Ce livre reprend une série d'études consacrées à la poésie française, écrites et publiées au fil de trente années, depuis la fin des années 1980. Les réflexions que Michael Sheringham propose sur Breton et le surréalisme composent en substance un ensemble vraiment neuf et original, dont l'essentiel se trouve réuni dans le présent volume. Elles révèlent une démarche intellectuelle et un style de pensée. L'auteur, dont la culture théorique était remarquable, se méfiait des approches qui tendent à réduire le mouvement multiforme que fut le surréalisme à quelques éléments de doctrine, et en déduisent qu'il ne fut pas cohérent avec lui-même. Presque toujours, sa réflexion part du commentaire des poèmes, c'est-à-dire de textes souvent décrétés illisibles, dont il fait ressortir la richesse de sens, la force vraiment révélatrice, nous donnant une admirable leçon de lecture. La poésie pour Michael Sheringham était l'envers de la théorie, son visage ondoyant et divers. Les deux viennent converger dans une oeuvre originale, placée sous l'égide de Barthes et de Michel de Certeau, et qui rapproche la littérature de cette anthropologie de la vie ordinaire dont Marc Augé ou Annie Ernaux, chacun à leur manière, ont fait le sujet de leurs écrits. Mais cette vie ordinaire que la littérature éclaire, c'est aussi, c'est d'abord notre propre vie ; le livre, en mettant l'accent sur le fond indifférencié de nos existences, c'est-à-dire sur ce que le romanesque nie de toute sa puissance d'idéalisation, ne nous y enferme pas : il nous suggère, et c'est en cela que l'invention des écrivains est irremplaçable, bien des manières de nous l'approprier et d'y trouver une forme de liberté. Michael Sheringham avait fait l'effort de repenser la littérature contemporaine en fonction de cette espèce de triade conceptuelle que constituent l'autobiographie, le quotidien et l'archive : un genre littéraire, une notion presque philosophique et un objet construit par la science de l'histoire. Sous ce regard, un paysage familier mais confus vient s'éclairer et se mettre en ordre.
Nombre de pages
320
Date de parution
02/05/2024
Poids
404g
Largeur
159mm
Plus d'informations
Plus d'informations
EAN
9791023106343
Titre
Le sujet de ce livre est un être mobile
Auteur
Sheringham Michael
Editeur
SUP
Largeur
159
Poids
404
Date de parution
20240502
Nombre de pages
320,00 €
Pourquoi choisir Molière ?
Efficacité et rapiditéCommandé avant 16hlivré demain
Économique et pratiqueLivraison à domiciledès 5,10 €
Sheringham Michael ; Heck Maryline ; Hostiou Jeann
Michael Sheringham est titulaire de la chaire Maréchal Foch à leuniversité deOxford et Fellow de la British Academy. Il est également professeur invité au Collège de France, UC Berkeley, ENS-Ulm, Paris VII-Diderot et Paris IV-Sorbonne.
Résumé : La notion d'esthétique est une invention récente : elle n'a pris sa signification moderne qu'au XVIIIe siècle. Pourtant, la philosophie n'a pas attendu aussi tard pour se préoccuper du beau et des arts : pas plus qu'elle ne commence avec la philosophie du siècle des Lumières, la réflexion esthétique ne s'achève avec lui. Histoire de cette réflexion depuis l'Antiquité jusqu'à nos jours, ce livre offre une introduction à la pensée des plus grands philosophes (Platon, Kant, Nietzsche, Heidegger) sur la nature du beau et la fonction de l'art.
La notion d' " esthétique " est une invention récente ; elle n'a pris sa signification moderne qu'au XVIIIe siècle. Pourtant, la philosophie n'a pas attendu aussi tard pour se préoccuper du beau et des arts : pas plus qu'elle ne commence avec le siècle des Lumières, la réflexion esthétique ne s'achève avec lui. Ce livre est l'histoire de cette réflexion, depuis l'origine platonicienne de la philosophie jusqu'à nos jours. Il présente dans leur succession chronologique et leur différence spécifique les principaux moments de la pensée philosophique sur le beau et l'art, en cherchant à mettre en évidence un certain nombre de traits distinctifs et de questions fondamentales ; mais il a également l'ambition, à travers une interrogation sur les " paradigmes " de l'esthétique, de participer au débat actuel sur la nature du beau et la fonction de l'art.
