dans la culture et la politique contemporaines. En explorant ces différentes dimensions, il devient possible d'évaluer l'ampleur du travail de déconstruction - ou de perpétuation - de l'imaginaire fasciste. Ce questionnement constitue le fil conducteur de cette enquête rigoureuse, qui invite à une lecture renouvelée de notre rapport au passé et de ses influences sur le présent.
Une impression de déjà-vu ? La forteresse de Dunsinane, c'est le château où s'était retranché l'usurpateur Macbeth à la fin de Macbeth, la "pièce écossaise" de William Shakespeare. David Greig reprend la situation là où Shakespeare l'avait laissée en 1606. L'assassin du bon roi Duncan a enfin été éliminé ; la dangereuse femme-sorcière qui avait poussé son époux au crime est défaite, elle aussi. Le retour à la paix civile ? Pas tout à fait. Certes, Macbeth l'usurpateur est mort, mais son successeur Malcolm n'est que veulerie et luxure. L'harmonie politique semble ne pas vouloir s'installer en ce royaume. Dans la suite qu'il invente à la tragédie de Shakespeare, David Greig s'infiltre dans les ouvertures, ou plutôt les ellipses de l'histoire de Macbeth, et il les remplit des doutes politiques de notre époque. Greig a vu les armées britanniques et américaines intervenir et s'embourber au Moyen-Orient. Dans Dunsinane, il montre à quel point, une fois les opérations militaires achevées, rien n'est encore joué et comment la politique continue la guerre par d'autres moyens, pour inverser la formule de Clausewitz. Greig rebat les cartes et distribue une nouvelle main aux joueurs de la partie ; il donne la parole à ceux que Shakespeare avait, à l'instar de son tyran, réduits au silence : Lady Macbeth, Malcolm, et les soldats.
Dans un non-lieu et dans un temps suspendu, sont réunies toutes les femmes victimes de la violence des hommes : femmes riches et pauvres, cultivées ou analphabètes, jeunes et âgées, rebelles et soumises. Libérées par la mort de leur condition de victimes, elles nous racontent leurs histoires. On assiste à des drames provoqués par une société machiste, des traditions cruelles, des mentalités arriérées. A travers des témoignages/ fictions de plusieurs pays du monde (Inde, Italie, France, USA, Mexique...), toutes les conditions sociales et toutes les cultures sont mises en cause par la dramaturge. Il en résulte une anthologie de récits bizarrement pleins d'humour et d'ironie, où la tragédie du quotidien demande justice et où l'universalité des histoires pousse le lecteur-spectateur à réfléchir sur la véritable condition de la femme au XXIe siècleSerena dandini est auteure et animatrice télé. Très connue de par le caractère innovant et satyrique de ses émissions, elle a travaillé avec des artistes très populaires en Italie. En 1988, elle écrit et présente La tv delle ragazze (La télé des filles), une émission qui fera connaître au grand public de nombreuses comédiennes et artistes. Entre 2012 et 2013 elle met en scène son premier texte théâtral, Blessées à mort, inspiré par des faits divers de violence sur les femmes. Cette pièce est encore aujourd'hui en tournée en Italie et dans le monde. Texte engagé, militant, dur, il se fait porte-parole d'une situation malheureusement bien présente dans notre société, toutes ces histoires étant inspirées de faits réellement advenus.