L'Etat radicalisé. La France à l'ère de la mondialisation armée
Serfati Claude
FABRIQUE
15,00 €
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EAN :9782358722384
L?invasion de l?Ukraine par l?armée russe concerne directement l?Europe, qui avait été épargnée depuis la guerre en ex-Yougoslavie à la fin des années 1990. Elle confirme, contrairement aux discours sur la « mondialisation heureuse », que nous vivons plus que jamais à l?ère de la mondialisation armée. La France n?est pas passive dans cette évolution. Membre permanent au Conseil de sécurité de l?ONU, elle a mené plus de 115 interventions militaires depuis la disparition de l?URSS. Son budget militaire a augmenté de 50 % au cours du quinquennat d?Emmanuel Macron, et elle a fait des ventes d?armes le vecteur de sa politique diplomatique, sans considération pour leur utilisation par des régimes autoritaires. Pourtant, l?ouvrage montre les limites de ce positionnement international, comme si la France boxait désormais « au-dessus de sa catégorie » : le camouflet du contrat de sous-marins avec l?Australie, l?annonce que l?OTAN est en mort cérébrale à l?heure où elle est plus que jamais mobilisée, l?impasse de la guerre au Mali qui confirme le recul des positions économiques et géopolitiques de la France dans son « pré carré ». Par ailleurs, l?enthousiasme pour les ventes de Rafale masque de plus en plus mal le désastre industriel qui a été confirmé par la pandémie. Serfati analyse la responsabilité de la politique qui a fait de quelques secteurs, dont le nucléaire et la production d?armes, les derniers leviers des performances françaises dans le monde. Aucun espace démocratique n?existe pour la discussion des questions géopolitiques et économiques de défense dans la Ve République. Dans la tradition bonapartiste de ce régime, elles sont l?affaire exclusive du Président. Macron a un peu plus accentué ce déni démocratique au nom d?une présidence « verticale », faisant du Conseil de défense le lieu secret des décisions politiques. Pendant ce temps, des groupes d?officiers se mobilisent publiquement pour que le pouvoir politique fasse appel à l?armée dans sa lutte contre l?insécurité dans les banlieues. Cette évolution est porteuse de lourds dangers pour la démocratie. Le dernier chapitre est consacré à la radicalisation sécuritaire de l?État français. L?état d?urgence est quasi-permanent depuis 2015. Au nom de la lutte contre le terrorisme, l?exaltation sécuritaire a conduit au vote de 13 lois depuis 2015, dont quatre en 2021. Elles restreignent les libertés publiques (droit d?association, de manifestation, etc.) et renforcent les pouvoirs de police (administrative et de maintien de l?ordre), accompagnant la surenchère raciste et la répression des résistances populaires. La France constitue désormais le maillon faible des démocraties occidentales.
Nombre de pages
241
Date de parution
07/10/2022
Poids
230g
Largeur
131mm
Plus d'informations
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EAN
9782358722384
Titre
L'Etat radicalisé. La France à l'ère de la mondialisation armée
Auteur
Serfati Claude
Editeur
FABRIQUE
Largeur
131
Poids
230
Date de parution
20221007
Nombre de pages
241,00 €
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L'industrie française de défense est peu connue. Or, elle occupe une place importante dans le système productif et les grands groupes industriels de défense sont très présents dans la politique technologique conduite depuis la fin des années 1950. Elle demeure un des fleurons de la France sur les marchés internationaux, alors que la dégradation inquiétante de son industrie manufacturière devient un thème de débat dans les politiques publiques. Cet ouvrage analyse les mécanismes de l'industrie française de défense, il souligne les singularités de son mode d'organisation, de fonctionnement et son importance qui résultent de son caractère régalien. Dans le contexte géo-économique prévalant depuis le début des années 2000, les enjeux de sécurité nationale ouvrent des perspectives importantes aux groupes de l'armement qui peuvent y trouver un "relais de croissance". Les perspectives et les limites de la coopération internationale, ainsi que le volume des exportations d'armes et les conditions particulières de leur mise en oeuvre sont également analysées. Ce livre entend ainsi contribuer aux réflexions nécessaires sur la place de l'industrie de défense dans l'économie française.