Résumé : A l'époque où la chair était triste et les sens las, l'ardeur du baiser s'est portée sur le livre, objet, esprit et matière. Images et estampes, couvertures et reliures, pliages, ornements, graphisme et typographie ont doté les textes d'un sens intellectuel, poétique. et sensuel. A la toute fin de l'ère qui connut l'explosion de l'imprimé et imposa le sens courant du terme illustration, le livre et l'imprimé fin-de-siècle ont porté une charge poétique vibrante où s'enracine la fécondité du XXe siècle. La Chair du livre cherche à lier cet esprit du temps à la matérialité et à l'imaginaire. Centré sur le livre français, l'ouvrage a une dimension européenne. Il part de l'étude d'une bibliothèque qui fit scandale. Il s'arrête sur le statut de l'image dans le livre tiré en grand nombre et les revues, et étudie l'inconfort que suscita le terme d'illustration. Il aborde le livre de bibliophilie et certains de ses artistes. L'imaginaire singulier de la bibliothèque, la lecture qui est femme, le livre conçu comme de la chair entre deux peaux, l'impact du noir et du blanc et les taches d'encre arrêtent l'attention, autant que les livres éventails qui transcendent la matérialité dans leur élan vers la poésie. Innervé par des questions qui ont préoccupé Mallarmé, presque partout présent dans ces études, La Chair du livre n'en fait pas le point de départ d'une " rupture inaugurale " (Y Peyré), mais donne à voir le contexte dans lequel s'enracine la méditation mallarméenne. La révolution typographique et poétique, la poésie visuelle, le graphisme symbolique naissent dans une fin de siècle qui connaît le nouvel attrait de la publicité, une iconographie galopante, et déjà une crise de " la galaxie Gutenberg " (M McLuhan). Pour répondre à ces questions, à l'heure d'une autre " crise ", La Chair du livre, composé de quinze études idiosyncrasiques, croise les méthodes et les points de vue sans atténuer les aspérités et les divergences d'une époque de transition. Entre histoire de l'imprimé et de l'édition, études littéraires, arts du livre, esprit du temps, matérialité et imaginaire, il aspire à rendre au livre sa dimension d'objet parlant de l'histoire culturelle.
Résumé : Cet essai porte sur les romans écrits par Georges Simenon au cours des années trente, aussi bien les " romans durs " que les " Maigret ", et en renouvelle profondément la lecture. Il y décèle un scénario latent. Hanté par le " vertige de la perte " qui le pousse à un retour fusionnel dans le Monde-Mère sous les espèces du rien, voire de la mort, l'écrivain l'exorcise en se réfugiant dans le contre-monde du Livre, par instinct de conservation, en " avare " de son désir. Mais il en conçoit de la mauvaise conscience, car il s'éprouve alors comme un escroc, ou un faussaire : c'est donner en effet pour réels, dans ses livres, des êtres et un monde de papier, sans vraie consistance. Pour se laver de ce péché d'escroquerie, il place dans ses romans des personnages qui sont ses doubles, assignés à des espaces mettant en abyme le Livre. Ce sont des boucs émissaires, car ils endossent la faute et, d'une façon ou d'une autre - en mourant, dans bien des cas -, l'expient, ce qui permet d'en dédouaner l'écrivain. Cependant, il n'y a là qu'un subterfuge puisque, en réalité, ce sacrifice expiatoire du Livre et de son démiurge se produit... dans un livre. C'est pourquoi, un roman terminé, Simenon n'a d'autre choix que d'en entreprendre un autre.
Le premier 19e siècle, dans l'immédiat héritage, problématique, de la Révolution française, est un moment décisif où se reconfigurent les rapports de la littérature et de la morale. Préparée en cela par le rationalisme des Lumières, la Révolution a mis à bas un système social et moral hiérarchisé ; désormais l'individu, promu sujet raisonnable et responsable, se voit imposer de redéfinir son identité, sa place et sa fonction. L'ouvrage se propose de brosser un panorama de la reconfiguration de la question morale dans cette période charnière, particulièrement riche et complexe.
Tabeaud Martine ; Browaeys Xavier ; des Gachons An
Des centaines d'aquarelles. Un seul et même motif : le ciel de la Champagne. André des Gachons (1871-1951), artiste peintre, météorologue bénévole, a saisi presque chaque jour, pendant près de quarante ans, des instantanés du paysage céleste. Il les a associés à des relevés météorologiques. A l'état de l'air, il a ajouté un tableau du ciel, dont les couleurs et les formes changeantes devaient permettre de prévoir le temps du lendemain. Au temps de la Grande Guerre, ces oeuvres sont des documents de premier ordre, lorsqu'on les met en regard des témoignages des soldats et des officiers, qui étaient dans la boue des tranchées, les nacelles des ballons, à bord des avions ou derrière les canons. La "météo" était l'une de leurs préoccupations quotidiennes. Chaque jour, André des Gachons a donné des couleurs au temps. Il nous a laissé des ciels de Champagne qui entrent ainsi dans l'histoire de la guerre 1914-1918.