En France, l'armée joue un rôle essentiel depuis des siècles. Et bien que tous les Etats démocratiques contemporains trouvent leur origine et leur fondement dans le monopole de la violence légitime, la Ve République a donné à l'institution militaire une place sans équivalent dans aucune autre démocratie et qui n'a cessé de se renforcer au cours des dernières décennies, quels que soient les partis au pouvoir. Depuis 1991, les armées françaises ont mené sous des modalités diverses in opérations à l'extérieur de nos frontières, dont 25 pour la seule année 2015. L'activisme militaire serait-il une "passion française", comme l'ont récemment suggéré les auteurs d'un rapport parlementaire ? Il est en tout cas évident que cet interventionnisme massif va bien au-delà des "guerres des présidents", que ses racines sont bien plus profondes et qu'il rend encore plus assourdissant le consensus par le silence qui submerge la société française. Cet ouvrage souhaite fournir des éléments de réflexion à celles et ceux qui veulent comprendre les fondements du militarisme français et les raisons de son amplification au cours des dernières années. Il examine la place du militaire et de l'industrie de l'armement en France de l'époque de l'impérialisme à aujourd'hui, l'existence continuée de la Françafrique, et enfin le lien entre le regain militariste et le dispositif sécuritaire déployé sur le territoire depuis les attentats de 2015.
Mauvaise nouvelle : " les dividendes de la paix" qui étaient cens résulter de l'effondrement de l'URSS s'avèrent aujourd'hui au mieux un espoir suranné. Claude Serfati démontre comment nous nous acheminons vers le renforcement des systèmes militaro-industriels, et non vers leur dissolution lente. Et combien leur vitalité se nourrit de la mondialisation. La production d'armes se révèle un terrain d'investissement plus que jamais attractif pour le capital financier. Pour preuve, le budget militaire actuel des Etats-Unis frôle les niveaux atteints pendant la guerre froide. Les investisseurs institutionnels siègent désormais aux conseils d'administration des grands groupes producteurs d'armes des deux côtés de l'Atlantique, y compris en France. Leur logique marchande ne peut que nourrir la militarisation de la planète et les inégalités entre les pays. Derrière " la main invisible du marché " apparaît la poigne de fer du militarisme.
Résumé : C'est un ouvrage magistral que signe ici Claude Serfati, fruit de plus de 25 ans de recherche, conguguant l'ensemble des facteurs économiques, politiques, technologiques, diplomatiques et militaires qui convergent vers les affrontements de demain. A l'heure où la rivalité économique entre les Etats-Unis et la Chine menace de dériver en affrontement armé, où l'intelligence artificielle est mise au service d'un perfectionnement inouï des techniques militaires, et où l'accès aux ressources naturelles, en particulier à l'eau, suscite des tensions croissantes entre Etats, l'humanité se trouve à un moment de bascule. Les guerres sont déjà là. Pour conjurer leur généralisation planétaire, il importe d'en saisir les racines.
Résumé : Dans cet ouvrage majeur, Ilan Pappé, historien israélien de renom, revient sur la formation de l'Etat d'Israël : entre 1947 et 1949, plus de 400 villages palestiniens ont été délibérément détruits, des civils ont été massacrés et près d'un million d'hommes, de femmes et d'enfants ont été chassés de chez eux sous la menace des armes. Ce nettoyage ethnique a été passé sous silence pendant plus de soixante ans et peine encore à être considéré dans sa pleine mesure. S'appuyant sur quantité d'archives, Ilan Pappé réfute indubitablement le mythe selon lequel la population palestinienne serait partie d'elle-même et démontre que, dès ses prémices, l'idéologie fondatrice d'Israël a oeuvré pour l'expulsion forcée de la population autochtone. Ce qui fut un grand livre d'histoire est aujourd'hui une lecture indispensable hélas éminemment d'actualité. Publié pour la 1 re fois en français en 2006 chez Fayard, il a été mis en arrêt de commercialisation à la fin de 2023 alors que les bombes pleuvaient sur Gaza.
Des grandes entreprises qui font condamner des Etats pour avoir entravé leurs profits en adoptant des législations sociales ou environnementales : telle est la scène qui se rejoue quotidiennement dans les tribunaux privés de l'arbitrage d'investissement (ou RDIE, "Règlement des différends entre investisseurs et Etats"), pièce maîtresse du capitalisme globalisé. Façonnée au coeur des empires déclinants pour préserver, "par la magie du droit", le pillage des ressources dans les pays décolonisés, cette justice du capital n'a cessé d'étendre sa toile par le truchement d'accords internationaux et de traités de libre-échange. Dans ses tribunaux, on tranche en secret des affaires qui concernent le plus grand nombre... au bénéfice des multinationales et des "marchands de droit" qui font tourner la machine. Amina Hassani rassemble toutes les pièces de l'intrigue et montre comment l'arbitrage érode la souveraineté des Etats et dépossède les populations pour protéger la circulation et l'accumulation du capital en tout temps et en tout lieu. Alors que le scandale s'est fait jour, ses défenseurs rêvent d'étendre encore ses tentacules, menaçant tout projet de transition écologique et de justice sociale.
Le réchauffement climatique est le problème vital de notre époque. Chaque nouvelle étude scientifique vient confirmer que la situation est pire que prévu, presque irréversible. Pourtant au premier rang des responsables identifiés, l'économie fossile continue de tourner à plein régime, comme si de rien était, avec le soutien affirmé ou discret des dirigeants politiques dont l'incapacité à faire face à l'écueil se révèle, de COP en COP, plus évidente. Le paradoxe est d'autant plus saisissant que le mouvement pour le climat a pris une ampleur sans précédent, organisant ces derniers mois dans les pays du Nord global des rassemblements massifs pour exiger des mesures des gouvernements. Dans le même temps, les investissements dans les énergies fossiles n'ont pas cessé d'augmenter. Comment cesser d'être à ce point inoffensif ? C'est en tant qu'acteur de ces luttes qu'Andreas Malm entreprend ici une discussion critique des principes et des pratiques du mouvement pour le climat, dont la plupart des théoriciens plaident pour la non-violence et revendiquent l'héritage des Suffragettes, de Gandhi ou de Martin Luther King. Replongeant dans l'histoire de la désobéissance civile, Malm rappelle que la mise en oeuvre de stratégies non violentes a toujours eu pour condition de possibilité l'existence d'une aile radicale, laquelle manque aujourd'hui à des organisations telle qu'Extinction Rébellion qui s'en trouvent neutralisées. La question n'est pas de choisir entre violence ou non-violence, mais de distinguer entre différents types de violence ? et de savoir quand, comment, y recourir à dessein. Or lutter contre le réchauffement climatique n'est pas la même chose que combattre un dictateur, une armée d'occupation ou un Etat ségrégationniste. C'est à l'infrastructure fossile qu'il faut s'attaquer en premier lieu, l'occasion de raviver toute une tradition de sabotage des équipements pétroliers et gaziers ? jusqu'à celui récent opéré avec succès par deux militantes catholiques contre un pipeline dans l'Iowa. La consommation est l'autre versant du problème et Malm invite à faire la différence entre les émissions de CO2 "de subsistance" ? auxquelles Macron a cru bon de s'attaquer, déclenchant la révolte des Gilets jaunes ? et celles "de luxe" des ultra-riches, véritable "étendard idéologique" qui transforme un crime contre la planète et ses habitants en idéal de vie. Là encore, le mouvement pour le climat doit savoir identifier ses cibles et intégrer à sa grille politique les rapports de classe et de race. Enfin s'il doit ajouter à son répertoire tactique la destruction matérielle, il lui faut garder à l'esprit les périls d'un extrémisme qui serait contre-productif, du substitionnisme et de la répression étatique. Nous n'avons plus le temps d'attendre, tout ce qui n'a pas été tenté doit l'être, et les militants pour le climat de demain ? potentiellement des millions ? doivent apprendre dès maintenant à lutter dans un monde en feu.
Comment un certain désir s'y prend-il pour impliquer des puissances tierces dans ses entreprises ? C'est le problème de ce qu'on appellera en toute généralité le patronat, conçu comme un rapport social d'enrôlement. Marx a presque tout dit des structures sociales de la forme capitaliste du patronat et de l'enrôlement salarial. Moins de la diversité des régimes d'affects qui pouvaient s'y couler. Car le capital a fait du chemin depuis les affects tristes de la coercition brute. Et le voilà maintenant qui voudrait des salariés contents, c'est-à-dire qui désireraient conformément à son désir à lui. Pour mieux convertir en travail la force de travail il s'en prend donc désormais aux désirs et aux affects. L'enrôlement des puissances salariales entre dans un nouveau régime et le capitalisme expérimente un nouvel art de faire marcher les salariés. Compléter le structuralisme marxien des rapports par une anthropologie spinoziste de la puissance et des passions offre alors l'occasion de reprendre à nouveaux frais les notions d'aliénation, d'exploitation et de domination que le capitalisme voudrait dissoudre dans les consentements du salariat joyeux. Et peut-être de prendre une autre perspective sur la possibilité de son dépassement.